Monday, April 30, 2012
Vraiment... vraiment... RIEN DE BON SUR LA FM!!!!
un teaser de ce qui pourrait devenir un bouquin aussi touffu que "Gangsta Gumbo" ou "Vibrations jamaïcaines"...
Pour EJM le gangsta rap, c'est l'héritage de l'ambiance Blaxploitation, les livres de Donald Goines & Iceberg Slim, le côté "cinéma" de NWA, Too Short, Compton Most Wanted. Le G Funk c'est plu de chant ( Kokane, Nate Dogg), et des musiciens sont impliqués ( exemple DJ Quik), sur la côte Est on va apporter un bassiste,ou un guitariste, pour un beat lourd, sur la côte Ouest c'est un tout, plus musical , plus mélodique. Paraît que Dr dre a voulu signer sur [un label de ] la côte Est, on lui a refusé ses maquettes (...) Les particularités West, l'ambiance déjà, les lowriders, la voiture qui rebondit, et la danse qui suit, laidback, les mains qui "suivent", le rebondissement de la voiture, et en parallèle la danse des gangs, et les signes qu'ils font pour "coder", parler sans être compris des non initiés -> C walk ou B walk (...) Particluarités WEST aussi, c'est dangereux au sens où, il ne faut pas se perdre dans le hood sinon tu débouches sur un coin où il y a une fusillade et tu prends une balle perdue, ou tu débouches dans le barrio, et les Latinos détestent les Noirs, donc pareil, cercueil. Et il fait chaud donc pas de doudoune, mais truc léger comme les Dickies, pantalons courts, T shirts, et surtout couleurs neutres (...) pour éviter les ennuis. Une anecdote, il voit 2 Noirs et 2 latinos (entre 8 et 12 ans) qui vot jouer sur un terrain de basket, chacun de son côté, et ils ne se parlent pas, "apartheid" quoi --> et en revenant ( en France) il a écrit des textes comme "Elément dangereux".
A Vitry, les gens ont accroché, sur le côté festif du G Funk ( barbecue, réunion de potes), et aussi le côté description de la réalité du quartier, les problèmes des gens.NWA, Above The Law, ca tournait ( il fredonne "Untouchable"), DJ Quik moins EJM se définit comme un MC de rue, street lyricist, on raconte ce qui se passe, comme MC Eiht notamment. Il écoutait le son de la Bay Area ( Spice 1, Too Short, le Dangerous Crew (au début des 90ies)) avant de plonger dans le son de Dr Dre. Selon lui, les1ers à avoir fait du G funk en France c'est TSN, ils ont fait venir des musiciens, et ça chantonne un peu. A Vitry ça n'a pas trop pris mais à Sarcelles....(et dans le 78, précise son acolyte). Et (selon EJM) c'est EAZY E qui a apporté l'image "gangster", la casquette, els armes, les voitures, le fait de marcher en bande, un aspect "cinéma", "classe" ( EJM)
Ce qui m'a marqué[à propos de la culture hiphop, années 80], c'est qu'on avait cette image de Noirs américains, qui avaient une vraie place dans la société, des signes extérieurs de richesse, une espèce de fierté, un côté contestataire aussi, qu'on avait en commun (...) TSN, c'est un autre parcours, on a tout fait par nous-mêmes. Nous on était dans notre coin, autonomes (...) J'étais plus inspiré par des groupes US, comme LL Cool J, Public Enemy, Schoolly D (...) Déjà on se sentait plus proche de Ministère AMER que de NTM, qui nous paraissait plus "rock" à l'époque. NTM est un groupe qui a fait des rencontres, qui faisait partie d'un collectif, et dans ce collectif il y a Rockin' Squatt, fils Cassel, donc showbiz, on leur a tendu des perches.NT%M, ce n'est pas le rap qu'on aimait, nous on aimait le rap un peu "gangsta", le rap de L.A. (...) NTM c'était très "rock" , avec le Renoi avec un côté un peu disjoncté et Kool Shen le côté intellectuel, plus posé, le mélange de Noir et de Blanc..Nous, on n'était pas ça, un groupe de rap nommé Tout Simplement Noir, on avait des revendications, envie de faire connaître notre culture, de montrer notre différence et de l'affirmer, et de la dédramatiser...parce que le rap avait une hyper mauvaise image, c'était "gang, dépouille, voyou, violence" (...) Et on faisait l'amalgame "Noir=bande"... Nous (TSN) on voulait casser ces clichés... [sur les influences californiennes] C'est NWA, voilà, faut pas aller chercher trop loin , c'est Eazy E, tout ce côté Ruthless, The DOC, CPO, tous ces groupes à l'ancienne, Ice T, Ice Cube, ce côté "noir", comme il y avait à NY... sauf que eux revendiquaient leur environnement, quoi. Et c'étaient des mecs de quartiers défavorisés, comme dans le Bronx certainement, mais qui mettaient pour références les dealers de drogue, les maquereaux, et à Paris on avait ça aussi (...) le côté "peace, love, unity and having fun", c'était pas trop mon délire, parce que ce n'était pas (trop) la réalité de ce que j'ai pu vivre, tu vois?(...) [sur les films comme "Boyz 'N'The Hood" ou "Menace II Society"] C'était énorme, vraiment énorme! Parce que... on avait l'impression que...on avait en film, nos vies...enfin, même si c'est empreint d'images et de clichés américains, mais bon, voilà, nous on avait à peu près la même vie , des armes, il y en avait autour de nous, des meurtres on en a connu (...) l'alcool, la jeunesse, avec des femmes, et tout ça...ouais, on a kiffé (...) C'étaient des Noirs qui étaient portés à l'écran, et on n'en avait pas l'habitude, on avait plus les Rambo, les Stallone, des choses comme ça, et rarement les gens comme nous, finalement (PARANO REFRE, TSN)
[Sur ses apparitions dans "Boyz 'N The Hood" et "Menace II Society", comment expliquer que lui a eu ces rôles et pas Hi-C, DJ Quik, Snoop ou Eazy E] J'ai eu de la chance, les metteurs en scène, les frères Hughes étaient des potes, ils ont grandi à Pomona, qui est près de Compton. A l'époque ( 91-92) il n'y avait pas beaucoup de gangsta rappers (en tout cas connus), donc eux c'étaient des étudiants, ils venaient d'avoir leur diplôme, ont obtenu le deal pour faire le film ( "Menace II Society"), ils connaissaient mes clips, donc ils ont contacté mon entourage, on s'est rencontrés, et voilà. Le courant est passé et j'ai obtenu un rôle. Pour "Boyz'N The Hood", c'était un hasard, il se trouve que je trainais dans le coin avec Ice Cube, sur les lieux du tournage. John Singleton en fait, était un fan de mes trucs, il m'a offert de participer au sound track, la BOF, et puis il m'a offert une apparition [pour les novices, la scène du barbecue avec entre autres, Yo Yo, Ice Cube, Cuba Gooding Jr, Nia Long...et belle tirade misogyne du "ni**a you love to hate"]. Un bon début pour ma carrière d'acteur! (...) A l'époque aucun (gangsta) rapper n'était acteur, Ice Cube démarrait, il y avait 2Pac dans "Juice". En fait, c'est une chance que les réalisateurs soient fans et m'aient donné ma chance, justement, d'être acteur, ce n'était pas calculé, mais (très) spontané au contraire. Et ça m'a donné une [bonne] exposition médiatique. Jouer A Wax ("Menace II Society") c'était facile, parce que je connais cet environnement, ces quartiers, ces gens qui y vivent, j'en fais partie
[Spice 1] Je l'ai rencontré au moment du film " Menace II Society". Spice 1 était signé chez Jive, et la bof du film était sur ce label aussi. J'ai produit mon morceau "Streiht Up Menace", et comme il a été choisi comme single principal, Jive Records m'a contacté et m'a dit que Spice 1 préparait un album ( son 3eme), et le label voulait que je sois dessus. Donc on nous a envoyés, DJ Slip et moi, à Oakland, au studio où enregistrait Spice 1, c'est là que je l'ai rencontré, et on est potes depuis. Jive a adoré "The M%urdershow", le morceau avec Spice 1, et comme il y avait le buzz sur moi par rapport au film, ce titre a été choisi comme single de l'album 187 He Wrote"
[South Central Cartel] Comme Compton Most Wanted, on a démarré en même temps , de jeunes rappers qui veulent se faire une place. Je connais bien Havikk "The mouth piece", CMW et SCC avaient le même avocat, et comme je connais bien Russell Simmons, qui était un fan de "Menace II Society", on a eu des opportunités de soundtracks via Def Jam etc...En fait tous les groupes West Coast du début des années 90, je les connais bien, on a de bonnes relations, on s'entraide...
[Impact sur l'Europe] Lorsque je suis venu en Europe [en tournée], en 1992 [j'ai vu que] tout le monde connaissait les textes, les albums de CMW, en Scandinavie par exemple, notamment "Music To Drive By". Donc là je me suis rendu compte que le hiphop était mondial, pas seulement un truc qu'on connaît à Compton, Houston ou New York. Parce qu'à l'époque ce qui marchait c'étaient les Geto Boyz, NWA, EPMD, Public Enemy, CMW
[CMW et composition] DJ Slip était le producteur, DJ Unknown avait un petit label (...). Cela dit, je pouvais apporter des vinyles, choisir tel morceau de tel groupe et dire à DJ Slip "faut sampler tel ou tel truc"
[ The Source, couverture Scarface, MC Eiht, Spice 1] ils faisaient en fait une série de numéros sur le "reality rap", parce que le gangsta rap avait mauvaise réputation à l'époque, la brutalité policière, le deal de drogue, et en plus il y avait beaucoup de négativité, des beefs. Donc The Source a décidé de faire des trucs là-dessus. Nous, on refusait le terme "gangsta rap" parce qu'on ne glorifiait pas le gangstérisme, nous faisions du "reality rap", on parlait de là d'où on vient et nos expériences (lutter pour survivre). The SOURCE nous a permis de nous exprimer, de donner notre point de vue. On parle de ce qu'on voit, on ne dit pas "nous sommes Untel de tel gang" mais "nous vivons dans un endroit où il y a des gangs, du deal de drogue etc...". Ca a été positif parce que les gens ont pu avoir un éclairage différent. (MC EIHT)
[La composition] je joue de la trompette, de la basse, du piano (...) 85% de ce que tu entends sur les disques d'Above The Law, c'est mon oeuvre. Cela dit, si des musiciens, une pièce remplie de musiciens, sont présents, c'est le top aussi, j'adore collaborer avec [d'autres] instrumentistes...
[le classique "Black Superman"] Avec "Uncle Sam's Curse" on voulait faire des morceaux sombres, et puis on s'est demandés "qu'est-ce que c'est ou qu'est-ce que ça pourrait être, un super héros noir", qu'est-ce que ça signifie? Un super héros noir pourrait être "a bad man", ou alors quelqu'un qui s'occupe de sa famille, de son entourage quoiqu'il arrive. Tout dépend de la façon dont on voit "la malédiction de l'oncle Sam" ( BIG HUTCH, Above The Law)
Do you want more? let's say that the mf saga will continue....
Monday, February 27, 2012
Interview avec Jérémie Kroubo pour son livre "Vibrations Jamaicaines"
1) Présentation pour les novices (et ceux qui n'ont pas écouté l'interview de 2009/2010 malgré les 2 ou 3 rediffusions)...
Je suis docteur en langues, littératures et civilisations anglo-saxonnes de l’Université Bordeaux 3 et le livre « Vibrations Jamaïcaines » est tiré de ma thèse. J’enseigne actuellement à l’Université des Antilles et de la Guyane en Martinique. Par ailleurs j’ai écrit un 1er livre, « Les origines du reggae : retour aux sources », paru chez L’Harmattan en 2008.
2) Pourquoi cet intérêt pour la Jamaïque et ses musiques "locales"?
En fait j’écoute du reggae depuis très jeune. J’ai découvert ce genre musical vers 13 ans avec un pote qui jouait dans un groupe de reggae. Les côtés engagé et rebelle du reggae, ses rythmes afro-caribéens et l’idéologie rasta, entre autres, m’ont immédiatement plu. Ensuite je me suis intéressé aux autres genres musicaux jamaïcains, puis dès que j’en ai eu l’opportunité, je me suis rendu en Jamaïque pour approfondir mes connaissances.
3) As-tu rencontré ou contacté des gens comme Don Letts ou Basement 5?
Oui j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Don Letts dans le cadre de mes recherches. Lors de notre entretien, il est notamment revenu sur les débuts du punk en Angleterre ainsi que sur les liens entre les mouvements punk et reggae.
4) Comment un "si petit pays" arrive à être aussi ou plus prolifique que "la Terre Mère", l'Afrique (cad la somme de tous les pays)?
Je ne sais pas si les Jamaïcains sont plus prolifiques que les Africains, mais c’est vrai qu’ils sont très féconds. Pourquoi sont-ils si prolifiques ? Je ne sais pas exactement, mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont très créatifs et qu’il y a une véritable énergie et une profusion d’idées qui se dégagent de ce peuple. Produire et créer, ça semble être une sorte d’exutoire pour les Jamaïcains. Par ailleurs, l’utilisation massive de « riddims », héritée du dub et du toasting, contribue clairement à cet aspect prolifique.
5) Le reggae a semble-t-il eu des difficultés à s'imposer aux Etats-Unis, pourquoi selon toi?
Ben tu sais depuis des décennies, ce sont les Nord-Américains qui globalement créent les tendances, notamment d’un point de vue musical, donc il est difficile pour un genre ou des artistes non-américains de s’imposer aux Etats-Unis, en particulier si cette musique vient d’une petite île comme la Jamaïque et prône le retour en Afrique. Et puis quand le reggae est arrivé aux Etats-Unis par le biais de Bob Marley and the Wailers notamment, les Noirs Américains n’ont pas vraiment accroché, car eux ils étaient à fond dans la soul, le funk ou le disco. Le reggae était d’une certaine manière considéré comme trop « indigène » par le public noir américain de l’époque. Mais en réalité, depuis plusieurs décennies, la Jamaïque est un peu comme les Etats-Unis, dans le sens où il est très difficile pour un genre non-jamaïcain de s’imposer sur l’île.
6) Vu de l'extérieur on a l'impression qu'il y a beaucoup de chanteurs, toasters, DJs, et peu de musiciens...n'y a-t-il que des "requins de studio" type Sly & Robbie, ou de véritables groupes, en tout cas vendus comme tels, ont émergé, ou émergent, si on met le ska et les Skatalites de côté?
Non il y a énormément de musiciens, mais c’est juste que comme partout, ce sont les chanteurs et les toasters qui sont mis en avant sur les albums, dans les médias etc. En témoignent des mecs comme le guitariste Chinna Smith, le batteur Horsemouth Wallace, le bassiste Larry Silvera, le claviériste Tyrone Downie etc…Il y a vraiment plein de musiciens, et nombreux ont fait leurs armes au Black Ark, chez Lee Perry !
7) Bob Marley, Peter Tosh, The Congos ou d'autres groupes/ chanteurs sont réédités à plusieurs reprises. Hormis les labels, qui profite des bénéfices ou en tout cas des ventes?
Les artistes (s’ils sont encore vivants) ou leurs descendants tout simplement….
8) Est-ce que la vague anglaise (Aswad, Steel Pulse, Cimarrons....) est aussi respectée que les groupes jamaïcains (en Jamaïque, et ailleurs)?
Oui bien sûr, car ces artistes sont tous Jamaïcains, même s’ils ont fait carrière et pour certains grandi au Royaume-Uni. Ils sont aussi importants et respectés que des groupes comme Culture, Mighty Diamonds ou les Kingstonians.
9) A-t-on en France, Allemagne, Italie ou dans les pays de l'Est, l'équivalent d'un Steel Pulse?
Personnellement je ne pense pas. Il y a effectivement des artistes qui ont énormément de succès comme Alborosie en Italie ou Gentleman en Allemagne, mais ils ne sont pas Jamaïcains et ne sont pas perçus comme tels en Jamaïque. Mais ça ne les empêche pas d’obtenir une certaine reconnaissance là-bas.
10) Que dire sur la scène reggae (pas ragga/dancehall mais ska/rocksteady/reggae plutôt) hexagonale, des années 80 à maintenant?
Le reggae en France a connu son âge d’or dans les années 1990 avec des artistes comme Princess Erika, Tonton David, Daddy Nuttea, Saï Saï et Massilia Sound System, et surtout au tournant des années 1990-2000 quand les médias se sont intéressés à des artistes comme Pierpoljak, Sinsemilia, Baobab etc., mais sinon cette scène reste plutôt underground, en particulier en termes de ska et de rocksteady. Il y a aussi de très bons groupes de dub français, ainsi qu’une scène provinciale très active, mais globalement le reggae français et les genres dérivés ne sont pas trop médiatisés en France. Ce qui n’empêche pas les artistes d’être très dynamiques, surtout en matière de concerts.
11) Ton avis sur un groupe comme Bad Brains...
Il s’agit d’un groupe atypique dans le paysage musical nord-américain : des Blacks, des dreadlocks qui jouent de la musique de Blancs, du punk. En fait, ce groupe montre les liens qu’il y a pu avoir entre les mouvements punk et reggae. Ce sont deux mouvances rebelles et anti-establishment !
12) Peut-on dire que la musique punk, et la Oi, ont été fortement influencées par les musiques jamaïcaines pour les lignes de basse?
Fortement influencées c’est peut-être beaucoup dire, mais influencée oui je pense. En témoigne la musique de groupe comme les Clash ou les Sex Pistols.
13) Quelque chose à ajoûter, à préciser... projets futurs...
Je termine la traduction de « People Funny Boy » de David Katz. La biographie de Lee Perry devrait donc être disponible en français avant la fin de l’année.
1) Présentation pour les novices (et ceux qui n'ont pas écouté l'interview de 2009/2010 malgré les 2 ou 3 rediffusions)...
Je suis docteur en langues, littératures et civilisations anglo-saxonnes de l’Université Bordeaux 3 et le livre « Vibrations Jamaïcaines » est tiré de ma thèse. J’enseigne actuellement à l’Université des Antilles et de la Guyane en Martinique. Par ailleurs j’ai écrit un 1er livre, « Les origines du reggae : retour aux sources », paru chez L’Harmattan en 2008.
2) Pourquoi cet intérêt pour la Jamaïque et ses musiques "locales"?
En fait j’écoute du reggae depuis très jeune. J’ai découvert ce genre musical vers 13 ans avec un pote qui jouait dans un groupe de reggae. Les côtés engagé et rebelle du reggae, ses rythmes afro-caribéens et l’idéologie rasta, entre autres, m’ont immédiatement plu. Ensuite je me suis intéressé aux autres genres musicaux jamaïcains, puis dès que j’en ai eu l’opportunité, je me suis rendu en Jamaïque pour approfondir mes connaissances.
3) As-tu rencontré ou contacté des gens comme Don Letts ou Basement 5?
Oui j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Don Letts dans le cadre de mes recherches. Lors de notre entretien, il est notamment revenu sur les débuts du punk en Angleterre ainsi que sur les liens entre les mouvements punk et reggae.
4) Comment un "si petit pays" arrive à être aussi ou plus prolifique que "la Terre Mère", l'Afrique (cad la somme de tous les pays)?
Je ne sais pas si les Jamaïcains sont plus prolifiques que les Africains, mais c’est vrai qu’ils sont très féconds. Pourquoi sont-ils si prolifiques ? Je ne sais pas exactement, mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont très créatifs et qu’il y a une véritable énergie et une profusion d’idées qui se dégagent de ce peuple. Produire et créer, ça semble être une sorte d’exutoire pour les Jamaïcains. Par ailleurs, l’utilisation massive de « riddims », héritée du dub et du toasting, contribue clairement à cet aspect prolifique.
5) Le reggae a semble-t-il eu des difficultés à s'imposer aux Etats-Unis, pourquoi selon toi?
Ben tu sais depuis des décennies, ce sont les Nord-Américains qui globalement créent les tendances, notamment d’un point de vue musical, donc il est difficile pour un genre ou des artistes non-américains de s’imposer aux Etats-Unis, en particulier si cette musique vient d’une petite île comme la Jamaïque et prône le retour en Afrique. Et puis quand le reggae est arrivé aux Etats-Unis par le biais de Bob Marley and the Wailers notamment, les Noirs Américains n’ont pas vraiment accroché, car eux ils étaient à fond dans la soul, le funk ou le disco. Le reggae était d’une certaine manière considéré comme trop « indigène » par le public noir américain de l’époque. Mais en réalité, depuis plusieurs décennies, la Jamaïque est un peu comme les Etats-Unis, dans le sens où il est très difficile pour un genre non-jamaïcain de s’imposer sur l’île.
6) Vu de l'extérieur on a l'impression qu'il y a beaucoup de chanteurs, toasters, DJs, et peu de musiciens...n'y a-t-il que des "requins de studio" type Sly & Robbie, ou de véritables groupes, en tout cas vendus comme tels, ont émergé, ou émergent, si on met le ska et les Skatalites de côté?
Non il y a énormément de musiciens, mais c’est juste que comme partout, ce sont les chanteurs et les toasters qui sont mis en avant sur les albums, dans les médias etc. En témoignent des mecs comme le guitariste Chinna Smith, le batteur Horsemouth Wallace, le bassiste Larry Silvera, le claviériste Tyrone Downie etc…Il y a vraiment plein de musiciens, et nombreux ont fait leurs armes au Black Ark, chez Lee Perry !
7) Bob Marley, Peter Tosh, The Congos ou d'autres groupes/ chanteurs sont réédités à plusieurs reprises. Hormis les labels, qui profite des bénéfices ou en tout cas des ventes?
Les artistes (s’ils sont encore vivants) ou leurs descendants tout simplement….
8) Est-ce que la vague anglaise (Aswad, Steel Pulse, Cimarrons....) est aussi respectée que les groupes jamaïcains (en Jamaïque, et ailleurs)?
Oui bien sûr, car ces artistes sont tous Jamaïcains, même s’ils ont fait carrière et pour certains grandi au Royaume-Uni. Ils sont aussi importants et respectés que des groupes comme Culture, Mighty Diamonds ou les Kingstonians.
9) A-t-on en France, Allemagne, Italie ou dans les pays de l'Est, l'équivalent d'un Steel Pulse?
Personnellement je ne pense pas. Il y a effectivement des artistes qui ont énormément de succès comme Alborosie en Italie ou Gentleman en Allemagne, mais ils ne sont pas Jamaïcains et ne sont pas perçus comme tels en Jamaïque. Mais ça ne les empêche pas d’obtenir une certaine reconnaissance là-bas.
10) Que dire sur la scène reggae (pas ragga/dancehall mais ska/rocksteady/reggae plutôt) hexagonale, des années 80 à maintenant?
Le reggae en France a connu son âge d’or dans les années 1990 avec des artistes comme Princess Erika, Tonton David, Daddy Nuttea, Saï Saï et Massilia Sound System, et surtout au tournant des années 1990-2000 quand les médias se sont intéressés à des artistes comme Pierpoljak, Sinsemilia, Baobab etc., mais sinon cette scène reste plutôt underground, en particulier en termes de ska et de rocksteady. Il y a aussi de très bons groupes de dub français, ainsi qu’une scène provinciale très active, mais globalement le reggae français et les genres dérivés ne sont pas trop médiatisés en France. Ce qui n’empêche pas les artistes d’être très dynamiques, surtout en matière de concerts.
11) Ton avis sur un groupe comme Bad Brains...
Il s’agit d’un groupe atypique dans le paysage musical nord-américain : des Blacks, des dreadlocks qui jouent de la musique de Blancs, du punk. En fait, ce groupe montre les liens qu’il y a pu avoir entre les mouvements punk et reggae. Ce sont deux mouvances rebelles et anti-establishment !
12) Peut-on dire que la musique punk, et la Oi, ont été fortement influencées par les musiques jamaïcaines pour les lignes de basse?
Fortement influencées c’est peut-être beaucoup dire, mais influencée oui je pense. En témoigne la musique de groupe comme les Clash ou les Sex Pistols.
13) Quelque chose à ajoûter, à préciser... projets futurs...
Je termine la traduction de « People Funny Boy » de David Katz. La biographie de Lee Perry devrait donc être disponible en français avant la fin de l’année.
Thursday, July 07, 2011
A MESSAGE TO BENEDICT ARNOLD
Ice Cube, oui, tu as démarré ce truc, le gangsta rap, et tu en es (suffisamment) remercié. Oui , le concert du 6 juillet était bien, très bien même, et comme je n'ai pas payé, je n'ai légitimement pas le droit de me plaindre. Mais jusqu'ici, je croyais que tu étais un adulte, pas un enfant gâté. Un adulte, ça prend des décisions et ça s'y tient ( on accorde des interviews ou pas, et on ne change pas d'avis, sauf si on est "une fille du mouv' " comme dit Gynéco). Un adulte qui pèse (acteur et réalisateur à succès, artiste de légende), ça doit savoir s'entourer. J'ai l'impression que ce n'est pas ton cas. Tu rends hommage à EAZY E, aurait-il agi comme tu le fais? Les Américains retirent le "ghetto pass" à certains rappers, moi j'aimerais voir le Glaçon faire quelques apparitions à Sarcelles, Grigny, Les Ulis et frayer avec les locaux, en serait-il capable ? Tu nous as fait comprendre que le Bataclan était ce soir-là en territoire West Coast, un petit détail, c'était un territoire afropéen, et on peut dénicher un Claude Guéant banlieusard qui t'apprendra la politesse et le savoir-vivre en terre autochtone. D'ailleurs, si tu te souviens bien, la fois dernière c'était le Zénith ( pas plein), là c'est le Bataclan ( pas vraiment plein non plus, si ?!). Continue à te comporter en gamin, Ice Cube, les gamins préfèrent les CDs pirates ou les mp3, de l'argent qui fuira ta poche. Un gangster plumé, ça fait mauvais effet. lot de consolation, tu rejoins DJ Quik dans ma liste noire. Lot de consolation bis, les bronzés locaux ne sont pas assez "cikatrizés", ils dormiront jusqu'à devenir barbus pour la plupart. La structure, la structure....
Ice Cube, oui, tu as démarré ce truc, le gangsta rap, et tu en es (suffisamment) remercié. Oui , le concert du 6 juillet était bien, très bien même, et comme je n'ai pas payé, je n'ai légitimement pas le droit de me plaindre. Mais jusqu'ici, je croyais que tu étais un adulte, pas un enfant gâté. Un adulte, ça prend des décisions et ça s'y tient ( on accorde des interviews ou pas, et on ne change pas d'avis, sauf si on est "une fille du mouv' " comme dit Gynéco). Un adulte qui pèse (acteur et réalisateur à succès, artiste de légende), ça doit savoir s'entourer. J'ai l'impression que ce n'est pas ton cas. Tu rends hommage à EAZY E, aurait-il agi comme tu le fais? Les Américains retirent le "ghetto pass" à certains rappers, moi j'aimerais voir le Glaçon faire quelques apparitions à Sarcelles, Grigny, Les Ulis et frayer avec les locaux, en serait-il capable ? Tu nous as fait comprendre que le Bataclan était ce soir-là en territoire West Coast, un petit détail, c'était un territoire afropéen, et on peut dénicher un Claude Guéant banlieusard qui t'apprendra la politesse et le savoir-vivre en terre autochtone. D'ailleurs, si tu te souviens bien, la fois dernière c'était le Zénith ( pas plein), là c'est le Bataclan ( pas vraiment plein non plus, si ?!). Continue à te comporter en gamin, Ice Cube, les gamins préfèrent les CDs pirates ou les mp3, de l'argent qui fuira ta poche. Un gangster plumé, ça fait mauvais effet. lot de consolation, tu rejoins DJ Quik dans ma liste noire. Lot de consolation bis, les bronzés locaux ne sont pas assez "cikatrizés", ils dormiront jusqu'à devenir barbus pour la plupart. La structure, la structure....
Friday, July 01, 2011
Une conférence intéressante, pour ceux qui ont écouté ceci ou ceci
De la tragédie congolaise 400 Mandats d'arrêts internationaux à lancer
samedi 2 juillet · 14:00 - 19:00
Lieu
Centre de vie des Sanitas
10, place neuve
Tours, France
Intervenant : MULOPO KAPITA, alias Jean-marteau MONI-MANBU. Ecrivain et militant Congolais. Député 2004-2006.
De la tragédie congolaise 400 Mandats d'arrêts internationaux à lancer
samedi 2 juillet · 14:00 - 19:00
Lieu
Centre de vie des Sanitas
10, place neuve
Tours, France
Intervenant : MULOPO KAPITA, alias Jean-marteau MONI-MANBU. Ecrivain et militant Congolais. Député 2004-2006.
Wednesday, June 29, 2011
Ice Cube comes to Paris , Bataclan July 6th... Get ready!!!!
Check it yourself
especially there...
WEST COAST BROTHA NUMBER ONE
Ice Cube? Le Glaçon? Au moment où les rappers, DJs, danseurs, graffeurs prennent des noms d'artistes qui sonnent ( Egyptian Lover, Grand Wizard Theodore, Afrika Islam, Flavor Flav, Grand Master Flash, DJ Akshun (futur Scarface) ou même Cold 187um, voire un certain Eazy E ou The D.O.C.), le jeune O'Shea Jackson ne se débaptise pas Master O ou Radical Jay. Hommage à Iceberg Slim, comme son collègue émigré de la East Coast Tracy Marrow ( Ice T) ?
En tout cas, des trois Glaçons les plus connus de nos services, Just Ice, Ice T, Ice Cube, Monsieur Jackson a constitué l'équivalent d'une banquise, sévissant dans le rap en tant qu'artiste solo échappé d'un collectif mythique qu'on ne présente plus, mentor ( Da Lench Mob, Yo Yo, Knocturnal...), chef de meute ( Westside Connection). Sans oublier Hollywood: qui a oublié Doughnut dans "Boyz' N The Hood" ( 1991) ? On peut également citer la série des "Friday", "Player's Club" ou Barbershop". Ice Cube est également le premier ou l'un des premiers à avoir établi une alliance avec la Côte Est, via le BOMB SQUAD, pour son premier album solo "Amerikkka's Most Wanted". L'un des premiers rappers West Coast à rejoindre la Nation Of Islam ( suivi par Kam, Paris entre autres), et à la quitter. Ice Cube aime la controverse, Ice Cube, "the n*gga you love to hate" aime la West Coast, Ice Cube a mis Compton et South Central sur la carte du rap mondial à travers des classiques comme "Gangsta Gangsta", "F*ck Tha Police", "True To The Game", "Steady Mobbin", "Ghetto Bird", "It Was A Good Day".
Le Glaçon sera au Bataclan le 6 juillet pour défendre son album "I Am The West". Et toi qui prétends venir de LAxagone, tu vas rester regarder le résumé de l'étape cycliste du jour? Pas question !!! Garance Productions et Zikaload t'offrent 5 places pour rejoindre le bataillon de la Force West sur Paname...
Check it yourself
especially there...
WEST COAST BROTHA NUMBER ONE
Ice Cube? Le Glaçon? Au moment où les rappers, DJs, danseurs, graffeurs prennent des noms d'artistes qui sonnent ( Egyptian Lover, Grand Wizard Theodore, Afrika Islam, Flavor Flav, Grand Master Flash, DJ Akshun (futur Scarface) ou même Cold 187um, voire un certain Eazy E ou The D.O.C.), le jeune O'Shea Jackson ne se débaptise pas Master O ou Radical Jay. Hommage à Iceberg Slim, comme son collègue émigré de la East Coast Tracy Marrow ( Ice T) ?
En tout cas, des trois Glaçons les plus connus de nos services, Just Ice, Ice T, Ice Cube, Monsieur Jackson a constitué l'équivalent d'une banquise, sévissant dans le rap en tant qu'artiste solo échappé d'un collectif mythique qu'on ne présente plus, mentor ( Da Lench Mob, Yo Yo, Knocturnal...), chef de meute ( Westside Connection). Sans oublier Hollywood: qui a oublié Doughnut dans "Boyz' N The Hood" ( 1991) ? On peut également citer la série des "Friday", "Player's Club" ou Barbershop". Ice Cube est également le premier ou l'un des premiers à avoir établi une alliance avec la Côte Est, via le BOMB SQUAD, pour son premier album solo "Amerikkka's Most Wanted". L'un des premiers rappers West Coast à rejoindre la Nation Of Islam ( suivi par Kam, Paris entre autres), et à la quitter. Ice Cube aime la controverse, Ice Cube, "the n*gga you love to hate" aime la West Coast, Ice Cube a mis Compton et South Central sur la carte du rap mondial à travers des classiques comme "Gangsta Gangsta", "F*ck Tha Police", "True To The Game", "Steady Mobbin", "Ghetto Bird", "It Was A Good Day".
Le Glaçon sera au Bataclan le 6 juillet pour défendre son album "I Am The West". Et toi qui prétends venir de LAxagone, tu vas rester regarder le résumé de l'étape cycliste du jour? Pas question !!! Garance Productions et Zikaload t'offrent 5 places pour rejoindre le bataillon de la Force West sur Paname...
Thursday, April 14, 2011
Un autre hommage à Monsieur Nathaniel Dwayne Hale, avant de publier une partie de l'interview de Mr Labarthe...de la West Coast au Sud sale, attachez vos ceintures!!!
1/ Définition du "Dirty South" pour les novices? C'est un son particulier, une époque, une zone géographique?
Le Dirty South (ou The States of Dixie) est l'ensemble des États qui figurent en dessous de la ligne Mason-Dixon, une frontière symbolique séparant le Nord et le Sud qui a été établie au 18 ème siècle. Les États concernés sont: Floride, Géorgie, Louisiane, Texas, Caroline du Nord et du Sud, Tennessee, Oklahoma, Virginie, Alabama, ainsi que le Mississippi.
Par définition le Dirty South est devenu ce son spécifique dont est doté le rap sudiste, mais c'est avant toute chose une énergie, une culture, un style de vie - dixit les Dirty County Boyz :« Dirty, it's just a vision of the South... Envision red hot clay dirt, chicken coops, slow living, good people and family [in others words, cold-hearted slum life] and that's Dirty. Our music brings that kind of energie. »
2/ Pourquoi selon vous ( les auteurs du livre) le Sud a été méprisé, sous-estimé ( hormis Geto Boys, Da Brat, Jermaine Dupri, le Sud était peu médiatisé avant l'émergence de Master P et Outkast)?
Le rap est la seule et unique musique populaire qui n'est pas née dans le Sud. Le rap vient du Bronx (New York). Pendant longtemps le Nord a canalisé toutes les énergies, toutes les attentions en ce qui concerne le marketing hip hop. De plus, les rappeurs et producteurs du Sud ont été contraint d'imiter leurs homologues nordistes avant de trouver leurs propres styles, puis il a fallu s'organiser en tant que buziness du disque avec tout ce que ça comporte de tâtonnements, de prises de risques, d'échecs. Ils ont débuté avec un retard considérable sur le Nord qui soit dit en passant a longtemps affiché une certaine condescendance envers les « pedsouilles » sudistes. De ce fait ils ont mis beaucoup temps pour exister, artistiquement parlant.
3/ Comment l'idée du bouquin vous est-elle venue?
Je voulais écrire une suite à mon premier livre « Un Siècle de Musique à la Nouvelle-Orléans », mais je voulais faire un truc beaucoup plus consistant concernant uniquement le Dirty South dont je suis un fan absolu. J'ai commencé seul puis, vu l'ampleur et la complexité de la tâche, au bout de 6 mois de travail j'ai décidé de contacter Charlie Braxton., je lisais ses articles & interviews depuis des années (Murderdog, The Source, XXL). Vu que je ne trouvais que des liens éventés le concernant, j'ai donc contacté Black Cat Bone de Murderdog qui m'a mis en contact avec lui. J'ai expliqué à Charlie ce que je voulais accomplir et on s'est aussitôt mis au travail. Sans son concours je pense que je n'aurai pas été au bout de ce projet.
4/ On ne parle pas beaucoup des liens entre West Coast et (Dirty) South, mais The
DOC ( ghostwriter et "6eme homme" de NWA) vient du Texas, Master P a habité dans la Bay Area, Too Short a séjourné à Atlanta, est-ce que le livre aborde ce sujet?
Le livre aborde épisodiquement ce sujet. On parle de certains cas particuliers comme Master P, Fiend ou Big Hollis (architecte du son de Sacramento – Brotha Lynch Hung) qui ont tous tenté l'aventure sur la West Coast avec des fortunes diverses, mais on cite aussi les échanges migratoires entre la Louisiane et le Texas (ex: DJ Screw, Convicts, ESG, sont louisianais et ont émigré au Texas, alors que les texans DJ Mike, MC Thick et E. Vicious ont fait les beaux jours du hip hop de la Nouvelle-Orléans)
En émigrant à Atlanta en 1994, Too Short avait peut être pressenti que quelque chose d'important se passait dans le Sud? Il est dit qu'il a émigré pour échapper aux tensions qu'il y avait chez lui à Oakland. On peut dire que l'actuelle scène d'Atlanta est l'exemple type de ces migrations qu'ont généré le rap. Devenu le nouveau centre névralgique du hip hop, il existe un afflux important des artistes en provenance des États limitrophes venus parachever leur réussite ou bien tenter leurs chances sur place (Drumma Boy et J-Green sont de Memphis, Lex Luger est virginien, Big KRIT vient du Mississippi, P Watts de Columbia (Caroline de Sud) etc....)
5/ Il y a une influence East Coast (évidente) sur le rap français, une petite influence West aussi ( ne serait-ce que via Réciprok pour le grand public), mais quid de l'influence sudiste à part l'escouade DGC records et quelques titres de Dabaaz?
Je ne connais pas les rapports entre le rap français et le Dirty South. Un réel engouement existe pourtant, sans savoir si c'est une tendance ou une culture qui va s'inscrire durablement dans le temps. De nombreux blogs frenchies existent et parlent plutôt bien de la chose: L'officiel Abcdr du son est indispensable, car il aborde tous les styles sans distinction. D'autres, plus obscurs comme Pure Baking Soda de Nicolas Pellion abordent avec conviction et passion le new age Dirty South.
En ce qui concerne les rappeurs français concernés, LMC Click, Frencizzle, Rma2n, me semblent beaucoup plus sérieux que Tyrone Carter qui est un ersatz bien falot qui ne fait qu'amasser les gimmicks du genre Dirty. Il y a aussi le toulousain NYNE qui est dans le new orleans bounce et qui va sortir son album « Bonificateur » avec Juvenile, T-Bo, Fiend et C-Murder en featurings. Tous ces jeunes artistes « Dirty » me semblent cependant très esseulés, or c'est la solidarité qui a fait que le rap sudiste US est parvenu à émerger.
Je maitrise moins bien que toi la spécificité hip hop française. J'ai peur de ne pas être objectif, cependant je ressens le manque de leaders. L'Amérique possède ses martyres - Soulja Slim, 2Pac, Biggie - ici, il y a Booba, mais Booba est bel et bien vivant, de plus il a déserté et vend un son typiquement américain. Trop d'artistes intègres sont dans l'underground et y restent, c'est invraisemblable qu'en 2011 aucune plage horaire ne leur soit accordé à la TV. En fait, j'ai peur d'être défaitiste mais qu'est-ce qu'entrevoit le public lambda français du hip hop hexagonal? Abd Al Malik? La Fouine? Grand Corps Malade?
6/ Hormis Mia X peut-être, quelle alternative à Trina, Khia, Gangsta Boo pour le rap féminin du Sud ( si on met Da Brat de côté)?
Dans notre livre il y a une interview de Mia X qui raconte ses années No' Limit. Elle parle de la difficulté d'être une femme dans cet univers masculin, ce milieu plein de testostérones (sic). Avant d'être un élément important du label de Master P, un de ses premiers titres de Mia X ,« The Payback », était déjà une réponse sans équivoque à la misogynie véhiculée par la scène bounce du début des années 90 à la Nouvelle-Orléans.
Mia X est récemment rentrée à la Nouvelle-Orléans et a ouvert un club. Je ne sais pas si elle compte enregistrer à nouveau. Gangsta Boo est toujours dans le coup, elle sort régulièrement des mixtapes. Année après année, Trina est nominée aux BET Awards et surnage grâce à sa versatilité artistique.
A suivre...dans The Re(a)d Zone
Wednesday, March 16, 2011
NATE DOGG rest in peace !!!! Remembering Tha Dogg Pound album, Snoop Dogg ones, G Funk Classics, 213 stuff...Nate Dogg tribute
Saturday, February 12, 2011
Tuesday, July 20, 2010
Sad news, après Mallia Franklin (Parlet), Garry Shider ( Parliament Funkadelic) c'est Vonetta Mc Gee ( actrice importante de la vague Blaxploitation) qui nous quitte . Elle a joué dans "Melinda", "Shaft In Africa", "Brothers", "Blacula".. Allez lire l'article qui lui est consacré sur le site BADAZZMOFO la bible de la Blaxploitation comme vous le savez déjà...RIP
Sunday, May 30, 2010
Apparemment personne ne l'avait fait, fallait bien que quelqu'un se colle à l'histoire du rap tourangeau, en tout cas une partie d'icelle, et doncques rendons à Othello ce qui revient à Esope :-)...pour ceux qui se souviennent de Cool Freddy Jay, Sekta Voodoo, 6ème Continent,Wadada's Rappers Beurs et la joyeuse époque de "Tankya Du Son" le samedi après midi de 14h à 16h sur le Neuf le Trois le Point le Six, avec notamment l'homme qui va par le nom de Taksi...enjoy the ride...
INTERVIEW FREDDY JAY début 2010
1) Présentation, qui es -tu, d'où viens-tu et où vas-tu...
Freddy Jay, anciennement Cool Freddy Jay, je viens de Tours , j’ai commencé ma carrière en tant que rapper et compositeur, aujourd’hui je suis DJ et compositeur
2) Formation musicale ?
Autodidacte, il y avait une guitare et une basse chez moi, et je me suis essayé à la batterie. J’ai été « mauvais » batteur dans un groupe. Sinon au lycée Choiseul, il y avait un piano et je m'entrainais dessus ( pendant les inter cours)
3) Comment on plonge dans le rap et le hiphop, et pas dans le reggae, le funk ou le rock?
En fait j'ai eu un coup de coeur direct pour le rap, dés le départ. J’étais plus intéressé par les parties rappées dans les morceaux funk. Ca c'était avant "HIPHOP" de Sidney ( je précise, ndm). Je suis tombé sur "The Message" de Grand Master Flash & Furious Five et "Genius Of Love" de Tom Tom Club, ça m'a mis une gifle. En plus j'avais vu un reportage sur le graffiti à la télé ( illustré par ces deux morceaux). Après j'ai acheté l'album "White Lines" de GMF, et je me suis mis au scratch, en entendant le (fameux) morceau "The Adventures of Grand Master Flash At the Wheels Of Steel". « White Lines », ça a été le premier disque acheté avec mes sous ! J'aimais bien la dynamique du rap, et dés le départ j'ai eu la certitude,/prémonition que ça allait devenir énorme. A l'époque ( on se situe maintenant vers 84-85, ndm) j'essayais de choper Radio 7 de Sidney sur PO ( "petites ondes", à l'opposé de FM ou"GO, "grandes ondes", il y avait aussi OC, ondes courtes, ndm), et je suis tombé sur une radio anglaise, Capitol Radio, avec une émission hiphop présentée par Mike Allen, l'équivalent de DJ Magic là bas, et là j'ai découvert Doug E Fresh, Roxanne Shante, le World Class Wrekking Crew, Mantronix. Tout ça après l'époque smurf ( sous entendu j'étais resté passionné après le "départ" de Sidney, ndm). J'enregistrais des k7, et j'essayais d'acheter les disques, notamment ceux provenant de 2 labels, Def Jam et Cold Chilling records ( Marley Marl & Juice Crew pour les novices, ndm). A cette époque, je pensais être le seul en France, et en avance , en tout cas sur Tours, à être mordu de hiphop, ce n'était pas aussi répandu/connu que le reggae ou le rock, ici. Pour revenir à Grand Master Flash & The Furious Five, mon idole c’était Melle Mel, et quand j’ai commencé à rapper, c’était en anglais.
4) Comment devient-on DJ et producteur?
Par le scratch de GMF, et puis je composais de toute façon dans ma tête plus ou moins, et puis je tripotais les instruments à ma disposition. L'étape suivante a été d'organiser des soirées pour me payer du matos ( boite à rythmes etc...).... et de fil en aiguille, devenir rapper/producteur moi même ( là j'extrapole, ndm)
La rencontre avec Radio Béton, ça se produit comment, et comment on aboutit aux émissions "Tankya Du Son" et puis " La Dernière Dimension "?
Moi j'ai commencé sur Radio Star à St Avertin (avec un gars plutôt dans le funk). Je suis rentré à "Tankya Du Son" vers 90. Taksi au départ avait une émission sur RFM, plutôt reggae (il passait du Pablo Master, du Mickey Mosman) et moi j'adorais ça. En plus il passait un peu de rap ( suit une anecdote sur les disquaires vinyles "grand public" de l'époque, Bouvier disques et Terre Des Hommes, au niveau de la place J Jaurés back in ze dayz, et d'un maxi des Fat Boys; notamment de sa face B, que Freddy pensait être le seul dans la ville à avoir repéré, ndm). A Tours il y avait un groupe funk, VISA D’EXPULSION, et rien en rap, à cette époque (fin des années 80, ndm). Bref Taksi et moi, on s'est rencontrés, on a discuté, il y avait un sound system dont il faisait partie, le WADADA SOUND SYSTEM, avec Papa Vanny ( Giovanni, son vrai prénom, ndm) et d’autres. Le WSS gérait l’émission « Tankya Du Son » . et je me suis bien entendu avec Giovanni. Lui avait bien capté la vibe rap . On m'a offert un espace dans l'émission "Tankya Du Son",sur Radio béton, qui était orientée reggae/ dancehall.. et moi j'avais droit à 1/4 d'heure de rap ( sur 2h d'émission, c'était de 14 à 16h,le samedi , ndm). Ensuite j'ai intégré le Wadada Sound System , idem, plutôt reggae et pas trop rap.Seulement, les "anciens"( ils avaient la trentaine, donc plus vieux que moi à l’époque) voulaient préserver leur couleur reggae/dancehall, alors que moi j’arrivais avec du rap pur et dur ( comme le « Pure & Uncut Funk » de Clinton, ndm). Donc, comme c'était l'époque où KRS 1 essayait d'intégrer du reggae au rap, sans oublier la démarche des Demon Boys , Asher D ( UK) Daddy Freddy, Poor Righteous Teachers, j'ai plus ou moins lancé une partie ragga hiphop dans mon set avec le sound system, un compromis.
LA DERNIERE DIMENSION ( the story)
Le problème c'est que 15 mns ça passe vite ( bon j'extrapole, ndm), j'étais frustré, donc j'ai voulu avoir mon émission. Comme c'était difficile d'obtenir un créneau sur Béton, j'ai utilisé la technique du cheval de Troie, j'ai enregistré un projet d'émission de rock fusion ( genre Living Colour, Red Hot Chili Peppers, Fishbone), ça a été accepté et j'ai démarré La Dernière Dimension le lundi soir (repères temporels, on est au début des 90ies ou à la fin des années 80, ndm). Attention, le rock fusion ça m’intéressait. Pour moi, ça montre que le rap se « propageait » dans d’autres styles, non seulement le jazz (avec l’acid jazz), le R’n’B ( avec des producteurs comme Teddy Riley et son « new jack swing »), et donc le rock, avec la fusion ( Freddy cite les Hollandais de Urban Dance Squad, assez populaires à l’époque, avec des morceaux comme « Demagogue », ndm), mais on retrouvait aussi de la guitare musclée, saturée dans des titres rap, comme « No More Rock’N’Roll » de Schoolly D, « Go Cut Creator » de LL Cool J, « Dope Beat » de KRS 1, et Run DMC également ( « King Of Rock » par exemple, ndm).Peu à peu il y a eu de plus en plus de rap, et c'est devenu la première émission du genre, à Tours (100% rap).
Cela dit, pour revenir à « Tankya Du Son », il y a eu l’influence du Deenastyle sur Radio Nova, des rappers débutants qui venaient faire des freestyles. Vanny et moi on a insisté pour qu’il y ait une rubrique « micro ouvert » dans l’émission ( là c’est moi qui emploie le mot, pas Freddy, ndm), et des jeunes sont venus improviser, proposer leurs textes, parmi eux Brahim et ses frères. Entre temps, je suis parti travailler près de la frontière italienne, pendant un an, et lorsque je suis revenu, Brahim et ses comparses avaient intégré Wadada Sound System ( et ils apparaissaient régulièrement dans TDS, ndm). Et c’est aussi à ce moment que j’ai décidé d’avoir mon émission, LA DERNIERE DIMENSION
Je voulais que LDD soit comparable au Deenastyle, et en parallèle j’essayais de monter un groupe. Les gens enregistraient le Deenastyle, et les cassettes circulaient, elles sont même précieuses pour certains. Le but de « La Dernière Dimension » c’était aussi de diffuser l’information sur le rap, d’être une plateforme de cette culture, parce que pour moi ça ( le rap, ndm) allait au-delà du divertissement, il y avait un côté militant aussi engagé. L’idée c’était que n’importe qui , s’il ou elle tombait sur l’émission par hasard,devait comprendre ce qu’on disait ( donc pas de jargon de spécialiste, pas d’argot, j’extrapole, ndm). LDD s’est aussi monté avec Seb ( voir la partie CFJ/ Sekta Voodoo, ndm), à qui j’ai proposé une rubrique , et qui au fil du temps s’est chargé/ a été chargé de traquer l’info, les nouveautés. Au départ, pour alimenter la partie musicale, je me procurais la version cd des disques, parce que petit budget… Une anecdote d’ailleurs, Seb avait réussi à choper à Paris le cd de « La Haine », et nous avait fait écouter au téléphone le morceau « Requiem » de La Cliqua , à l’époque le disque n’était pas encore disponible sur Tours…
COOL FREDDY JAY & SEKTA VOODOO story
En parallèle ( à l’aventure radiophonique, ndm) je voulais monter un groupe. Je cherchais un scratcheur et un clavier, et j'ai trouvé Renaud ( DJ Phantom), pour la partie scratch (après avoir tenté l’expérience avec d’autres postulants, ndm). Au final, on a obtenu la 1ère partie de Poupa Claudio au Bateau Ivre ( pour les novices, Poupa Claudio , de Montpellier je crois, en tout cas du sud de la France , a fait partie de la vague raggamuffin & dérivés sudiste du début des années 90, avec Massilia Sound System (et Tokow Blaze) de Marseille, Fabulous Trobadors (et le projett plus rap Bouducon Productions) de Toulouse, ainsi que Zebda à ses débuts, nostalgiques de Rapline, vous savez de quoi je parle, ndm). C'était en 1992 je crois, et ça s'est très bien passé pour nous. Renaud trainait avec des danseurs du Pyms, l'émission commençait à cartonner, et le rap , sur le plan national, montait, donc on a profité d'une dynamique. Seulement à Tours, c'était calme au niveau rap... (là on fait un petit retour qq années avant je pense, ndm) .En fait, j'avais démarré en solo, j'avais fait un break, loin de Tours, ( voir la partie TDS, LDD, ndm)pendant ce temps j'ai composé pas mal de trucs, et quand je suis revenu, j'ai voulu recruter un compère pour le scratch, et la scène, donc. J'ai effectué un concert ( filmé) , aux Fontaines, mais tout seul ce n'était pas au point, il me fallait un groupe ( là j'extrapole, ndm), d'où le recrutement de DJ Phantom, et d'autres. Le groupe se nommait à l'époque Cool Freddy Jay, et on a fait notamment les 1ères parties de IAM et NTM.
Que dire de la scène rap tourangelle entre 1989 et 1999? Et provinciale?
La scène rap tourangelle? Il y avait Wadada's Rappers Beurs et Brahim (qui ont bossé avec Massilia Sound System, tout de même), Non Conforme A La Norme , le groupe d’Ali, de St Pierre Des Corps, au tout début, et puis 6eme Continent, au niveau des groupes sérieux/importants. On peut citer aussi (dans le sillage de 6eme Continent) Good J Rex, qui a eu un album sorti chez Night & Day ( « BDJ », 1997, ndm). Il n'y a pas grand chose à en dire sinon, j'oublie quelques groupes de Joué comme le 37300 Gang, dans un délire West Coast/ G funk. Mais Sekta Voodoo n'était pas trop dans le trip gangsta et racailleux,. Et ils ( 37300 Gang, ndm) n’avaient pas le même background que nous. Sekta Voodoo/ Cool Freddy Jay, nous étions les premiers à faire du rap sérieusement, sur Tours. Nos influences et notre attitude, c’était plutôt Public Enemy ou KRS 1 ( « edutainment », ndm), on avait un côté militant. On voulait redonner une certaine dignité aux Noirs, faire connaître l’histoire, pour nous le rap c’était le Black CNN ( comme disait Chuck D de PE, ndm). On était un groupe de rap conscient. La génération d’après, notamment 37300 Gang, a eu comme références le côté « tenir les murs de la cité », le côté gangster... Et le rap (local, ndm) est devenu une histoire où chacun essayait de promouvoir ( « représenter », ndm) son quartier avant tout, St Pierre, la Riche , Joué-les-Tours, avec en parallèle peu de structures compétentes pour accueillir les groupes et leur permettre de se développer artistiquement( locaux pour les répétitions par exemple). Sekta Voodoo ne s'est pas situé comme relevant de tel ou tel clan, de telle ou telle cité. Pour la province, on avait le problème du snobisme parisien, il y avait un groupe comme Soul Choc (Angers) et le label Bastion, ils auraient dû éclater, avoir beaucoup plus d'écho que ce qu'ils ont eu.
On va parler de SEKTA VOODOO, mais avant ça, est-ce que tu faisais partie d'un groupe rap avant SV, ou est-ce que tu officiais dans le milieu rap/hiphop avant SV?
Sekta Voodoo, au départ c’est mon projet, que j’ai démarré à mon retour sur Tours, ça s'appelait [par conséquent] Cool Freddy Jay, vu que c'étaient mes idées, mes compos, mes textes, et j’étais seul fondateur, ensuite j'ai formé mon DJ pour que le concept soit viable sur scène, que ce soit plutôt un groupe, justement. Après , c’est devenu une entité plus large, davantage de personnes impliquées, donc on a changé le nom, c'était au moment où on a signé chez Atmosphériques ( à ce jour il n'existe pas de bio bien étoffée sur Internet de Sekta Voodoo, donc faut lire l'itw jusqu'au bout, ndm). Au départ tout le monde, cad la diaspora afro-antillaise, écoutait Tankya Du Son, donc on avait un vivier. Les gens s'intéressaient. Kool 16 (arrivé en 1995 selon sa propre bio, ndm) a accéléré les choses, au départ il est parti démarcher TDS, et Papa Vanny l'a dirigé sur La Dernière Dimension , il est venu, il a rappé (un peu à côté du beat, mais avec un style particulier), et il nous a dit qu’il faisait partie du collectif NEGKIPAKAFELAFET, et on a été bluffés, parce que j’avais reçu l’album et j’avais trouvé ça inhabituel, ça tranchait avec les textes soft plus ou moins liés au zouk ou ce à quoi on peut s'attendre. C'était cru, c'était militant, et ça nous a un peu ré-orientés. On s'est dit, du coup, qu'il fallait arrêter de s'inspirer des Etats-Unis, et faire notre truc en ajoutant le créole au concept CFJ. Kool 16, vu qu’il venait d’arriver, était plus proche de la source que nous, qui l’utilisions moins ( Freddy et son frère Jaypee, ndm), les textes ont donc intégré français et créole, et du coup, ça parlait à une partie de la jeunesse antillaise sur Tours. Mais sans vouloir à tout prix ne viser que cette communauté. Sekta Voodoo s’adressait à tout le monde. [Mais pour en revenir à l’histoire du groupe, ndm] Renaud, que j’ai rebaptisé DJ Phantom, au départ, il était claviériste, mais comme il s’intéressait aux platines, je l’ai formé. On répétait le dimanche après midi, chez lui, et comme il habitait près du Pyms ( boite de nuit assez connue à Tours, ndm), certains habitués le connaissaient. Seb alias Dr Seb, il nous a vus en première partie de MC Solaar à Montlouis…il sortait du lot, plutôt posé , dans son coin, lorsqu’ il assistait à nos répétitions, il était féru de rap français, alors que moi j’écoutais beaucoup de rap US, et de fil en aiguille, je lui ai proposé une rubrique dans LDD…Et puis Dr Seb avait une voiture, donc avec la mienne, le transport était assuré lorsqu’on effectuait des concerts aux quatre coins de l’hexagone ( c’est moi qui ajoute les 4 coins d’un polygone qui a plus de 4 côtés, élève international, kmer joke, ndm). Il y a eu un turnover important dans le groupe…Jaypee est arrivé assez tôt dans le line up. On a eu des chanteuses, Rachel, Muriel aussi, et Anastasia, puis Kool 16.
Pour approfondir le concept ( rapper en créole, se démarquer du rap américain de l'époque), on a cherché un nom, différent justement des lettres ou des chiffres, comme DITC, OGC (Original Gunno Clappaz, petit rappel, on est en 95-96, on peut citer 2Pac, KRS1, ou même Jay Z, "J" et "Z" en anglais, et puis pour les plus vieux, NWA, NTM, IAM, TSN..got it? ndm ) Alors on s'est basés sur le côté clan, au sens de meute, posse, collectif -> secte --> SEKTA et puis le côté un peu sombre, tchimboi, quimboiseur ( personne capable de lancer de mauvais sorts, ou de lutter contre les magiciens noirs bref on est dans le monde de la sorcellerie), qui nous a donné VOODOO ( références aussi à Haïti). Et certains ont cru que c'étaient des Haîtiens qui rappaient! Bref on a essayé de trouver un nom de groupe cohérent au fait que l'on rappe en créole, et que ça sonne. En plus on avait donc une nouvelle recrue, Anastasia, une rappeuse. Un mélange de EVE des débuts, et de Lady Of Rage, pour son attitude sur scène ( d'Anastasia, ndm). Son premier concert avec nous, c'était à la Fête de l'Humanité, on lui avait écrit un texte, on ne savait pas trop à quoi s'attendre sur scène, et elle nous a estomaqués, ce jour-là ( j'extrapole, ndm). Ce n'était pas un faire valoir, une potiche. Pour résumer,au niveau du line up, il y avait un scratcheur ( DJ Phantom), une bonne rappeuse (Anastasia), JayPee comme rapper et danseur ( JP est l'un des frères de Freddy Jay, ndm), ainsi que Kool 16 et Freddy Jay, donc un spectacle solide. Les séquences scratch étaient fouillées ( repérage des bonnes phrases dans les disques rap français, par Dr Seb)…
Au niveau des concerts, visuellement on avait Dr Seb et DJ Phantom derrière, et les 4 autres ( Jaypee, Anastasia, Freddy, Kool 16) devant. Il y avait un vrai show DJ, une assise, et une complémentarité entre Seb et Phantom. Dr Seb sur scène gérait les W 30 ( des appareils permettant de sampler, et avec aussi une fonction clavier), les chœurs aussi. A la base, au début de CFJ, on samplait en direct, on attrapait la phrase musicale voulue sur le vinyle, parce qu’on n’avait pas de sampler, juste les platines, les disques et une boîte à rythmes (donc pas de sample pré-sélectionné par une machine, c’était de l’artisanat à la TF 1 13h, môssieu, just joking, ndm)…ce qui donnait un côté live, spontané, différent du rap scénique « orthodoxe » ( là c’est moi qui précise, en gros la platine et le vinyle avaient véritablement le même rôle qu’un instrument classique, basse ou guitare ou piano, pas de machine intermédiaire, ndm). Ensuite on a eu les W30. J’ai choisi ce procédé, et pas de DAT, parce que ça ajoutait de la spontanéité, comme un instrument classique. C’était (entre autres fonctions pour SV, et on parle des W30, ndm) un réservoir à samples de rap français ( Dr Seb , qui écoutait pas mal de rap français , nous donnait de bonnes idées), et on en avait 2 parce qu’il fallait un certain temps pour que la machine soit opérationnelle ( une disquette à charger). Le travail de Seb ( pointu sur le rap français, donc faisait qq repérages) fourni pour les concerts, renforçait sa crédibilité dans LDD, et vice versa, et plus globalement l’entité CFJ/ SK bénéficiait du concept de LDD, et vice versa aussi.
A part vous, qui rappait en créole (si tu acceptes ce terme) ou même avant? Et comment la décision se fait (de rapper en créole)?
(le lecteur averti aura remarqué que la réponse se situe dans la question précédente , en grande partie)
Avec SV, on a été les premiers a priori, sinon il y avait Rootsneg qui mettait un peu de créole, mais ce n'était pas la même démarche, et bien sûr Negkipakafelafet (eux rappaient exclusivement en créole). Une petite précision, Kool 16 rappait en français au départ…
9) SEKTA VOODOO, groupe sur label indépendant, autoproduit, ou sur une major, est-ce que vous aviez réfléchi à cela ( par exemple refus de signer sur une major de toute façon ou ouverts à toute possibilité)?
SV a tout de suite été sur major. CFJ ( Cool Freddy Jay) a été signé parce qu'on tournait beaucoup ( 30 dates par an), on démarchait les maisons de disques. Pas d'autoproduction parce que je n'étais pas Crésus. On a d'abord été signés en édition par Marc Thonon qui démarrait sa structure, qui sera donc Atmosphériques, un "gros" label indé adossé à une major ( Tréma). Atmosphériques avait un deal avec Tréma (d'après ce que j'ai compris, Atmosphériques c'était la partie "direction artistique/ développement" et Tréma s'occupait du reste, marketing, distribution etc..., ndm). Bref on a signé en édition, puis en production.
10) Comment on gère un groupe a priori non "commercial" ( façon Alliance Ethnik, Mellowman), au niveau de la promo ( pages de pub, affiches, stickers, street team(s)), des concerts à trouver, du studio à réserver, de la mise en bacs des disques & du suivi des ventes, et d'autres démarches liées au quotidien d'un artiste? on délègue à un manager ou pas? Anecdotes?
On a imposé quelques trucs/ apporté notre touche, par exemple au niveau de certains visuels etc... le handicap, c'était qu'on était provinciaux, on n'avait pas de relai "national" ( je demande à Freddy si on a voulu leur imposer un single, un morceau fort avant tout, au détriment du reste, ndm). le morceau "fort", le single voulu par la maison de disques? On avait "L'An 2000", un morceau "radio friendly" ( suit un échange sur la capacité pour un artiste à garder son intégrité tout en comprenant les exigences du showbiz, à savoir vendre des disques, ndm). Pour la promo et les concerts, on se débrouillait par nous -mêmes , c'est Didi qui nous servait de manager et démarchait( Suit un passage sur les péripéties de Sekta Voodoo et des sorties de disques, ndm). On a fait un premier maxi (sous le nom de) Freddy Jay, puis un autre maxi, "Gravé sur CD" (1998), que les programmateurs ont trouvé "louche" (car s'écartant des canons du rap orthodoxe américain, Gangstarr , Mobb Deep etc...), ensuite on a sorti un EP avec le morceau "L'An 2000", où les maquettes sont devenues les masters. Pourquoi? Parce que les ingénieurs du son ne correspondaient pas, ils ne nous donnaient pas le son qu'il nous fallait. Au final, on a pris Mario Rodriguez ( qui a bossé avec Mobb Deep) pour mixer les morceaux "L'An 2000" et "I Only know Misery". C'est un problème de réseau et de rapports de forces au sein du show biz parisien, Marc Thonon n'avait pas le pouvoir d'imposer à sa hiérarchie de bons techniciens pour finaliser un album de rap "provincial" dans de bonnes conditions ( Freddy Jay compare ensuite la situation avec celle du groupe Afrojazz, signé grâce à la stature de Joey Starr, et qui a bénéficié de pas mal de privilèges pour l'enregistrement de son album "Afrocalypse" en 1997, ndm). En parallèle l'album est enfin finalisé, mais voit sa sortie retardée. On a fait une "ouverture de tiroir" (précisons que Freddy a insisté auprès du label pour que la situation se débloque, ndm), cad il y a eu un pressage spécifique pour la promo de l'album "Attitudes.. L'envers du Décor" aux Antilles, j'ai fait le tour des radios là bas , (tournée promotionnelle financée par le label, ndm), on a eu un très bon accueil, sur certaines stations, le disque avait la même rotation que "Première Consultation" de Doc Gynéco, les gens voulaient acheter le disque, mais comme l'album n'était pas dans les bacs car aucun deal de distribution (Sony distribue Tréma mais pas aux Antilles). C'était un coup pour rien. Finalement l'album n'est pas sorti, j'ai décidé de quitter le label (casser le contrat?ndm) et SV a splitté. Des anecdotes? Un concert aux Transmusicales avec KDD et Afrojazz, le concert de SV a bien plus sauf que les journalistes ont confondu le groupe avec KDD ( après tout, les Noirs se ressemblent tous , just joking, et en plus des provinciaux, ndm) dans leurs compte-rendus.
COMPLEMENT DE FREDDY
Tu sais, c’est difficile pour un groupe d’avoir du recul sur ce qu’il crée. Le truc c’est qu’il faut être capable de passer à la radio, être capable de faire des tubes, vu que la maison de disques, elle veut vendre des disques. La musique c’est un business, on doit vendre pour continuer( de créer artistiquement, ndm), et même si quelqu’un « blanchit » de l’argent ( Freddy fait allusion aux labels un peu gangsta fondés à partir du deal de substance illicite, n’est-ce pas Eazy E et Ruthless (rumeurs ou faits avérés…l’avenir tranchera), Harry O et Deathrow recs, et les rumeurs autour de Secteur Ä, lire l’itw de KENZY dans Radikal, et d’autres et d’autres…ndm), cette personne doit se refaire, elle ne veut pas perdre d’argent. Maintenant, être capable de faire des tubes dans le hiphop, c’est compliqué, surtout si on n’est pas connu, et si on n’a pas recours à des samples grillés ( un sample grillé, c’est un sample issu d’un tube funk, rock, pop, reggae, exemple flagrant, « Ces Soirées-là » de Yannick, de la Mafia Trece , qui nous a resservi « Cette Année-là » d’un franco-égyptien roi du disco… Claude François pour ceux qui n’ont pas deviné, ndm). NTM a fait « La Fièvre », IAM a fait « Le Mia ». Si tu veux, ce qui a permis au rap de décoller en France (et de s’installer durablement, ndm), ce sont des tubes, comme Coolio et « Fantastic Voyage », « Next Episode » de Dr Dre aussi, et d’autres trucs.. Nouvelle Donne, (label indé français, ndm) a « pondu » des tubes aussi, comme « Je pète les plombs » de Disiz La Peste ( Freddy évoque aussi Kamnouze et Django Jack, ndm). Une maison de disques doit écouler ses produits, et elle a besoin d’outils (un hit) pour ça (convaincre les media, ndm). Elle a des réseaux ( des media qu’elle juge adéquats pour « répandre sa bonne parole », et/ou susceptibles de toucher des cibles facilement converties au message promotionnel que la maison de disques veut envoyer, en clair des gens qui adoreront tel ou tel artiste parce que cet artiste correspond à leurs attentes, et que la maison de disque a anticipé cette attente, ndm), et elle doit faire correspondre ses réseaux à ce qu’elle vend ( Freddy le dit plus simplement,ndm). Donc, concernant la relation artiste/ label, la maison de disque suggère ( des démarches/plans pour promouvoir la création, ici l’album de l’artiste, ndm) et l’artiste choisit, la façon de vendre le disque. Il y a des concessions à faire, ça dépend de chacun ( Freddy ajoute aussi que si l’artiste n’est pas satisfait de la façon dont la maison de disques envisage la promotion, ou s’il pense être capable de proposer mieux, autant se débrouiller sans maison de disque, mais par soi-même, je résume of course, ndm).
On a donc dit qu’il faut des réseaux ( je reformule/retranscris ce que dit Freddy Jay à ma sauce), même en indépendant, la diffusion c’est vital ( et là j’aborde les façons de contourner une hostilité ou une indifférence des media, notamment les concerts, en comparant avec la scène punk dans les années 80-90, ndm)…là on va aborder les handicaps du rap français, déjà il y a la langue, le marché est limité ( à la francophonie a priori, ndm)…la scène electro a contourné ça avec des créations instrumentales (albums ou maxis,sans vocaux, je précise car je suis grand public , just joking, ndm). Et il y a la scène…on a (eu) des groupes de scène comme La Cliqua , NTM, IAM (un peu moins), mais en général, pour les concerts ça coince parce qu’on peut avoir un « public à risque » ( les habitants des fameux « quartiers », avant on disait « quartiers populaires », et encore avant on disait « la banlieue » ou « les sauvageons », bref le « public à risque » c’est le basané, pas tibulaire mais presque, sweat à capuche, baskets, grand ami de Nadine Morano ou des karchers de Nicolas, just joking, ndm) turbulent potentiellement, et d’autant plus que parfois le spectacle sur scène n’est pas de qualité ( ce que veut dire FJ c’est que les rappers ne travaillent pas assez leurs prestations scèniques, un des reproches récurrents de la rubrique « Terrordome » de Chuck D d’ailleurs par rapport à ses collègues outre Atlantique, et par conséquent le public va s’ennuyer, et éventuellement se distraire autrement. Freddy parle de groupes qui l’ont vraiment déçu en concert, alors qu’il adorait les disques , je n’ai pas réussi à lui extorquer de nom mais je pense que le Wu Tang Clan (selon NTM) ou plus récemment les Bone Thugs & Harmony qui auraient rappé par-dessus leurs vinyles, ne donnent pas vraiment une bonne image du rap onstage, ndm).
11) Par exemple, comment on se retrouve au festival Aucard, sur la grande scène (et à jouer en premier)?
( Freddy répond sur la place attribuée,ndm) La problématique, c’est la confusion entre le rap en tant qu’art, et l’expression d’une réalité sociale, qui peut être véhiculée par le rap. Pour Béton, (le fait que Sekta Voodoo joue au concert de clôture, ndm) c’était l’os jeté en pâture aux gens des quartiers. On ne pouvait pas ignorer le phénomène ( le mouvement rap & hiphop, ndm) mais on ne voulait pas faire de place au style musical. C'est du mépris. En fait on avait joué à la prison de Tours, et après on se retrouve à jouer devant personne (sur la grande scène, ndm) . Le rap est considéré ici comme un alibi social, et pas comme un style musical à respecter comme les autres (suit un rappel des conditions offertes aux groupes rap locaux, qui dépendent plus du statut économique et social que des capacités artistiques cad bonnes structures offertes parce qu'on vient d'un quartier défavorisé, pas forcément parce qu'on a du talent, ndm). C’est comme ce qui se passe aux Victoires de la Musique , où on met dans le même panier R’n’B, reggae et rap, qui sont pourtant des styles distincts, pour la catégorie « Musiques Urbaines ». Nous, on n'était pas vraiment intégrés dans la grande famille Béton. Je n'ai jamais été sollicité...
13) La recherche de samples, le "digging in the crates", qui amenait les idées pour composer? SV utilisait-il aussi des instruments joués (basse, claviers, batterie, guitares, cuivres, autres)? combien de millions de vinyles possèdes-tu?
Jay Pee et Dr Seb amenaient qq trucs, notamment des samples, Jaypee par exemple a amené des idées pour « Sitcom », « A Dan Cail La », « Erreurs commises », mais c'est surtout moi à 80% pour les idées, compos etc....Au niveau des instruments live, il m'est arrivé de me sampler à la guitare et aux claviers, de créer des lignes de basse. On a eu un musicien invité, Ronald Baker aussi ( un trompettiste, qui a joué sur un morceau du maxi. Il accompagnait aussi CFJ sur scène au début, ce qui surprenait les gens, ndm). Je refuse de ne dépendre que des samples (au départ c'était par manque de moyens, après parce ce que j'avais beaucoup d'idées pour composer, et c'est aussi une question d'ingéniosité, de débrouillardise). Je privilégie la création musicale, la transformation, je peux mettre du synthé aussi, par rapport à l'emploi de samples reconnaissables ou grillés( pour comprendre, écouter un morceau au hasard du second album de Public Enemy, et ensuite " I'll be missing you" de Puff Daddy, ndm). Sinon j'ai 12000 vinyles. Ce n’est pas pour spéculer ou par fétichisme du vinyle, mais parce que je suis un passionné de musique. J'aime bien sampler des sons isolés, une note par ci, un bruit par là, plutôt qu'un riff complet, ou récupérer des sons (anecdote off ? Freddy Jay évoque le morceau "Je Suis En Campagne", qui ferait frémir les tenants de la récente loi Hadopi , ndm)
14) (sachant que c'était une rubrique de l'émission LDD) Peux-tu nous parler des scènes ragga et ragga hip hop hexagonales?
En fait, les premiers à avoir sorti des trucs corrects en français, comparés à ce que la scène rap produisait au même moment ( 84-86, Destroyman & Jhonygo, Rapsonic…), ce sont Pablo Master ("En A En I En O"/ « Touche pas à mon pote » , et Mikey Mosman " La Cocaïne c'est le chemin de la mort", (et ces 45 T seraient sortis en 86,selon mes recherches internet, ndm). Ce qui m'a marqué, ce sont Raggasonic( pour les textes de "Bleu Blanc Rouge" et "Aiguisé Comme Une Lame", notamment), Rico de Sarcelles ( pas sur disque mais en concert, sound system et à Radio Nova...), Sai Sai et " Rouleurs à l'heure". Pour en revenir au local, le Wadada Sound System, c’étaient les seuls à l’époque, des pionniers, et ils étaient pointus, ils allaient chercher les disques à Paris, et dans beaucoup de villes de province, c’est difficile de dissocier la scène rap de la scène reggae ( la scène reggae/ragga est parfois la locomotive, ndm).
INTERVIEW FREDDY JAY début 2010
1) Présentation, qui es -tu, d'où viens-tu et où vas-tu...
Freddy Jay, anciennement Cool Freddy Jay, je viens de Tours , j’ai commencé ma carrière en tant que rapper et compositeur, aujourd’hui je suis DJ et compositeur
2) Formation musicale ?
Autodidacte, il y avait une guitare et une basse chez moi, et je me suis essayé à la batterie. J’ai été « mauvais » batteur dans un groupe. Sinon au lycée Choiseul, il y avait un piano et je m'entrainais dessus ( pendant les inter cours)
3) Comment on plonge dans le rap et le hiphop, et pas dans le reggae, le funk ou le rock?
En fait j'ai eu un coup de coeur direct pour le rap, dés le départ. J’étais plus intéressé par les parties rappées dans les morceaux funk. Ca c'était avant "HIPHOP" de Sidney ( je précise, ndm). Je suis tombé sur "The Message" de Grand Master Flash & Furious Five et "Genius Of Love" de Tom Tom Club, ça m'a mis une gifle. En plus j'avais vu un reportage sur le graffiti à la télé ( illustré par ces deux morceaux). Après j'ai acheté l'album "White Lines" de GMF, et je me suis mis au scratch, en entendant le (fameux) morceau "The Adventures of Grand Master Flash At the Wheels Of Steel". « White Lines », ça a été le premier disque acheté avec mes sous ! J'aimais bien la dynamique du rap, et dés le départ j'ai eu la certitude,/prémonition que ça allait devenir énorme. A l'époque ( on se situe maintenant vers 84-85, ndm) j'essayais de choper Radio 7 de Sidney sur PO ( "petites ondes", à l'opposé de FM ou"GO, "grandes ondes", il y avait aussi OC, ondes courtes, ndm), et je suis tombé sur une radio anglaise, Capitol Radio, avec une émission hiphop présentée par Mike Allen, l'équivalent de DJ Magic là bas, et là j'ai découvert Doug E Fresh, Roxanne Shante, le World Class Wrekking Crew, Mantronix. Tout ça après l'époque smurf ( sous entendu j'étais resté passionné après le "départ" de Sidney, ndm). J'enregistrais des k7, et j'essayais d'acheter les disques, notamment ceux provenant de 2 labels, Def Jam et Cold Chilling records ( Marley Marl & Juice Crew pour les novices, ndm). A cette époque, je pensais être le seul en France, et en avance , en tout cas sur Tours, à être mordu de hiphop, ce n'était pas aussi répandu/connu que le reggae ou le rock, ici. Pour revenir à Grand Master Flash & The Furious Five, mon idole c’était Melle Mel, et quand j’ai commencé à rapper, c’était en anglais.
4) Comment devient-on DJ et producteur?
Par le scratch de GMF, et puis je composais de toute façon dans ma tête plus ou moins, et puis je tripotais les instruments à ma disposition. L'étape suivante a été d'organiser des soirées pour me payer du matos ( boite à rythmes etc...).... et de fil en aiguille, devenir rapper/producteur moi même ( là j'extrapole, ndm)
La rencontre avec Radio Béton, ça se produit comment, et comment on aboutit aux émissions "Tankya Du Son" et puis " La Dernière Dimension "?
Moi j'ai commencé sur Radio Star à St Avertin (avec un gars plutôt dans le funk). Je suis rentré à "Tankya Du Son" vers 90. Taksi au départ avait une émission sur RFM, plutôt reggae (il passait du Pablo Master, du Mickey Mosman) et moi j'adorais ça. En plus il passait un peu de rap ( suit une anecdote sur les disquaires vinyles "grand public" de l'époque, Bouvier disques et Terre Des Hommes, au niveau de la place J Jaurés back in ze dayz, et d'un maxi des Fat Boys; notamment de sa face B, que Freddy pensait être le seul dans la ville à avoir repéré, ndm). A Tours il y avait un groupe funk, VISA D’EXPULSION, et rien en rap, à cette époque (fin des années 80, ndm). Bref Taksi et moi, on s'est rencontrés, on a discuté, il y avait un sound system dont il faisait partie, le WADADA SOUND SYSTEM, avec Papa Vanny ( Giovanni, son vrai prénom, ndm) et d’autres. Le WSS gérait l’émission « Tankya Du Son » . et je me suis bien entendu avec Giovanni. Lui avait bien capté la vibe rap . On m'a offert un espace dans l'émission "Tankya Du Son",sur Radio béton, qui était orientée reggae/ dancehall.. et moi j'avais droit à 1/4 d'heure de rap ( sur 2h d'émission, c'était de 14 à 16h,le samedi , ndm). Ensuite j'ai intégré le Wadada Sound System , idem, plutôt reggae et pas trop rap.Seulement, les "anciens"( ils avaient la trentaine, donc plus vieux que moi à l’époque) voulaient préserver leur couleur reggae/dancehall, alors que moi j’arrivais avec du rap pur et dur ( comme le « Pure & Uncut Funk » de Clinton, ndm). Donc, comme c'était l'époque où KRS 1 essayait d'intégrer du reggae au rap, sans oublier la démarche des Demon Boys , Asher D ( UK) Daddy Freddy, Poor Righteous Teachers, j'ai plus ou moins lancé une partie ragga hiphop dans mon set avec le sound system, un compromis.
LA DERNIERE DIMENSION ( the story)
Le problème c'est que 15 mns ça passe vite ( bon j'extrapole, ndm), j'étais frustré, donc j'ai voulu avoir mon émission. Comme c'était difficile d'obtenir un créneau sur Béton, j'ai utilisé la technique du cheval de Troie, j'ai enregistré un projet d'émission de rock fusion ( genre Living Colour, Red Hot Chili Peppers, Fishbone), ça a été accepté et j'ai démarré La Dernière Dimension le lundi soir (repères temporels, on est au début des 90ies ou à la fin des années 80, ndm). Attention, le rock fusion ça m’intéressait. Pour moi, ça montre que le rap se « propageait » dans d’autres styles, non seulement le jazz (avec l’acid jazz), le R’n’B ( avec des producteurs comme Teddy Riley et son « new jack swing »), et donc le rock, avec la fusion ( Freddy cite les Hollandais de Urban Dance Squad, assez populaires à l’époque, avec des morceaux comme « Demagogue », ndm), mais on retrouvait aussi de la guitare musclée, saturée dans des titres rap, comme « No More Rock’N’Roll » de Schoolly D, « Go Cut Creator » de LL Cool J, « Dope Beat » de KRS 1, et Run DMC également ( « King Of Rock » par exemple, ndm).Peu à peu il y a eu de plus en plus de rap, et c'est devenu la première émission du genre, à Tours (100% rap).
Cela dit, pour revenir à « Tankya Du Son », il y a eu l’influence du Deenastyle sur Radio Nova, des rappers débutants qui venaient faire des freestyles. Vanny et moi on a insisté pour qu’il y ait une rubrique « micro ouvert » dans l’émission ( là c’est moi qui emploie le mot, pas Freddy, ndm), et des jeunes sont venus improviser, proposer leurs textes, parmi eux Brahim et ses frères. Entre temps, je suis parti travailler près de la frontière italienne, pendant un an, et lorsque je suis revenu, Brahim et ses comparses avaient intégré Wadada Sound System ( et ils apparaissaient régulièrement dans TDS, ndm). Et c’est aussi à ce moment que j’ai décidé d’avoir mon émission, LA DERNIERE DIMENSION
Je voulais que LDD soit comparable au Deenastyle, et en parallèle j’essayais de monter un groupe. Les gens enregistraient le Deenastyle, et les cassettes circulaient, elles sont même précieuses pour certains. Le but de « La Dernière Dimension » c’était aussi de diffuser l’information sur le rap, d’être une plateforme de cette culture, parce que pour moi ça ( le rap, ndm) allait au-delà du divertissement, il y avait un côté militant aussi engagé. L’idée c’était que n’importe qui , s’il ou elle tombait sur l’émission par hasard,devait comprendre ce qu’on disait ( donc pas de jargon de spécialiste, pas d’argot, j’extrapole, ndm). LDD s’est aussi monté avec Seb ( voir la partie CFJ/ Sekta Voodoo, ndm), à qui j’ai proposé une rubrique , et qui au fil du temps s’est chargé/ a été chargé de traquer l’info, les nouveautés. Au départ, pour alimenter la partie musicale, je me procurais la version cd des disques, parce que petit budget… Une anecdote d’ailleurs, Seb avait réussi à choper à Paris le cd de « La Haine », et nous avait fait écouter au téléphone le morceau « Requiem » de La Cliqua , à l’époque le disque n’était pas encore disponible sur Tours…
COOL FREDDY JAY & SEKTA VOODOO story
En parallèle ( à l’aventure radiophonique, ndm) je voulais monter un groupe. Je cherchais un scratcheur et un clavier, et j'ai trouvé Renaud ( DJ Phantom), pour la partie scratch (après avoir tenté l’expérience avec d’autres postulants, ndm). Au final, on a obtenu la 1ère partie de Poupa Claudio au Bateau Ivre ( pour les novices, Poupa Claudio , de Montpellier je crois, en tout cas du sud de la France , a fait partie de la vague raggamuffin & dérivés sudiste du début des années 90, avec Massilia Sound System (et Tokow Blaze) de Marseille, Fabulous Trobadors (et le projett plus rap Bouducon Productions) de Toulouse, ainsi que Zebda à ses débuts, nostalgiques de Rapline, vous savez de quoi je parle, ndm). C'était en 1992 je crois, et ça s'est très bien passé pour nous. Renaud trainait avec des danseurs du Pyms, l'émission commençait à cartonner, et le rap , sur le plan national, montait, donc on a profité d'une dynamique. Seulement à Tours, c'était calme au niveau rap... (là on fait un petit retour qq années avant je pense, ndm) .En fait, j'avais démarré en solo, j'avais fait un break, loin de Tours, ( voir la partie TDS, LDD, ndm)pendant ce temps j'ai composé pas mal de trucs, et quand je suis revenu, j'ai voulu recruter un compère pour le scratch, et la scène, donc. J'ai effectué un concert ( filmé) , aux Fontaines, mais tout seul ce n'était pas au point, il me fallait un groupe ( là j'extrapole, ndm), d'où le recrutement de DJ Phantom, et d'autres. Le groupe se nommait à l'époque Cool Freddy Jay, et on a fait notamment les 1ères parties de IAM et NTM.
Que dire de la scène rap tourangelle entre 1989 et 1999? Et provinciale?
La scène rap tourangelle? Il y avait Wadada's Rappers Beurs et Brahim (qui ont bossé avec Massilia Sound System, tout de même), Non Conforme A La Norme , le groupe d’Ali, de St Pierre Des Corps, au tout début, et puis 6eme Continent, au niveau des groupes sérieux/importants. On peut citer aussi (dans le sillage de 6eme Continent) Good J Rex, qui a eu un album sorti chez Night & Day ( « BDJ », 1997, ndm). Il n'y a pas grand chose à en dire sinon, j'oublie quelques groupes de Joué comme le 37300 Gang, dans un délire West Coast/ G funk. Mais Sekta Voodoo n'était pas trop dans le trip gangsta et racailleux,. Et ils ( 37300 Gang, ndm) n’avaient pas le même background que nous. Sekta Voodoo/ Cool Freddy Jay, nous étions les premiers à faire du rap sérieusement, sur Tours. Nos influences et notre attitude, c’était plutôt Public Enemy ou KRS 1 ( « edutainment », ndm), on avait un côté militant. On voulait redonner une certaine dignité aux Noirs, faire connaître l’histoire, pour nous le rap c’était le Black CNN ( comme disait Chuck D de PE, ndm). On était un groupe de rap conscient. La génération d’après, notamment 37300 Gang, a eu comme références le côté « tenir les murs de la cité », le côté gangster... Et le rap (local, ndm) est devenu une histoire où chacun essayait de promouvoir ( « représenter », ndm) son quartier avant tout, St Pierre, la Riche , Joué-les-Tours, avec en parallèle peu de structures compétentes pour accueillir les groupes et leur permettre de se développer artistiquement( locaux pour les répétitions par exemple). Sekta Voodoo ne s'est pas situé comme relevant de tel ou tel clan, de telle ou telle cité. Pour la province, on avait le problème du snobisme parisien, il y avait un groupe comme Soul Choc (Angers) et le label Bastion, ils auraient dû éclater, avoir beaucoup plus d'écho que ce qu'ils ont eu.
On va parler de SEKTA VOODOO, mais avant ça, est-ce que tu faisais partie d'un groupe rap avant SV, ou est-ce que tu officiais dans le milieu rap/hiphop avant SV?
Sekta Voodoo, au départ c’est mon projet, que j’ai démarré à mon retour sur Tours, ça s'appelait [par conséquent] Cool Freddy Jay, vu que c'étaient mes idées, mes compos, mes textes, et j’étais seul fondateur, ensuite j'ai formé mon DJ pour que le concept soit viable sur scène, que ce soit plutôt un groupe, justement. Après , c’est devenu une entité plus large, davantage de personnes impliquées, donc on a changé le nom, c'était au moment où on a signé chez Atmosphériques ( à ce jour il n'existe pas de bio bien étoffée sur Internet de Sekta Voodoo, donc faut lire l'itw jusqu'au bout, ndm). Au départ tout le monde, cad la diaspora afro-antillaise, écoutait Tankya Du Son, donc on avait un vivier. Les gens s'intéressaient. Kool 16 (arrivé en 1995 selon sa propre bio, ndm) a accéléré les choses, au départ il est parti démarcher TDS, et Papa Vanny l'a dirigé sur La Dernière Dimension , il est venu, il a rappé (un peu à côté du beat, mais avec un style particulier), et il nous a dit qu’il faisait partie du collectif NEGKIPAKAFELAFET, et on a été bluffés, parce que j’avais reçu l’album et j’avais trouvé ça inhabituel, ça tranchait avec les textes soft plus ou moins liés au zouk ou ce à quoi on peut s'attendre. C'était cru, c'était militant, et ça nous a un peu ré-orientés. On s'est dit, du coup, qu'il fallait arrêter de s'inspirer des Etats-Unis, et faire notre truc en ajoutant le créole au concept CFJ. Kool 16, vu qu’il venait d’arriver, était plus proche de la source que nous, qui l’utilisions moins ( Freddy et son frère Jaypee, ndm), les textes ont donc intégré français et créole, et du coup, ça parlait à une partie de la jeunesse antillaise sur Tours. Mais sans vouloir à tout prix ne viser que cette communauté. Sekta Voodoo s’adressait à tout le monde. [Mais pour en revenir à l’histoire du groupe, ndm] Renaud, que j’ai rebaptisé DJ Phantom, au départ, il était claviériste, mais comme il s’intéressait aux platines, je l’ai formé. On répétait le dimanche après midi, chez lui, et comme il habitait près du Pyms ( boite de nuit assez connue à Tours, ndm), certains habitués le connaissaient. Seb alias Dr Seb, il nous a vus en première partie de MC Solaar à Montlouis…il sortait du lot, plutôt posé , dans son coin, lorsqu’ il assistait à nos répétitions, il était féru de rap français, alors que moi j’écoutais beaucoup de rap US, et de fil en aiguille, je lui ai proposé une rubrique dans LDD…Et puis Dr Seb avait une voiture, donc avec la mienne, le transport était assuré lorsqu’on effectuait des concerts aux quatre coins de l’hexagone ( c’est moi qui ajoute les 4 coins d’un polygone qui a plus de 4 côtés, élève international, kmer joke, ndm). Il y a eu un turnover important dans le groupe…Jaypee est arrivé assez tôt dans le line up. On a eu des chanteuses, Rachel, Muriel aussi, et Anastasia, puis Kool 16.
Pour approfondir le concept ( rapper en créole, se démarquer du rap américain de l'époque), on a cherché un nom, différent justement des lettres ou des chiffres, comme DITC, OGC (Original Gunno Clappaz, petit rappel, on est en 95-96, on peut citer 2Pac, KRS1, ou même Jay Z, "J" et "Z" en anglais, et puis pour les plus vieux, NWA, NTM, IAM, TSN..got it? ndm ) Alors on s'est basés sur le côté clan, au sens de meute, posse, collectif -> secte --> SEKTA et puis le côté un peu sombre, tchimboi, quimboiseur ( personne capable de lancer de mauvais sorts, ou de lutter contre les magiciens noirs bref on est dans le monde de la sorcellerie), qui nous a donné VOODOO ( références aussi à Haïti). Et certains ont cru que c'étaient des Haîtiens qui rappaient! Bref on a essayé de trouver un nom de groupe cohérent au fait que l'on rappe en créole, et que ça sonne. En plus on avait donc une nouvelle recrue, Anastasia, une rappeuse. Un mélange de EVE des débuts, et de Lady Of Rage, pour son attitude sur scène ( d'Anastasia, ndm). Son premier concert avec nous, c'était à la Fête de l'Humanité, on lui avait écrit un texte, on ne savait pas trop à quoi s'attendre sur scène, et elle nous a estomaqués, ce jour-là ( j'extrapole, ndm). Ce n'était pas un faire valoir, une potiche. Pour résumer,au niveau du line up, il y avait un scratcheur ( DJ Phantom), une bonne rappeuse (Anastasia), JayPee comme rapper et danseur ( JP est l'un des frères de Freddy Jay, ndm), ainsi que Kool 16 et Freddy Jay, donc un spectacle solide. Les séquences scratch étaient fouillées ( repérage des bonnes phrases dans les disques rap français, par Dr Seb)…
Au niveau des concerts, visuellement on avait Dr Seb et DJ Phantom derrière, et les 4 autres ( Jaypee, Anastasia, Freddy, Kool 16) devant. Il y avait un vrai show DJ, une assise, et une complémentarité entre Seb et Phantom. Dr Seb sur scène gérait les W 30 ( des appareils permettant de sampler, et avec aussi une fonction clavier), les chœurs aussi. A la base, au début de CFJ, on samplait en direct, on attrapait la phrase musicale voulue sur le vinyle, parce qu’on n’avait pas de sampler, juste les platines, les disques et une boîte à rythmes (donc pas de sample pré-sélectionné par une machine, c’était de l’artisanat à la TF 1 13h, môssieu, just joking, ndm)…ce qui donnait un côté live, spontané, différent du rap scénique « orthodoxe » ( là c’est moi qui précise, en gros la platine et le vinyle avaient véritablement le même rôle qu’un instrument classique, basse ou guitare ou piano, pas de machine intermédiaire, ndm). Ensuite on a eu les W30. J’ai choisi ce procédé, et pas de DAT, parce que ça ajoutait de la spontanéité, comme un instrument classique. C’était (entre autres fonctions pour SV, et on parle des W30, ndm) un réservoir à samples de rap français ( Dr Seb , qui écoutait pas mal de rap français , nous donnait de bonnes idées), et on en avait 2 parce qu’il fallait un certain temps pour que la machine soit opérationnelle ( une disquette à charger). Le travail de Seb ( pointu sur le rap français, donc faisait qq repérages) fourni pour les concerts, renforçait sa crédibilité dans LDD, et vice versa, et plus globalement l’entité CFJ/ SK bénéficiait du concept de LDD, et vice versa aussi.
A part vous, qui rappait en créole (si tu acceptes ce terme) ou même avant? Et comment la décision se fait (de rapper en créole)?
(le lecteur averti aura remarqué que la réponse se situe dans la question précédente , en grande partie)
Avec SV, on a été les premiers a priori, sinon il y avait Rootsneg qui mettait un peu de créole, mais ce n'était pas la même démarche, et bien sûr Negkipakafelafet (eux rappaient exclusivement en créole). Une petite précision, Kool 16 rappait en français au départ…
9) SEKTA VOODOO, groupe sur label indépendant, autoproduit, ou sur une major, est-ce que vous aviez réfléchi à cela ( par exemple refus de signer sur une major de toute façon ou ouverts à toute possibilité)?
SV a tout de suite été sur major. CFJ ( Cool Freddy Jay) a été signé parce qu'on tournait beaucoup ( 30 dates par an), on démarchait les maisons de disques. Pas d'autoproduction parce que je n'étais pas Crésus. On a d'abord été signés en édition par Marc Thonon qui démarrait sa structure, qui sera donc Atmosphériques, un "gros" label indé adossé à une major ( Tréma). Atmosphériques avait un deal avec Tréma (d'après ce que j'ai compris, Atmosphériques c'était la partie "direction artistique/ développement" et Tréma s'occupait du reste, marketing, distribution etc..., ndm). Bref on a signé en édition, puis en production.
10) Comment on gère un groupe a priori non "commercial" ( façon Alliance Ethnik, Mellowman), au niveau de la promo ( pages de pub, affiches, stickers, street team(s)), des concerts à trouver, du studio à réserver, de la mise en bacs des disques & du suivi des ventes, et d'autres démarches liées au quotidien d'un artiste? on délègue à un manager ou pas? Anecdotes?
On a imposé quelques trucs/ apporté notre touche, par exemple au niveau de certains visuels etc... le handicap, c'était qu'on était provinciaux, on n'avait pas de relai "national" ( je demande à Freddy si on a voulu leur imposer un single, un morceau fort avant tout, au détriment du reste, ndm). le morceau "fort", le single voulu par la maison de disques? On avait "L'An 2000", un morceau "radio friendly" ( suit un échange sur la capacité pour un artiste à garder son intégrité tout en comprenant les exigences du showbiz, à savoir vendre des disques, ndm). Pour la promo et les concerts, on se débrouillait par nous -mêmes , c'est Didi qui nous servait de manager et démarchait( Suit un passage sur les péripéties de Sekta Voodoo et des sorties de disques, ndm). On a fait un premier maxi (sous le nom de) Freddy Jay, puis un autre maxi, "Gravé sur CD" (1998), que les programmateurs ont trouvé "louche" (car s'écartant des canons du rap orthodoxe américain, Gangstarr , Mobb Deep etc...), ensuite on a sorti un EP avec le morceau "L'An 2000", où les maquettes sont devenues les masters. Pourquoi? Parce que les ingénieurs du son ne correspondaient pas, ils ne nous donnaient pas le son qu'il nous fallait. Au final, on a pris Mario Rodriguez ( qui a bossé avec Mobb Deep) pour mixer les morceaux "L'An 2000" et "I Only know Misery". C'est un problème de réseau et de rapports de forces au sein du show biz parisien, Marc Thonon n'avait pas le pouvoir d'imposer à sa hiérarchie de bons techniciens pour finaliser un album de rap "provincial" dans de bonnes conditions ( Freddy Jay compare ensuite la situation avec celle du groupe Afrojazz, signé grâce à la stature de Joey Starr, et qui a bénéficié de pas mal de privilèges pour l'enregistrement de son album "Afrocalypse" en 1997, ndm). En parallèle l'album est enfin finalisé, mais voit sa sortie retardée. On a fait une "ouverture de tiroir" (précisons que Freddy a insisté auprès du label pour que la situation se débloque, ndm), cad il y a eu un pressage spécifique pour la promo de l'album "Attitudes.. L'envers du Décor" aux Antilles, j'ai fait le tour des radios là bas , (tournée promotionnelle financée par le label, ndm), on a eu un très bon accueil, sur certaines stations, le disque avait la même rotation que "Première Consultation" de Doc Gynéco, les gens voulaient acheter le disque, mais comme l'album n'était pas dans les bacs car aucun deal de distribution (Sony distribue Tréma mais pas aux Antilles). C'était un coup pour rien. Finalement l'album n'est pas sorti, j'ai décidé de quitter le label (casser le contrat?ndm) et SV a splitté. Des anecdotes? Un concert aux Transmusicales avec KDD et Afrojazz, le concert de SV a bien plus sauf que les journalistes ont confondu le groupe avec KDD ( après tout, les Noirs se ressemblent tous , just joking, et en plus des provinciaux, ndm) dans leurs compte-rendus.
COMPLEMENT DE FREDDY
Tu sais, c’est difficile pour un groupe d’avoir du recul sur ce qu’il crée. Le truc c’est qu’il faut être capable de passer à la radio, être capable de faire des tubes, vu que la maison de disques, elle veut vendre des disques. La musique c’est un business, on doit vendre pour continuer( de créer artistiquement, ndm), et même si quelqu’un « blanchit » de l’argent ( Freddy fait allusion aux labels un peu gangsta fondés à partir du deal de substance illicite, n’est-ce pas Eazy E et Ruthless (rumeurs ou faits avérés…l’avenir tranchera), Harry O et Deathrow recs, et les rumeurs autour de Secteur Ä, lire l’itw de KENZY dans Radikal, et d’autres et d’autres…ndm), cette personne doit se refaire, elle ne veut pas perdre d’argent. Maintenant, être capable de faire des tubes dans le hiphop, c’est compliqué, surtout si on n’est pas connu, et si on n’a pas recours à des samples grillés ( un sample grillé, c’est un sample issu d’un tube funk, rock, pop, reggae, exemple flagrant, « Ces Soirées-là » de Yannick, de la Mafia Trece , qui nous a resservi « Cette Année-là » d’un franco-égyptien roi du disco… Claude François pour ceux qui n’ont pas deviné, ndm). NTM a fait « La Fièvre », IAM a fait « Le Mia ». Si tu veux, ce qui a permis au rap de décoller en France (et de s’installer durablement, ndm), ce sont des tubes, comme Coolio et « Fantastic Voyage », « Next Episode » de Dr Dre aussi, et d’autres trucs.. Nouvelle Donne, (label indé français, ndm) a « pondu » des tubes aussi, comme « Je pète les plombs » de Disiz La Peste ( Freddy évoque aussi Kamnouze et Django Jack, ndm). Une maison de disques doit écouler ses produits, et elle a besoin d’outils (un hit) pour ça (convaincre les media, ndm). Elle a des réseaux ( des media qu’elle juge adéquats pour « répandre sa bonne parole », et/ou susceptibles de toucher des cibles facilement converties au message promotionnel que la maison de disques veut envoyer, en clair des gens qui adoreront tel ou tel artiste parce que cet artiste correspond à leurs attentes, et que la maison de disque a anticipé cette attente, ndm), et elle doit faire correspondre ses réseaux à ce qu’elle vend ( Freddy le dit plus simplement,ndm). Donc, concernant la relation artiste/ label, la maison de disque suggère ( des démarches/plans pour promouvoir la création, ici l’album de l’artiste, ndm) et l’artiste choisit, la façon de vendre le disque. Il y a des concessions à faire, ça dépend de chacun ( Freddy ajoute aussi que si l’artiste n’est pas satisfait de la façon dont la maison de disques envisage la promotion, ou s’il pense être capable de proposer mieux, autant se débrouiller sans maison de disque, mais par soi-même, je résume of course, ndm).
On a donc dit qu’il faut des réseaux ( je reformule/retranscris ce que dit Freddy Jay à ma sauce), même en indépendant, la diffusion c’est vital ( et là j’aborde les façons de contourner une hostilité ou une indifférence des media, notamment les concerts, en comparant avec la scène punk dans les années 80-90, ndm)…là on va aborder les handicaps du rap français, déjà il y a la langue, le marché est limité ( à la francophonie a priori, ndm)…la scène electro a contourné ça avec des créations instrumentales (albums ou maxis,sans vocaux, je précise car je suis grand public , just joking, ndm). Et il y a la scène…on a (eu) des groupes de scène comme La Cliqua , NTM, IAM (un peu moins), mais en général, pour les concerts ça coince parce qu’on peut avoir un « public à risque » ( les habitants des fameux « quartiers », avant on disait « quartiers populaires », et encore avant on disait « la banlieue » ou « les sauvageons », bref le « public à risque » c’est le basané, pas tibulaire mais presque, sweat à capuche, baskets, grand ami de Nadine Morano ou des karchers de Nicolas, just joking, ndm) turbulent potentiellement, et d’autant plus que parfois le spectacle sur scène n’est pas de qualité ( ce que veut dire FJ c’est que les rappers ne travaillent pas assez leurs prestations scèniques, un des reproches récurrents de la rubrique « Terrordome » de Chuck D d’ailleurs par rapport à ses collègues outre Atlantique, et par conséquent le public va s’ennuyer, et éventuellement se distraire autrement. Freddy parle de groupes qui l’ont vraiment déçu en concert, alors qu’il adorait les disques , je n’ai pas réussi à lui extorquer de nom mais je pense que le Wu Tang Clan (selon NTM) ou plus récemment les Bone Thugs & Harmony qui auraient rappé par-dessus leurs vinyles, ne donnent pas vraiment une bonne image du rap onstage, ndm).
11) Par exemple, comment on se retrouve au festival Aucard, sur la grande scène (et à jouer en premier)?
( Freddy répond sur la place attribuée,ndm) La problématique, c’est la confusion entre le rap en tant qu’art, et l’expression d’une réalité sociale, qui peut être véhiculée par le rap. Pour Béton, (le fait que Sekta Voodoo joue au concert de clôture, ndm) c’était l’os jeté en pâture aux gens des quartiers. On ne pouvait pas ignorer le phénomène ( le mouvement rap & hiphop, ndm) mais on ne voulait pas faire de place au style musical. C'est du mépris. En fait on avait joué à la prison de Tours, et après on se retrouve à jouer devant personne (sur la grande scène, ndm) . Le rap est considéré ici comme un alibi social, et pas comme un style musical à respecter comme les autres (suit un rappel des conditions offertes aux groupes rap locaux, qui dépendent plus du statut économique et social que des capacités artistiques cad bonnes structures offertes parce qu'on vient d'un quartier défavorisé, pas forcément parce qu'on a du talent, ndm). C’est comme ce qui se passe aux Victoires de la Musique , où on met dans le même panier R’n’B, reggae et rap, qui sont pourtant des styles distincts, pour la catégorie « Musiques Urbaines ». Nous, on n'était pas vraiment intégrés dans la grande famille Béton. Je n'ai jamais été sollicité...
13) La recherche de samples, le "digging in the crates", qui amenait les idées pour composer? SV utilisait-il aussi des instruments joués (basse, claviers, batterie, guitares, cuivres, autres)? combien de millions de vinyles possèdes-tu?
Jay Pee et Dr Seb amenaient qq trucs, notamment des samples, Jaypee par exemple a amené des idées pour « Sitcom », « A Dan Cail La », « Erreurs commises », mais c'est surtout moi à 80% pour les idées, compos etc....Au niveau des instruments live, il m'est arrivé de me sampler à la guitare et aux claviers, de créer des lignes de basse. On a eu un musicien invité, Ronald Baker aussi ( un trompettiste, qui a joué sur un morceau du maxi. Il accompagnait aussi CFJ sur scène au début, ce qui surprenait les gens, ndm). Je refuse de ne dépendre que des samples (au départ c'était par manque de moyens, après parce ce que j'avais beaucoup d'idées pour composer, et c'est aussi une question d'ingéniosité, de débrouillardise). Je privilégie la création musicale, la transformation, je peux mettre du synthé aussi, par rapport à l'emploi de samples reconnaissables ou grillés( pour comprendre, écouter un morceau au hasard du second album de Public Enemy, et ensuite " I'll be missing you" de Puff Daddy, ndm). Sinon j'ai 12000 vinyles. Ce n’est pas pour spéculer ou par fétichisme du vinyle, mais parce que je suis un passionné de musique. J'aime bien sampler des sons isolés, une note par ci, un bruit par là, plutôt qu'un riff complet, ou récupérer des sons (anecdote off ? Freddy Jay évoque le morceau "Je Suis En Campagne", qui ferait frémir les tenants de la récente loi Hadopi , ndm)
14) (sachant que c'était une rubrique de l'émission LDD) Peux-tu nous parler des scènes ragga et ragga hip hop hexagonales?
En fait, les premiers à avoir sorti des trucs corrects en français, comparés à ce que la scène rap produisait au même moment ( 84-86, Destroyman & Jhonygo, Rapsonic…), ce sont Pablo Master ("En A En I En O"/ « Touche pas à mon pote » , et Mikey Mosman " La Cocaïne c'est le chemin de la mort", (et ces 45 T seraient sortis en 86,selon mes recherches internet, ndm). Ce qui m'a marqué, ce sont Raggasonic( pour les textes de "Bleu Blanc Rouge" et "Aiguisé Comme Une Lame", notamment), Rico de Sarcelles ( pas sur disque mais en concert, sound system et à Radio Nova...), Sai Sai et " Rouleurs à l'heure". Pour en revenir au local, le Wadada Sound System, c’étaient les seuls à l’époque, des pionniers, et ils étaient pointus, ils allaient chercher les disques à Paris, et dans beaucoup de villes de province, c’est difficile de dissocier la scène rap de la scène reggae ( la scène reggae/ragga est parfois la locomotive, ndm).
Friday, April 30, 2010
A Message to the Black Woman, Man, Child.. and the others ( taken from Davey D's website)
Malcolm X "Killer" released after 44 years
Sure today a bunch of people are gonna be up in arms and have been up in arms when it was announced that Thomas Hagan the only man who admitted his role in the 1965 killing of Malcolm X was paroled yesterday. He had been in jail 44 years… As far as I’m concerned homeboy has gotten what he fully deserved-44 years is a lifetime. However, before folks start picketing the parole board and start sending petitions to some how reverse this decision, I suggest we fall back and go after the real killers-The CIA, FBI and high-ranking members of the United States government.
Sure Hagan played a role. He’s admitted to that but at the end of the day he’s small fry, the proverbial street dealer that existed within the larger machinery and movement that working overtime to slay Malcolm X. In pursuing the real killers of Malcolm, we can start by demanding an official apology from the government for the implementation of Cointel-Pro. We can also demand that any building with the name J Edgar Hoover be stripped of his name and when his name pops up in our history books we don’t want it removed. In fact we want it highlighted. People need to know his name for the next 400 years. We just need to put his name right up there with Adolf Hitler and tell future generations Hoover was piece of shit who ruined lives, destroyed communities, was the architect to assassination and incarceration of those who tried to do good. We need to be taught guys like Hoover and his actions were a detriment to this country. That’s what we need to be pursuing. Like I said Hagan is smalltime.
J Edgar Hoover was one of the 'real killers' of Malcolm X
After we get that apology we need to get compensation. Maybe we can’t reparations for slavery because Henry Louis Gates might be dragged out to write another NY Times essay telling us why that’s such a foolish notion, but we can at least demand reparations for communities like Harlem that were pyschologically crippled after Malcolm was killed. He was a vibrant leader and a pillar who helped put folks on the right path. We can think outside the box and perhaps get several top-notch Universities built or monies given to sbuild up several Black colleges with provisions and resources that would allow several generations of students to attend for free.. .
In addition we need to have the relentless pursuit of those involved with the manipulation and conspiracy to murder Malcolm X brought to justice. Our government has spent millions chasing down former Black Panthers, for 30 and 40 years after the fact. The most recent example was the case around the SF8..who have all been acquitted. The last member Francisco Torres has been offered a deal to plea guilty and no jail time. He’s saying hell naw, because he’s innocent so our esteemed government is plowing along spending millions. That same sort of fervor needs to be directed at those officials past and present who sought to undermine and create tensions and crisis in leadership that eventually led to people like Hagan killing leaders like Malcolm. As far as I’m concerned the ‘Real Killers’ of Malcolm never went to jail. The irony to this whole thing is that Malcolm’s killer have been allowed to build jails and work overtime building a prison population that went from 200 thousand when Malcolm was killed to well over 2 million 45 years later.
Malcolm X "Killer" released after 44 years
Sure today a bunch of people are gonna be up in arms and have been up in arms when it was announced that Thomas Hagan the only man who admitted his role in the 1965 killing of Malcolm X was paroled yesterday. He had been in jail 44 years… As far as I’m concerned homeboy has gotten what he fully deserved-44 years is a lifetime. However, before folks start picketing the parole board and start sending petitions to some how reverse this decision, I suggest we fall back and go after the real killers-The CIA, FBI and high-ranking members of the United States government.
Sure Hagan played a role. He’s admitted to that but at the end of the day he’s small fry, the proverbial street dealer that existed within the larger machinery and movement that working overtime to slay Malcolm X. In pursuing the real killers of Malcolm, we can start by demanding an official apology from the government for the implementation of Cointel-Pro. We can also demand that any building with the name J Edgar Hoover be stripped of his name and when his name pops up in our history books we don’t want it removed. In fact we want it highlighted. People need to know his name for the next 400 years. We just need to put his name right up there with Adolf Hitler and tell future generations Hoover was piece of shit who ruined lives, destroyed communities, was the architect to assassination and incarceration of those who tried to do good. We need to be taught guys like Hoover and his actions were a detriment to this country. That’s what we need to be pursuing. Like I said Hagan is smalltime.
J Edgar Hoover was one of the 'real killers' of Malcolm X
After we get that apology we need to get compensation. Maybe we can’t reparations for slavery because Henry Louis Gates might be dragged out to write another NY Times essay telling us why that’s such a foolish notion, but we can at least demand reparations for communities like Harlem that were pyschologically crippled after Malcolm was killed. He was a vibrant leader and a pillar who helped put folks on the right path. We can think outside the box and perhaps get several top-notch Universities built or monies given to sbuild up several Black colleges with provisions and resources that would allow several generations of students to attend for free.. .
In addition we need to have the relentless pursuit of those involved with the manipulation and conspiracy to murder Malcolm X brought to justice. Our government has spent millions chasing down former Black Panthers, for 30 and 40 years after the fact. The most recent example was the case around the SF8..who have all been acquitted. The last member Francisco Torres has been offered a deal to plea guilty and no jail time. He’s saying hell naw, because he’s innocent so our esteemed government is plowing along spending millions. That same sort of fervor needs to be directed at those officials past and present who sought to undermine and create tensions and crisis in leadership that eventually led to people like Hagan killing leaders like Malcolm. As far as I’m concerned the ‘Real Killers’ of Malcolm never went to jail. The irony to this whole thing is that Malcolm’s killer have been allowed to build jails and work overtime building a prison population that went from 200 thousand when Malcolm was killed to well over 2 million 45 years later.
Wednesday, February 03, 2010
Monday, January 25, 2010
Time to get busy as would Flavor Flav say...Busy times indeed, since I decided to work on a book devoted to French gangsta rap and G funk influenced scene in the 90ies, you know those kind of acts like EXPRESSION DIREKT, EJM, TOUT SIMPLEMENT NOIR, MINISTERE AMER.. and not only that, but explore their influences which come from California ( Above The Law, Compton's Most wanted, Eazy E & NWA, Paris, Conscious Daughters, South Central Cartel...) and the influences of the influences, I mean funk bands like Ohio Players, Slave, Cameo, Kleer ( Woddy Cunningham r.i.p.), Gap Band, SOS Band, Rick James & Stone City band, Parliament Funkadelic...the name of the book? Not Bootsy , baby, but " RIEN DE BON SUR LA FM" and it would come at CAMION BLANC publishings
Friday, October 02, 2009
Just some words about Mr Magic who left us (RIP), Mr Magic was a famous radio DJ, a hip hop one, and one of the forerunners... I think he's well known for the " No more music for the suckers" aimed at first PE album, but it seems he was far more than that, go checking Davey D website for more info
Tuesday, August 25, 2009
ENOIS SCROGGINS, un artiste plutôt Funk 80ies, nous a gratifiés d'un album le mois dernier, "One For Funk & Funk For all" (oui c'est très pompeux je sais, t'as qu'à faire l'intro, toi, hein...au lieu de râler!!!)Et il accepte de répondre à nos questions ( le "nous" c'est de majesté bien sûr, avec mon ego démesuré..)
Are you related to the Scroggins family from New York ( those who play in the punk funk act E.S.G. ("Moody", "UFO"))?
No, I have never met the group. But if they are funky I'm sure there are some ties that bind, you see...
Could you present Charlie Singleton and Ronnie Wilson, for people who don't know what time it is (and I'm sure there are many...)?
Charlie Singleton is Lead Singer & Guitar Player for the World Famous R&B Funk Band "Cameo" Who have had hit's like, Word UP, Candy, She's Strange.
Ronnie Wilson is one of the Trio of The Famous Funk Band, The Gap Band. He shares success with his brothers, Charlie Wilson and Robert Wilson. They had major hits like, You drop the bomb, Outstanding, Burn Rubber. Ooop's Up side your head, Yearning, Party Train.
How and why did you feel the call for religion, especially ministry, in 1985?
In 1985 that is the year of I gave my life to lord. After a decade of herroin addiction without finding a cure. I was ask the question, would you try Jesus ? Rev. J. Stratter in Muskogee,Oklahoma prayed for me and I was healed the same hour. So I begin the develop a relationship with the only doctor that could heal me. And that was the name I cried out when I was on my knees, Jesus heal, me and he did. For 3 yrs I did not have a desire to sing or do music. I studied the Bible daily because I wanted to know about this Jesus that healed me. And after 3 yrs of developing a relationship with him, in 1988 I was called into the Ministry.
Do you think faith and funk can match? Where do you preach ?
A lot of people say, Enois you are the funkiest Preacher I have ever met, and I say, you have not seen nothing yet. Just ride with me and I will show you
what it means to be free. Let me explain Faith it is simply believing and trusting in God. I believe because I have experience his supernatural healing power. Some have not experience what I have, so it is hard for them to believe. But whom ever you are loyal to, you have faith in them, Ya feel me. Now Funk use to be a bad word, but now funk is a way of life. Funk music is a sound like no other that will never die. It has to get down in your soul and you have to believe that it can.
When I started doing Gospel music my background was already funky from gigin with funk bands. I love it,it became a part of me. When some churches heard my sound, persecution did follow me because my sound was to funky to worldly. But I payed it no mind God will give you an audience. So I took my Gospel funk to the ghetto, prisons, the youth etc. So faith and Funk music is believing and staying loyal, and I'm loyal to both.
It's said that you played or shared the stage with Cameo, Zapp, Lakeside, could you say more ?
No big deal, you are the opening act. The Funk band Uncle Remus from Baton Rouge,Louisiana. I was the lead singer at the time and We always open for Big name Artist that came to town. We were gunslingers ready to fire away on anyone that stepped up to us.We had some great artists that did some time in that group
like, Charlie Singleton and Branford Marsalis one of the greatest jazz Sax players of today. All of these cats that was in that group was devoted Jazz artist until they hooked up with the "E" the Funk that came from my spirit change there lives. I have always been funky, because I was a P-Funk Clone. It has been years since I'm funkin on the level I am now. And when these young G-Funk Artist here what Enois is
putting down they ask me why haven't you been major ? where have you been. And I tell them, I have been hanging out with a Star getting schooled. Who is that Star that shine so bright in your life ? His name is Jesus and he spoke to my spirit, because you have been loyal to me now it's your time to shine.....
How and why did you become a singer (and why not a guitar player or drummer or whatever)? Did you get a usual training ( singing in the church or taught classical music, or jazz) or are you a self taught musician, or someone helped you/put you in a band?
I am just a natural born singer. I'm sure it's genetic,
my father who passed away when I was 3 yrs old was a singer and play several instruments. My brother Larry sings and played the Sax. And I played clarinet in Jr. high and when I got to high school I switched over to drums. I went on to college at Langston University in Langston,Oklahoma there I was in the Chorus and marching band. Today I continue to play percussions. I like so many other African American Singers develop their skills singing in Church.
What did you do prior to 1985 (releases, gigs, tours...)?
I gigged with a host of blues band in the 70's and 80's in a local setting. In 1977 I was picked up by the R&B group Uncle Remus as the lead singer and percussionist. We launched tours up and down the gulf coast. We went into the studio in 1978 in the famous studio in Muscles Shoals, Alabama to record our first album. The album was never released but a single called "Number One" written by the bass player, Al Threats was released and charted. The group broke up in 1980.
Who got the idea for "One For Funk and Funk For All" ? Did you for example ask for collaborations with French rappers or whatever else?
God has bless me to have 2 young and talented guys I work with. Oliv' & Misteras have in a way been instrumental in exposing to the world "Enois" These are
2 young cats who believe in this Old School Brothers skills. We work together as a team, coming up with different ideas and gimmicks. "One for Funk and Funk
for All" was an idea of myself and Oliv'. We had several names to pick from but I chose this one. I want everybody to get funked up with Enois flavor and I don't want to leave anyone out. Oliv is the brain behind finding the right artist to collaborate with and I would listen to there flow and give the ok. Doing this Album
which I think is one of a kind. I have always been daring and on the cutting edge. Put some french G-Funk artist on my project, why not. "It's the true French Connection"
Plans for the future, feel free to say anything deemed important... thanx!
I'm going to continue to spread my funk in a possitive way to the entire World. Bringing awareness that it's alright to be Godly and Funky too. Make sure that you put God first in your life. There is a sophomore Album in the works with some suprise artist joining forces with Enois to be announced. If you see George
Clinton anywhere tell him that I'm waiting on the Mothership to come and get me to take me to the Stage. To all my funkateers and funk lovers around the World I say let's keep the Funk Alive. Will I Am said,that the kind of music that he's putting out like the boom,boom song is the way of the future. I said this cat is crazy don't he know what the foundation of his boom boom is ? Let me tell you my friends, Funk is eternal.
I'll see you on the Mothership.....
Blessings,
Enois Scroggins
Alors, est-ce que la religion tue le funk, ou le funk tue la religion? On vous laisse juge avec ça
Are you related to the Scroggins family from New York ( those who play in the punk funk act E.S.G. ("Moody", "UFO"))?
No, I have never met the group. But if they are funky I'm sure there are some ties that bind, you see...
Could you present Charlie Singleton and Ronnie Wilson, for people who don't know what time it is (and I'm sure there are many...)?
Charlie Singleton is Lead Singer & Guitar Player for the World Famous R&B Funk Band "Cameo" Who have had hit's like, Word UP, Candy, She's Strange.
Ronnie Wilson is one of the Trio of The Famous Funk Band, The Gap Band. He shares success with his brothers, Charlie Wilson and Robert Wilson. They had major hits like, You drop the bomb, Outstanding, Burn Rubber. Ooop's Up side your head, Yearning, Party Train.
How and why did you feel the call for religion, especially ministry, in 1985?
In 1985 that is the year of I gave my life to lord. After a decade of herroin addiction without finding a cure. I was ask the question, would you try Jesus ? Rev. J. Stratter in Muskogee,Oklahoma prayed for me and I was healed the same hour. So I begin the develop a relationship with the only doctor that could heal me. And that was the name I cried out when I was on my knees, Jesus heal, me and he did. For 3 yrs I did not have a desire to sing or do music. I studied the Bible daily because I wanted to know about this Jesus that healed me. And after 3 yrs of developing a relationship with him, in 1988 I was called into the Ministry.
Do you think faith and funk can match? Where do you preach ?
A lot of people say, Enois you are the funkiest Preacher I have ever met, and I say, you have not seen nothing yet. Just ride with me and I will show you
what it means to be free. Let me explain Faith it is simply believing and trusting in God. I believe because I have experience his supernatural healing power. Some have not experience what I have, so it is hard for them to believe. But whom ever you are loyal to, you have faith in them, Ya feel me. Now Funk use to be a bad word, but now funk is a way of life. Funk music is a sound like no other that will never die. It has to get down in your soul and you have to believe that it can.
When I started doing Gospel music my background was already funky from gigin with funk bands. I love it,it became a part of me. When some churches heard my sound, persecution did follow me because my sound was to funky to worldly. But I payed it no mind God will give you an audience. So I took my Gospel funk to the ghetto, prisons, the youth etc. So faith and Funk music is believing and staying loyal, and I'm loyal to both.
It's said that you played or shared the stage with Cameo, Zapp, Lakeside, could you say more ?
No big deal, you are the opening act. The Funk band Uncle Remus from Baton Rouge,Louisiana. I was the lead singer at the time and We always open for Big name Artist that came to town. We were gunslingers ready to fire away on anyone that stepped up to us.We had some great artists that did some time in that group
like, Charlie Singleton and Branford Marsalis one of the greatest jazz Sax players of today. All of these cats that was in that group was devoted Jazz artist until they hooked up with the "E" the Funk that came from my spirit change there lives. I have always been funky, because I was a P-Funk Clone. It has been years since I'm funkin on the level I am now. And when these young G-Funk Artist here what Enois is
putting down they ask me why haven't you been major ? where have you been. And I tell them, I have been hanging out with a Star getting schooled. Who is that Star that shine so bright in your life ? His name is Jesus and he spoke to my spirit, because you have been loyal to me now it's your time to shine.....
How and why did you become a singer (and why not a guitar player or drummer or whatever)? Did you get a usual training ( singing in the church or taught classical music, or jazz) or are you a self taught musician, or someone helped you/put you in a band?
I am just a natural born singer. I'm sure it's genetic,
my father who passed away when I was 3 yrs old was a singer and play several instruments. My brother Larry sings and played the Sax. And I played clarinet in Jr. high and when I got to high school I switched over to drums. I went on to college at Langston University in Langston,Oklahoma there I was in the Chorus and marching band. Today I continue to play percussions. I like so many other African American Singers develop their skills singing in Church.
What did you do prior to 1985 (releases, gigs, tours...)?
I gigged with a host of blues band in the 70's and 80's in a local setting. In 1977 I was picked up by the R&B group Uncle Remus as the lead singer and percussionist. We launched tours up and down the gulf coast. We went into the studio in 1978 in the famous studio in Muscles Shoals, Alabama to record our first album. The album was never released but a single called "Number One" written by the bass player, Al Threats was released and charted. The group broke up in 1980.
Who got the idea for "One For Funk and Funk For All" ? Did you for example ask for collaborations with French rappers or whatever else?
God has bless me to have 2 young and talented guys I work with. Oliv' & Misteras have in a way been instrumental in exposing to the world "Enois" These are
2 young cats who believe in this Old School Brothers skills. We work together as a team, coming up with different ideas and gimmicks. "One for Funk and Funk
for All" was an idea of myself and Oliv'. We had several names to pick from but I chose this one. I want everybody to get funked up with Enois flavor and I don't want to leave anyone out. Oliv is the brain behind finding the right artist to collaborate with and I would listen to there flow and give the ok. Doing this Album
which I think is one of a kind. I have always been daring and on the cutting edge. Put some french G-Funk artist on my project, why not. "It's the true French Connection"
Plans for the future, feel free to say anything deemed important... thanx!
I'm going to continue to spread my funk in a possitive way to the entire World. Bringing awareness that it's alright to be Godly and Funky too. Make sure that you put God first in your life. There is a sophomore Album in the works with some suprise artist joining forces with Enois to be announced. If you see George
Clinton anywhere tell him that I'm waiting on the Mothership to come and get me to take me to the Stage. To all my funkateers and funk lovers around the World I say let's keep the Funk Alive. Will I Am said,that the kind of music that he's putting out like the boom,boom song is the way of the future. I said this cat is crazy don't he know what the foundation of his boom boom is ? Let me tell you my friends, Funk is eternal.
I'll see you on the Mothership.....
Blessings,
Enois Scroggins
Alors, est-ce que la religion tue le funk, ou le funk tue la religion? On vous laisse juge avec ça
Some will start with Queen Latifah, some others with Missy Elliott, some others (especially Sunday evening backpackers :-) ) with Khia or Trina ( "rap douteux my dear"), but before all of those ladies there was one...so make way for LADY B and I thank her again for her answers!
First silly question, did you write other songs, before and after "To The Beat Y'all"?
Yes, and also many people used my rhymes on other recordings too
How would you define yourself, radio DJ/ broadcaster first and then artist, or an artist who also happens to be a media activist?
I feel that I’m a DJ/ broadcaster and radio personality who also happens to be a media activist?
As you worked as DJ (especially in the 70ies) in Philly I suppose, did you have the opportunity to meet a reporter called Wesley Cook?
No, I don’t recall that name
Could you tell me what led you to start rapping back in these days?
I was working at a club in Philly (Kim Graves) and I used to watch the guys “toast”, which was getting on the mic and exciting the crowd with rhymes. I met then Philadelphia Seventy-Sixer star World B. Free, then known as Lloyd Free. He was good at toasting and I studied the guys and thought “I can do that”
Do you consider yourself as a spiritual heir or artistic heir of acts like Parlet, Betty Davis, Aretha Franklin, Nina Simone (I still talk about the 79 era when the song was created)?
Yes, I definitely would consider myself a spiritual heir, most definitely
How did you create the song "To the Beat Y'All", was it a free style in the recording studio, or you had ideas but another beat and you changed your mind, or anything else?
Actually I wanted to rhyme over the “Good Times” Beat by CHIC or another break beat. But when I got in the studio, they already had a band Direct Current’s song (Everybody here must party) But the song was a mixture of Lloyd Free’s lyrics and my lyrics and arranged by Mimi Brown and my sister Buff.
That’s why I never liked the song because it was rushed and put out as a novelty and not a serious project. It was done in one take.
Still trying to find the background of it, how would you describe Philadelphia at the time, musically? I suppose it was between the "demise" of Philly sound ( Gamble & Huff), the slow rising of breakdance and rap, and the Disco explosion ( Chic, Trammps, Bee Gees, Cerrone)..were there block parties ( imagine you are screening a documentary of Philly in 79, for us poor French 30 years after, using mind suggestion)?
At that time Disco and Funk was very popular and the night clubs were reborn but we weren’t allowed in the clubs so we made our own “clubs” in the streets and the parks and the schoolyards. Instead of going to the clubs, we brought the clubs (DJ, Music, Dancers, lights, speakers) to the people. If you can imagine, a block party was a big block full of people, I mean when you turned the corner to the block, you were a part of the crowd. It was our way of showing that if you’re a part of this culture or you were not. It was a way to end the violence of the gang wars. It provided a way to get that “shine” (reputation) without killing someone or committing a violent act. We could “battle” with mics and turntables instead of guns and knives. Maybe we need to bring that mentality of Hip-Hop back. We could flirt and be “strong” without being disrespectful.
Let's move past 1979, I suppose you were not only a witness but an advocate of Philly rap scene ( and beyond Philadelphia), why is it so under rated( or at least less media covered than NY, LA or Houston scenes)?
Because there was never a local based nationally distributed Hip-Hop label here that would prepare and nurture careers. That’s why most of the artists here, even with Pop Art Records, did one or two songs but had to go to other labels to become successful. If a Gamble & Huff was to have taken an interest in the local rap scene and took the time to groom the artists, I believe we would have been taken more seriously
How would you describe Philly current rap scene? And what about current rap state? if you had to lead a debate about it, would you bring people like Puff daddy, dame dash, Snoop Dogg , Benzino, El-P,or people like Ice T, Chuck D, Scarface, Paris, Cold 187um, Shock G, Rakim and Professor X?
It’s Beanie, Freeway, Cassidy, Gillie….some things never change. We are still looking for New York record labels to bring us to the forefront. Although I love Beans and all my Philly homeboys, I’m kinda glad some of that didn’t work because I would never want my people to be “State Property” . Much props to the Roots and I’m very proud that they’re doing their thing and of course I couldn’t be more proud of Will Smith, Jazzy Jeff and Eve. I also respect those like Schoolly D who is still doing his thing writing for shows like “Adult Swim. It’s a shame that a lot of talent is lost because we don’t have a cemented foundation here that would support and finance our careers
If I had a debate, I’d invite Russell Simmons, Chuck D, Sylvia Rhone, Tom Silverman, Ron Resnick, these are people who took a chance on a brand new genre and believed in it and convinced corporations to financially back it and let it evolve into the monster that it was today.
What was your reaction when Soul Jazz records reached you about the "Fly Girls" compilation?
My reaction was, I was right. I say that to say that Hip-Hop is a bonafide genre of music that will go down in history as a global phenomenon. I felt Like a Miles Davis or a John Coltrane or Art Blakley must have felt years after, when their music wasn’t really appreciated in their backyards, getting the phone call saying “We love you here in China!” It’s refreshing to see that our music is recognized by the globe and not just those who speak English
And here is something for your ears, brothers and sisters (and the others)Lady B
First silly question, did you write other songs, before and after "To The Beat Y'all"?
Yes, and also many people used my rhymes on other recordings too
How would you define yourself, radio DJ/ broadcaster first and then artist, or an artist who also happens to be a media activist?
I feel that I’m a DJ/ broadcaster and radio personality who also happens to be a media activist?
As you worked as DJ (especially in the 70ies) in Philly I suppose, did you have the opportunity to meet a reporter called Wesley Cook?
No, I don’t recall that name
Could you tell me what led you to start rapping back in these days?
I was working at a club in Philly (Kim Graves) and I used to watch the guys “toast”, which was getting on the mic and exciting the crowd with rhymes. I met then Philadelphia Seventy-Sixer star World B. Free, then known as Lloyd Free. He was good at toasting and I studied the guys and thought “I can do that”
Do you consider yourself as a spiritual heir or artistic heir of acts like Parlet, Betty Davis, Aretha Franklin, Nina Simone (I still talk about the 79 era when the song was created)?
Yes, I definitely would consider myself a spiritual heir, most definitely
How did you create the song "To the Beat Y'All", was it a free style in the recording studio, or you had ideas but another beat and you changed your mind, or anything else?
Actually I wanted to rhyme over the “Good Times” Beat by CHIC or another break beat. But when I got in the studio, they already had a band Direct Current’s song (Everybody here must party) But the song was a mixture of Lloyd Free’s lyrics and my lyrics and arranged by Mimi Brown and my sister Buff.
That’s why I never liked the song because it was rushed and put out as a novelty and not a serious project. It was done in one take.
Still trying to find the background of it, how would you describe Philadelphia at the time, musically? I suppose it was between the "demise" of Philly sound ( Gamble & Huff), the slow rising of breakdance and rap, and the Disco explosion ( Chic, Trammps, Bee Gees, Cerrone)..were there block parties ( imagine you are screening a documentary of Philly in 79, for us poor French 30 years after, using mind suggestion)?
At that time Disco and Funk was very popular and the night clubs were reborn but we weren’t allowed in the clubs so we made our own “clubs” in the streets and the parks and the schoolyards. Instead of going to the clubs, we brought the clubs (DJ, Music, Dancers, lights, speakers) to the people. If you can imagine, a block party was a big block full of people, I mean when you turned the corner to the block, you were a part of the crowd. It was our way of showing that if you’re a part of this culture or you were not. It was a way to end the violence of the gang wars. It provided a way to get that “shine” (reputation) without killing someone or committing a violent act. We could “battle” with mics and turntables instead of guns and knives. Maybe we need to bring that mentality of Hip-Hop back. We could flirt and be “strong” without being disrespectful.
Let's move past 1979, I suppose you were not only a witness but an advocate of Philly rap scene ( and beyond Philadelphia), why is it so under rated( or at least less media covered than NY, LA or Houston scenes)?
Because there was never a local based nationally distributed Hip-Hop label here that would prepare and nurture careers. That’s why most of the artists here, even with Pop Art Records, did one or two songs but had to go to other labels to become successful. If a Gamble & Huff was to have taken an interest in the local rap scene and took the time to groom the artists, I believe we would have been taken more seriously
How would you describe Philly current rap scene? And what about current rap state? if you had to lead a debate about it, would you bring people like Puff daddy, dame dash, Snoop Dogg , Benzino, El-P,or people like Ice T, Chuck D, Scarface, Paris, Cold 187um, Shock G, Rakim and Professor X?
It’s Beanie, Freeway, Cassidy, Gillie….some things never change. We are still looking for New York record labels to bring us to the forefront. Although I love Beans and all my Philly homeboys, I’m kinda glad some of that didn’t work because I would never want my people to be “State Property” . Much props to the Roots and I’m very proud that they’re doing their thing and of course I couldn’t be more proud of Will Smith, Jazzy Jeff and Eve. I also respect those like Schoolly D who is still doing his thing writing for shows like “Adult Swim. It’s a shame that a lot of talent is lost because we don’t have a cemented foundation here that would support and finance our careers
If I had a debate, I’d invite Russell Simmons, Chuck D, Sylvia Rhone, Tom Silverman, Ron Resnick, these are people who took a chance on a brand new genre and believed in it and convinced corporations to financially back it and let it evolve into the monster that it was today.
What was your reaction when Soul Jazz records reached you about the "Fly Girls" compilation?
My reaction was, I was right. I say that to say that Hip-Hop is a bonafide genre of music that will go down in history as a global phenomenon. I felt Like a Miles Davis or a John Coltrane or Art Blakley must have felt years after, when their music wasn’t really appreciated in their backyards, getting the phone call saying “We love you here in China!” It’s refreshing to see that our music is recognized by the globe and not just those who speak English
And here is something for your ears, brothers and sisters (and the others)Lady B
Thursday, June 25, 2009
Voici en avant première(avant la newsletter...) une itw concernant le magazine FUNK-U..get ready!
Présentation de l'équipe & de FUNK-U?Le magazine existe depuis quand?
1/ L'équipe de base est constituée d'un rédacteur en chef qui se cache sous le pseudonyme de Cesar, en hommage à La planète des singes, un maquettiste, quelques journalistes et photographes et nos parrains historiques, Wonder B. et Chico C, qui ont crée Funk-U en 1995. Je précise que tout le monde est bénévole dans cette entreprise.
Peut-on envisager la réédition d'anciens numéros (comme celui avec la Malka Family en couv' et le dossier blaxploitation)?
2/ Ca me paraît très difficile, car les archives des premiers numéros doivent se trouver aujourd'hui dans une autre dimension. On va quand même essayer de mettre le maximum de choses en ligne sur notre nouveau site FUNK-U MAG.
Que pensez-vous des tentatives précédentes de magazines ou fanzines funk/soul ( "tentatives" au sens sortir plusieurs numéros à peu près régulièrement) comme Tout Soul, Soul Bag, Fréquence?
3/ Je ne connais que le très respectable Soul Bag dans les magazines que tu as cité. Le problème, c'est ce genre de publication s'adresse à des fans hardcore qui, par définition, ne sont pas nombreux. Ces magazines (et le notre) ont le courage d'exister, mais ils sont souvent publiés pour le fun avant tout. L'autre problème, c'est que l'actualité, à part les rééditions et les nécrologies, n'est pas très riche en nouveautés.
George Clinton apparaît souvent dans le magazine (même au détour d'une chronique), pour vous y a-t-il une vie après le P Funk ( c'est ironique)
4/ George Clinton est un des derniers représentants de l'âge d'or du funk, et ses interviews sont souvent passionnantes, même quand il est totalement HS derrière le micro ! De plus, on découvre depuis quelque temps des trésors issus des archives de Parliament/Funkadelic (Toys et le récent US Music entre autres). Et n'oublions pas que Bootsy Collins est aussi le parrain du magazine depuis 1995 !
Connaissez-vous le magazine WAX POETICS?
5/ Bien sûr ! Wax Poetics est un modèle pour nous, avec Mojo et Uncut. Ils ont de la place pour étendre leurs sujets et ils ne répondent pas nécessairement aux besoins de la promo, sans oublier leurs archives photos démentes. Le rêve !
Les fans de funk sont-ils légion(s)? Vieux ou jeunes? hommes ou femmes? Arabes, blancs, noirs ou asiatiques ( je travaille pour la SOFRES :-) )?
6/ Le paradoxe, c'est que tout le monde aime le funk, mais que bien peu de gens sont prêtes à investir dans un magazine ou une soirée, contrairement au reggae par exemple. Funk-U est beaucoup vendu par correspondance et côté démographie, il n'existe pas de client type. Le funk a toujours été puissant dans la communauté maghrébine, et je constate qu'une grande partie de nos lecteurs en font partie. Il y a aussi beaucoup de filles, et nos fans se trouvent aussi bien à Lille, Aix-en-Provence qu'en Allemagne ou au Japon !
Y a t-il une scène funk française, ou européenne? Et quelle est sa vigueur?
7/ Ces scènes existent, mais elles sont surtout locales. En ce moment, la scène parisienne est en train de progresser à vitesse grand V avec un tas de groupes qui prennent la relève de Juan Rozoff et de la Malka Family. Le site FUNKHOME a créé son propre groupe All-Stars et leur niveau n'a rien à envier aux formations internationales. Bizarrement, c'est l'Europe du Nord qui compte les scènes les plus actives avec l'Allemagne et la Hollande. Par contre, au rien au Sud. Étrange pour une musique dite festive et estivale...
Dans le dernier numéro, que peut-on trouver (et où le trouver)?
8/ Ce numéro (le dernier en version papier) propose, entre autres, des interviews exclusives de Nile Rodgers, Leon Ware, George Duke et un rare entretien avec les Meters. On trouve aussi les rubriques habituelles (chroniques, portfolio, live reports) ainsi qu'une histoire ahurissante que m'a raconté Solomon Burke sur un pique-nique en compagnie.. du Ku Klux Klan ! On trouve le magazine principalement par correspondance. Toutes les infos sont sur sur FUNK U MAGAZINE.
Quels sont vos coups de coeur du moment?
9/ J'aime beaucoup le Lee Fields, parfait pour l'été ! Il y a aussi le concert époustouflant de Sly And The Family Stone à Woodstock qui sort enfin en CD au bout de 40 ans. J'attends de voir ce que va donner le Maxwell et les quelques morceaux que j'ai pu entendre du prochain Juan Rozoff m'excitent pas mal. Côté livres, je recommande le 100 albums soul/funk/r&b d'Olivier Cachin et Christophe Geudin aux éditions Tournon (copinage). Il y a aussi le documentaire génial Soul Power, Zaïre 74, qui, j'espère, restera un peu sur les écrans cet été.
Ambitions, projets futurs, carte blanche...
10/ Nous allons ouvrir prochainement notre site FUNK-U MAG où le magazine sera désormais accessible à tous. On va aussi profiter de l'été pour rencontrer une de nos idoles, Gil Scott-Heron, qui inaugurera notre nouveau contenu en ligne. Bonnes vacances à tous !
On ne va pas vous laisser comme ça...une petite vidéo funkastique mon fils !
Présentation de l'équipe & de FUNK-U?Le magazine existe depuis quand?
1/ L'équipe de base est constituée d'un rédacteur en chef qui se cache sous le pseudonyme de Cesar, en hommage à La planète des singes, un maquettiste, quelques journalistes et photographes et nos parrains historiques, Wonder B. et Chico C, qui ont crée Funk-U en 1995. Je précise que tout le monde est bénévole dans cette entreprise.
Peut-on envisager la réédition d'anciens numéros (comme celui avec la Malka Family en couv' et le dossier blaxploitation)?
2/ Ca me paraît très difficile, car les archives des premiers numéros doivent se trouver aujourd'hui dans une autre dimension. On va quand même essayer de mettre le maximum de choses en ligne sur notre nouveau site FUNK-U MAG.
Que pensez-vous des tentatives précédentes de magazines ou fanzines funk/soul ( "tentatives" au sens sortir plusieurs numéros à peu près régulièrement) comme Tout Soul, Soul Bag, Fréquence?
3/ Je ne connais que le très respectable Soul Bag dans les magazines que tu as cité. Le problème, c'est ce genre de publication s'adresse à des fans hardcore qui, par définition, ne sont pas nombreux. Ces magazines (et le notre) ont le courage d'exister, mais ils sont souvent publiés pour le fun avant tout. L'autre problème, c'est que l'actualité, à part les rééditions et les nécrologies, n'est pas très riche en nouveautés.
George Clinton apparaît souvent dans le magazine (même au détour d'une chronique), pour vous y a-t-il une vie après le P Funk ( c'est ironique)
4/ George Clinton est un des derniers représentants de l'âge d'or du funk, et ses interviews sont souvent passionnantes, même quand il est totalement HS derrière le micro ! De plus, on découvre depuis quelque temps des trésors issus des archives de Parliament/Funkadelic (Toys et le récent US Music entre autres). Et n'oublions pas que Bootsy Collins est aussi le parrain du magazine depuis 1995 !
Connaissez-vous le magazine WAX POETICS?
5/ Bien sûr ! Wax Poetics est un modèle pour nous, avec Mojo et Uncut. Ils ont de la place pour étendre leurs sujets et ils ne répondent pas nécessairement aux besoins de la promo, sans oublier leurs archives photos démentes. Le rêve !
Les fans de funk sont-ils légion(s)? Vieux ou jeunes? hommes ou femmes? Arabes, blancs, noirs ou asiatiques ( je travaille pour la SOFRES :-) )?
6/ Le paradoxe, c'est que tout le monde aime le funk, mais que bien peu de gens sont prêtes à investir dans un magazine ou une soirée, contrairement au reggae par exemple. Funk-U est beaucoup vendu par correspondance et côté démographie, il n'existe pas de client type. Le funk a toujours été puissant dans la communauté maghrébine, et je constate qu'une grande partie de nos lecteurs en font partie. Il y a aussi beaucoup de filles, et nos fans se trouvent aussi bien à Lille, Aix-en-Provence qu'en Allemagne ou au Japon !
Y a t-il une scène funk française, ou européenne? Et quelle est sa vigueur?
7/ Ces scènes existent, mais elles sont surtout locales. En ce moment, la scène parisienne est en train de progresser à vitesse grand V avec un tas de groupes qui prennent la relève de Juan Rozoff et de la Malka Family. Le site FUNKHOME a créé son propre groupe All-Stars et leur niveau n'a rien à envier aux formations internationales. Bizarrement, c'est l'Europe du Nord qui compte les scènes les plus actives avec l'Allemagne et la Hollande. Par contre, au rien au Sud. Étrange pour une musique dite festive et estivale...
Dans le dernier numéro, que peut-on trouver (et où le trouver)?
8/ Ce numéro (le dernier en version papier) propose, entre autres, des interviews exclusives de Nile Rodgers, Leon Ware, George Duke et un rare entretien avec les Meters. On trouve aussi les rubriques habituelles (chroniques, portfolio, live reports) ainsi qu'une histoire ahurissante que m'a raconté Solomon Burke sur un pique-nique en compagnie.. du Ku Klux Klan ! On trouve le magazine principalement par correspondance. Toutes les infos sont sur sur FUNK U MAGAZINE.
Quels sont vos coups de coeur du moment?
9/ J'aime beaucoup le Lee Fields, parfait pour l'été ! Il y a aussi le concert époustouflant de Sly And The Family Stone à Woodstock qui sort enfin en CD au bout de 40 ans. J'attends de voir ce que va donner le Maxwell et les quelques morceaux que j'ai pu entendre du prochain Juan Rozoff m'excitent pas mal. Côté livres, je recommande le 100 albums soul/funk/r&b d'Olivier Cachin et Christophe Geudin aux éditions Tournon (copinage). Il y a aussi le documentaire génial Soul Power, Zaïre 74, qui, j'espère, restera un peu sur les écrans cet été.
Ambitions, projets futurs, carte blanche...
10/ Nous allons ouvrir prochainement notre site FUNK-U MAG où le magazine sera désormais accessible à tous. On va aussi profiter de l'été pour rencontrer une de nos idoles, Gil Scott-Heron, qui inaugurera notre nouveau contenu en ligne. Bonnes vacances à tous !
On ne va pas vous laisser comme ça...une petite vidéo funkastique mon fils !
Wednesday, April 15, 2009
Biographie part 2
De plus, comme on s'arrache, semble-t-il, l'échantillon de Négro Parigot Spirit, TSN, se retrouve sur plusieurs compilations comme "Invasion" (avec un inédit "La Vie d'Artiste", et du beau linge, La Cliqua, Idéal J, Expression Direkt, D. Abuz System, et un débutant, Rohff), "My definition Of HipHop" (compilation d'un Américain, DJ Enuff, qui présente la scène française à ses compatriotes), "Nord vs Sud" ou même la première compilation "Planète Rap". Pendant ce temps le trio tourne en France, et s'exporte même en Suisse et en Allemagne. Tout cela nous amène à 1997 et des modifications entrepreneuriales, puisque Panam' productions cède la place à La Pieuvre, premier véritable label, c'est-à-dire que TSN envisage de gérer la carrière d'autres artistes en plus de la sienne. La première production tentaculée est le second album du groupe, "Le Mal De La Nuit". Même accueil "réservé" des media ("Là où le 1er faisait sourire, celui-ci laisse pensif", fanzine The Truth, 1999) au rap plutôt festif, décomplexé et décontracté de TSN, cela dit on notera l'équivalent du "We're All In The Same gang" californien ( pour les novices, il y avait sur ce morceau de 1989 ou 90 la crème du rap Westside, Eazy E & NWA, JJ Fad, Digital Underground, Ice T, Tone Loc, Above The Law...), transposé à Paname. A savoir "La Solidarité Noire", avec les participations de quelques débutants comme les Sages Poètes De La Rue, Ministère AMER, EJM, Doudou Masta de Timide Et Sans Complexe, Lamifa et la rappeuse Nemesis. Le disque se vendra malgré tout à 40 000 exemplaires, seulement le départ de MC Bees met un terme (provisoire ?) à la carrière de Tout Simplement Noir.
LIFE IS ...TOO SHORT
Les deux rappers restants, propriétaires de La Pieuvre, décident de développer davantage leur entreprise, via des projets solo et de nouvelles signatures comme Graine 2N ou Roll K (recrue strasbourgeoise). Nouvelles signatures certes, mais on reste dans l'entourage de TSN, puisque Roll K a participé au second album du groupe, et Monsieur "Bouffe Graineuse" est une vieille connaissance des patrons du label. Du fait de sa visibilité ( MCM), Parano Refré est le premier à inaugurer les parachutes pieuvresques, avec "Paranocalypse" et un clip pour le titre "Menace". A noter que le label décide de privilégier la promotion médiatique plutôt que la scène ( tu me prends une double page de pub et je te garantis une petite visibilité, euh pardon, je vois avec ton manager ou ton attachée de presse comment on peut ensemble sauver le hiphop français), en effet à l'époque il y avait beaucoup de magazines rap, c'est difficile à appréhender, je sais.
Après "Monsieur Télévision" arrive celle par qui le scandale arrive, la Queen B ou la Ill Na Na hexagonale, la fameuse Roll K, avec son "Sexe, Drogue et Roll K". C'est simple, il y a peu de rappeuses ( quelqu'un se souvient de Nemesis, Shankhane, E Komba, Lady Laistee, B Love, Beedjy, Saliha ?), donc les profils atypiques se remarquent (et selon un de mes collaborateurs, en aparté, si on peut éviter le physique très gracieux de l'accompagnateur de Lil Kim, c-à-d Biggie Smalls, c'est toujours ça de gagné). Roll K passera aussi bien dans "Tracks" que l'émission sérieuse (hum) "Ripostes", sans oublier presse écrite, passages radio, et clip attitré ("Mon Prof De Gym").
Suivront les albums de Graine 2N, "Bouffe Graineuse" évoqué plus haut, et "Le Jour J" de JLTismé, qui attirent moins l'attention que la "Superlopsa". Les temps sont durs pour les indépendants (demandez à Lunatic et 45 Scientific), résultat la pieuvre coule, emportant avec elle un projet de compilation ("Le Meilleur de Panam'" avec sans doute Tony Mercenaire, Démons de Paname, LNd, Rico ( Malka Family, futur Gréements Of Fortune), et un certain Club Splifton avec ou sans les Reservoir Dogues), et un album des Démons de Paname, en 2002.
Avec le recul, on pourrait aussi s'autoriser à penser que les pochettes d'inspiration Pen & Pixel ont pu choquer les adeptes de la bronxitude et du boom bap régnant sur la capitale. Mais on ne fait que s'autoriser à penser, hein? Cela dit, le négroparigotisme est une maladie coriace, puisque JLTismé revient avec le label Noctambule records. La première sortie sera "Rollkamasutra" dés octobre 2003, second album de Roll K, qui après quelques concerts, squatte les radios Media Tropical et Génération 88.2, au point de se voir confier une émission hebdomadaire, "Rollkaroscope". Et cette fois, ce n'est pas un simple vidéo clip mais tout un DVD qui lui sera consacré, "RollK Hot Show", réalisé par JLtismé lui-même, et qui sort en avril 2004. Pour sa promotion, Roll K participe entre autres à la fameuse émission de Stomy Bugsy "Westcoastla".
Pendant ce temps, JLtismé entre en semi-retraite rapologique (exception faite de sa participation aux compilations "West Rider") jusqu'à l'album "Rap De Chambre" qui débarque en 2006, suivi du projet 50/50 avec Aelpeacha (CSRD) en 2007, avec quelques concerts hexagonaux dans la foulée (plus virée helvétique). En parallèle le Gurujee met en place la plateforme de téléchargement légal Zikaload.com, réalise quelques clips et surtout s'attelle à la conception du documentaire "LAxagone". Le DVD, auquel participe la majeure partie de la scène G Funk hexagonale et quelques pionniers comme EJM ou Stomy Bugsy, sort au printemps 2008.
Noctambule propose également des mixtapes animées par DJ Ozzir et annonce pour 2009 les albums de JLTismé, Roll K, une mixtape consacrée à Southcide 13, et un projet de compilation d'artistes franco-camerounais, "Tismé Camer Allstars".
Par ailleurs, après avoir clamé "rien de bon sur la FM", JLTismé a lancé son émission sur la webradio 187 Show, "Radio Paname", et s'autorise quelques ambitions cinématographiques pour le futur.
De plus, comme on s'arrache, semble-t-il, l'échantillon de Négro Parigot Spirit, TSN, se retrouve sur plusieurs compilations comme "Invasion" (avec un inédit "La Vie d'Artiste", et du beau linge, La Cliqua, Idéal J, Expression Direkt, D. Abuz System, et un débutant, Rohff), "My definition Of HipHop" (compilation d'un Américain, DJ Enuff, qui présente la scène française à ses compatriotes), "Nord vs Sud" ou même la première compilation "Planète Rap". Pendant ce temps le trio tourne en France, et s'exporte même en Suisse et en Allemagne. Tout cela nous amène à 1997 et des modifications entrepreneuriales, puisque Panam' productions cède la place à La Pieuvre, premier véritable label, c'est-à-dire que TSN envisage de gérer la carrière d'autres artistes en plus de la sienne. La première production tentaculée est le second album du groupe, "Le Mal De La Nuit". Même accueil "réservé" des media ("Là où le 1er faisait sourire, celui-ci laisse pensif", fanzine The Truth, 1999) au rap plutôt festif, décomplexé et décontracté de TSN, cela dit on notera l'équivalent du "We're All In The Same gang" californien ( pour les novices, il y avait sur ce morceau de 1989 ou 90 la crème du rap Westside, Eazy E & NWA, JJ Fad, Digital Underground, Ice T, Tone Loc, Above The Law...), transposé à Paname. A savoir "La Solidarité Noire", avec les participations de quelques débutants comme les Sages Poètes De La Rue, Ministère AMER, EJM, Doudou Masta de Timide Et Sans Complexe, Lamifa et la rappeuse Nemesis. Le disque se vendra malgré tout à 40 000 exemplaires, seulement le départ de MC Bees met un terme (provisoire ?) à la carrière de Tout Simplement Noir.
LIFE IS ...TOO SHORT
Les deux rappers restants, propriétaires de La Pieuvre, décident de développer davantage leur entreprise, via des projets solo et de nouvelles signatures comme Graine 2N ou Roll K (recrue strasbourgeoise). Nouvelles signatures certes, mais on reste dans l'entourage de TSN, puisque Roll K a participé au second album du groupe, et Monsieur "Bouffe Graineuse" est une vieille connaissance des patrons du label. Du fait de sa visibilité ( MCM), Parano Refré est le premier à inaugurer les parachutes pieuvresques, avec "Paranocalypse" et un clip pour le titre "Menace". A noter que le label décide de privilégier la promotion médiatique plutôt que la scène ( tu me prends une double page de pub et je te garantis une petite visibilité, euh pardon, je vois avec ton manager ou ton attachée de presse comment on peut ensemble sauver le hiphop français), en effet à l'époque il y avait beaucoup de magazines rap, c'est difficile à appréhender, je sais.
Après "Monsieur Télévision" arrive celle par qui le scandale arrive, la Queen B ou la Ill Na Na hexagonale, la fameuse Roll K, avec son "Sexe, Drogue et Roll K". C'est simple, il y a peu de rappeuses ( quelqu'un se souvient de Nemesis, Shankhane, E Komba, Lady Laistee, B Love, Beedjy, Saliha ?), donc les profils atypiques se remarquent (et selon un de mes collaborateurs, en aparté, si on peut éviter le physique très gracieux de l'accompagnateur de Lil Kim, c-à-d Biggie Smalls, c'est toujours ça de gagné). Roll K passera aussi bien dans "Tracks" que l'émission sérieuse (hum) "Ripostes", sans oublier presse écrite, passages radio, et clip attitré ("Mon Prof De Gym").
Suivront les albums de Graine 2N, "Bouffe Graineuse" évoqué plus haut, et "Le Jour J" de JLTismé, qui attirent moins l'attention que la "Superlopsa". Les temps sont durs pour les indépendants (demandez à Lunatic et 45 Scientific), résultat la pieuvre coule, emportant avec elle un projet de compilation ("Le Meilleur de Panam'" avec sans doute Tony Mercenaire, Démons de Paname, LNd, Rico ( Malka Family, futur Gréements Of Fortune), et un certain Club Splifton avec ou sans les Reservoir Dogues), et un album des Démons de Paname, en 2002.
Avec le recul, on pourrait aussi s'autoriser à penser que les pochettes d'inspiration Pen & Pixel ont pu choquer les adeptes de la bronxitude et du boom bap régnant sur la capitale. Mais on ne fait que s'autoriser à penser, hein? Cela dit, le négroparigotisme est une maladie coriace, puisque JLTismé revient avec le label Noctambule records. La première sortie sera "Rollkamasutra" dés octobre 2003, second album de Roll K, qui après quelques concerts, squatte les radios Media Tropical et Génération 88.2, au point de se voir confier une émission hebdomadaire, "Rollkaroscope". Et cette fois, ce n'est pas un simple vidéo clip mais tout un DVD qui lui sera consacré, "RollK Hot Show", réalisé par JLtismé lui-même, et qui sort en avril 2004. Pour sa promotion, Roll K participe entre autres à la fameuse émission de Stomy Bugsy "Westcoastla".
Pendant ce temps, JLtismé entre en semi-retraite rapologique (exception faite de sa participation aux compilations "West Rider") jusqu'à l'album "Rap De Chambre" qui débarque en 2006, suivi du projet 50/50 avec Aelpeacha (CSRD) en 2007, avec quelques concerts hexagonaux dans la foulée (plus virée helvétique). En parallèle le Gurujee met en place la plateforme de téléchargement légal Zikaload.com, réalise quelques clips et surtout s'attelle à la conception du documentaire "LAxagone". Le DVD, auquel participe la majeure partie de la scène G Funk hexagonale et quelques pionniers comme EJM ou Stomy Bugsy, sort au printemps 2008.
Noctambule propose également des mixtapes animées par DJ Ozzir et annonce pour 2009 les albums de JLTismé, Roll K, une mixtape consacrée à Southcide 13, et un projet de compilation d'artistes franco-camerounais, "Tismé Camer Allstars".
Par ailleurs, après avoir clamé "rien de bon sur la FM", JLTismé a lancé son émission sur la webradio 187 Show, "Radio Paname", et s'autorise quelques ambitions cinématographiques pour le futur.
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Voici en après-première la biographie de TSN (et des survivants), enjoy!
MYSTERES CAPITAUX
Paris la nuit... pègre, jazz, trafics en tous genres, truands en costume fumant cigares ou cigarettes devant un café, une bière, avant de se partager le butin, préparer le prochain casse, films de Lautner, Verneuil, dialogues d'Audiard et chapeaux dissimulant Gabin, Meurisse, Blier, Pouce...ca c'est l'image dangereuse mais présentable d'un monde que peu fréquentent. Pigalle, Clichy, Saint Denis, travailleuses nocturnes, c'est plus parlant mais (très) mal vu. Et je n'évoquerai pas la banlieue ni les guerriers du bitume, ces fameuses bandes parisiennes dont on exhume les faits d'armes (dan différentes disciplines). Paris la nuit...à la fin des années 80, une nouvelle tribu a vu le jour, ou plus exactement, le jour a révélé une nouvelle meute, ceux pour qui "H.I.P. H.O.P." n'est pas seulement une émission dominicale (et éphémère) sur TF1, remplie de minorités visibles effectuant des mouvements étranges pour Monsieur Toutlemonde. Ceux qui se sont nourris au funk, au disco, qui accèdent aux radios libres, parfois même aux émissions rock du service public ( à l'époque où cela signifiait quelque chose), qui ont préparé le terrain pour des journalistes plutôt spéciaux: les Dee Nasty, Lionel D, LBR et tant d'autres pionniers, DJs, taggers, graffeurs, danseurs. Aux Etats-Unis, un groupe parle de "Black CNN", un autre de "street reporters"...la capitale reçoit le message et les équipes se forment, en province ( IAM...), en banlieue ( Suprême NTM, EJM, Timide Et Sans Complexe, Ministère Ämer, Expression Direkt...) et bien sûr, sur place. On peut citer Assassin, et Tout Simplement Noir.
LES CAIDS DE PANAME
T.S.N. c'est un groupe à cheval entre la seconde génération ( EJM, Solaar, NTM, Les Little...) du rap français, qui est présente dans les bacs dés 1990-91, et la troisième ( La Cliqua, Fabe, La Rumeur,les affiliés Time Bomb...). Comme pour beaucoup de leurs coreligionnaires, c'est l'émission "Deenastyle" (Radio Nova) qui motive la cohorte , alors composée de cinq membres, MC Bees, DJ Keuss, JLTismé, Parano Refré et Demon. B. Rappelons aux novices que cette émission, démarrée par Dee Nasty et Lionel D a sévi de fin 88 à début 90, et accueilli Ministère Amer, EJM, Assassin, NTM et Solaar à leurs débuts. Rappelons aussi qu'à cette époque, le rap a une réputation sulfureuse ( musique de basanés, très basanés même), c'est aussi infréquentable, voire davantage que le hard rock ou le punk rock dans le media consensuels, et surtout, c'est vu ( le hiphop) comme une mode, un gadget.
Par conséquent, les fenêtres de tir sont rares. Le quintette parisien pense que l'union fait la force et rejoint le collectif La Longue Posse (initié par Jazzyco du Criminal Posse, futur SLEO) avec d'autres activistes comme Fabe, en 1989, maquette quelques titres dont " Le Temps Passe", qui fera l'objet d'un tournage RAPLINE ( Olivier Cachin, qui démarre la fameuse émission sur M6 à l'été 90, décidera de réaliser des reportages sur les groupes français, d'où le seul clip officiel de Ministère Amer, "Traîtres", "Elucider Ce Mystère" de Soon E MC, peut-être les seuls clips de EJM et surtout la première version de "Bouge De Là" d'un certain MC Solaar) et effectue quelques concerts. Problème, entre 1991 et 1995, la scène rap hexagonale bouillonne et la médiatisation ne suit pas, d'autant plus que les maisons de disques reconnues ne se jettent pas sur les groupes en présence. Et certaines signatures n'en gardent pas un bon souvenir ( de leurs contrats). Les pionniers ont essuyé les plâtres, la relève a le choix entre le soutien d'une major ou la débrouillardise, comme les collègues du rock alternatif par exemple, soit autoproduction totale, soit "professionalisation" cad création de labels, et arrangements pour la distribution des enregistrements. Assassin a montré la voie, EJM ou La Cliqua commencent à y réfléchir, et puis de l'autre côté de l'Atlantique, quelques bronzés énervés de Compton ou Oakland ont réussi à monter et surtout consolider un label, et ce ne sont pas les seuls. Apparemment Demon.B n'a pas envie d'y réfléchir et il quitte le navire, avec un autre TSN, ce qui réduit l'équipe à 3 personnes, un trio noyé dans la masse de ceux qui cherchent à sortir de l'ombre de Joey Starr, Akhenaton, Rockin Squat, Solaar qui couvre la troisième vague émergente du rap français. Mais comme TSN aime la nuit et Paris, ça tombe bien, non?
PEUR SUR LUTECE
JLTismé, Parano Refré et MC Bees fondent donc un label, Panam' Production. Il s'agit en fait d'autoproduction, au sens où le label ne sert qu'au groupe Tout Simplement Noir. Bref, nos amis s'associent avec un certain Greg, pour concevoir l'album "Dans Paris Nocturne", alors que de Seine Saint Denis arrive "Paris Sous Les Bombes", et qu'un futur rapper acteur, avant de révéler à son fils son honorable profession, nous a dit que Paris la nuit c'est funky ( à condition de courir plus vite que des projectiles métalliques mais c'est une autre histoire). Ce premier opus, sorti en 1995, (D.P.N.) illustre semble-t-il le mode de vie d'une espèce peu étudiée jusqu'alors, le "négro parigot": il est constaté, selon les experts consultés, que le négro parigot aime faire la fête, provoquer ( influence de Serge Gainsbourg?), observer son environnement et militer ( le fameux logo " Banania ne passera pas par moi"). De l'hédonisme et du réalisme sur des productions qui tournent le dos au son en vogue, le rap jazzy de A Tribe Called Quest ou l'âpreté d'un DJ Premier. TSN ne rêve pas que "Châtelet-Les Halles c'est Brooklyn", se contentant de martyriser le pauvre Claude François, rapproché post mortem de ses influences réelles, la musique noire américaine. Résultat des courses, "quasi indifférence des media underground et de ceux alors disponibles en kiosque" ( RER #3, septembre ou octobre 1996) et succés sur le marché indépendant puisque 75000 exemplaires seront écoulés.
TSN en profite pour sortir le single "J'suis F", qui fera l'objet d'un clip, et reste leur tube underground, et Parano Refré est recruté par la chaîne musicale MCM en 1996. Il y animera "Blah Blah Rap", émission bi-quotidienne d'une demi-heure (qui succède plus ou moins à "Ema Doze", présentée par une jeune femme blonde qui avait la bougeotte, mais nous nous égarons) jusqu'en 2000, et ne se privera pas de diffuser de temps en temps la vidéo de TSN.
MYSTERES CAPITAUX
Paris la nuit... pègre, jazz, trafics en tous genres, truands en costume fumant cigares ou cigarettes devant un café, une bière, avant de se partager le butin, préparer le prochain casse, films de Lautner, Verneuil, dialogues d'Audiard et chapeaux dissimulant Gabin, Meurisse, Blier, Pouce...ca c'est l'image dangereuse mais présentable d'un monde que peu fréquentent. Pigalle, Clichy, Saint Denis, travailleuses nocturnes, c'est plus parlant mais (très) mal vu. Et je n'évoquerai pas la banlieue ni les guerriers du bitume, ces fameuses bandes parisiennes dont on exhume les faits d'armes (dan différentes disciplines). Paris la nuit...à la fin des années 80, une nouvelle tribu a vu le jour, ou plus exactement, le jour a révélé une nouvelle meute, ceux pour qui "H.I.P. H.O.P." n'est pas seulement une émission dominicale (et éphémère) sur TF1, remplie de minorités visibles effectuant des mouvements étranges pour Monsieur Toutlemonde. Ceux qui se sont nourris au funk, au disco, qui accèdent aux radios libres, parfois même aux émissions rock du service public ( à l'époque où cela signifiait quelque chose), qui ont préparé le terrain pour des journalistes plutôt spéciaux: les Dee Nasty, Lionel D, LBR et tant d'autres pionniers, DJs, taggers, graffeurs, danseurs. Aux Etats-Unis, un groupe parle de "Black CNN", un autre de "street reporters"...la capitale reçoit le message et les équipes se forment, en province ( IAM...), en banlieue ( Suprême NTM, EJM, Timide Et Sans Complexe, Ministère Ämer, Expression Direkt...) et bien sûr, sur place. On peut citer Assassin, et Tout Simplement Noir.
LES CAIDS DE PANAME
T.S.N. c'est un groupe à cheval entre la seconde génération ( EJM, Solaar, NTM, Les Little...) du rap français, qui est présente dans les bacs dés 1990-91, et la troisième ( La Cliqua, Fabe, La Rumeur,les affiliés Time Bomb...). Comme pour beaucoup de leurs coreligionnaires, c'est l'émission "Deenastyle" (Radio Nova) qui motive la cohorte , alors composée de cinq membres, MC Bees, DJ Keuss, JLTismé, Parano Refré et Demon. B. Rappelons aux novices que cette émission, démarrée par Dee Nasty et Lionel D a sévi de fin 88 à début 90, et accueilli Ministère Amer, EJM, Assassin, NTM et Solaar à leurs débuts. Rappelons aussi qu'à cette époque, le rap a une réputation sulfureuse ( musique de basanés, très basanés même), c'est aussi infréquentable, voire davantage que le hard rock ou le punk rock dans le media consensuels, et surtout, c'est vu ( le hiphop) comme une mode, un gadget.
Par conséquent, les fenêtres de tir sont rares. Le quintette parisien pense que l'union fait la force et rejoint le collectif La Longue Posse (initié par Jazzyco du Criminal Posse, futur SLEO) avec d'autres activistes comme Fabe, en 1989, maquette quelques titres dont " Le Temps Passe", qui fera l'objet d'un tournage RAPLINE ( Olivier Cachin, qui démarre la fameuse émission sur M6 à l'été 90, décidera de réaliser des reportages sur les groupes français, d'où le seul clip officiel de Ministère Amer, "Traîtres", "Elucider Ce Mystère" de Soon E MC, peut-être les seuls clips de EJM et surtout la première version de "Bouge De Là" d'un certain MC Solaar) et effectue quelques concerts. Problème, entre 1991 et 1995, la scène rap hexagonale bouillonne et la médiatisation ne suit pas, d'autant plus que les maisons de disques reconnues ne se jettent pas sur les groupes en présence. Et certaines signatures n'en gardent pas un bon souvenir ( de leurs contrats). Les pionniers ont essuyé les plâtres, la relève a le choix entre le soutien d'une major ou la débrouillardise, comme les collègues du rock alternatif par exemple, soit autoproduction totale, soit "professionalisation" cad création de labels, et arrangements pour la distribution des enregistrements. Assassin a montré la voie, EJM ou La Cliqua commencent à y réfléchir, et puis de l'autre côté de l'Atlantique, quelques bronzés énervés de Compton ou Oakland ont réussi à monter et surtout consolider un label, et ce ne sont pas les seuls. Apparemment Demon.B n'a pas envie d'y réfléchir et il quitte le navire, avec un autre TSN, ce qui réduit l'équipe à 3 personnes, un trio noyé dans la masse de ceux qui cherchent à sortir de l'ombre de Joey Starr, Akhenaton, Rockin Squat, Solaar qui couvre la troisième vague émergente du rap français. Mais comme TSN aime la nuit et Paris, ça tombe bien, non?
PEUR SUR LUTECE
JLTismé, Parano Refré et MC Bees fondent donc un label, Panam' Production. Il s'agit en fait d'autoproduction, au sens où le label ne sert qu'au groupe Tout Simplement Noir. Bref, nos amis s'associent avec un certain Greg, pour concevoir l'album "Dans Paris Nocturne", alors que de Seine Saint Denis arrive "Paris Sous Les Bombes", et qu'un futur rapper acteur, avant de révéler à son fils son honorable profession, nous a dit que Paris la nuit c'est funky ( à condition de courir plus vite que des projectiles métalliques mais c'est une autre histoire). Ce premier opus, sorti en 1995, (D.P.N.) illustre semble-t-il le mode de vie d'une espèce peu étudiée jusqu'alors, le "négro parigot": il est constaté, selon les experts consultés, que le négro parigot aime faire la fête, provoquer ( influence de Serge Gainsbourg?), observer son environnement et militer ( le fameux logo " Banania ne passera pas par moi"). De l'hédonisme et du réalisme sur des productions qui tournent le dos au son en vogue, le rap jazzy de A Tribe Called Quest ou l'âpreté d'un DJ Premier. TSN ne rêve pas que "Châtelet-Les Halles c'est Brooklyn", se contentant de martyriser le pauvre Claude François, rapproché post mortem de ses influences réelles, la musique noire américaine. Résultat des courses, "quasi indifférence des media underground et de ceux alors disponibles en kiosque" ( RER #3, septembre ou octobre 1996) et succés sur le marché indépendant puisque 75000 exemplaires seront écoulés.
TSN en profite pour sortir le single "J'suis F", qui fera l'objet d'un clip, et reste leur tube underground, et Parano Refré est recruté par la chaîne musicale MCM en 1996. Il y animera "Blah Blah Rap", émission bi-quotidienne d'une demi-heure (qui succède plus ou moins à "Ema Doze", présentée par une jeune femme blonde qui avait la bougeotte, mais nous nous égarons) jusqu'en 2000, et ne se privera pas de diffuser de temps en temps la vidéo de TSN.
Tuesday, February 17, 2009
there it is!! I got some good stuff for you, if you like thisComplètement Fly or this déconseillé aux âmes sensibles, if you like this D Abuz System or that attention rap de bronzés or that encore!!, maybe it's for you...if you can stand this storytelling and also that what you sayin?, with an inch of this move, brothers and sisters! then you are ready for JLTismé new album, "Jeefunkologie" ( don't worry, I can supply, just email to sauldaniel666@yahoo.fr if interested)sounds like this!
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