Monday, April 30, 2012
Vraiment... vraiment... RIEN DE BON SUR LA FM!!!!
un teaser de ce qui pourrait devenir un bouquin aussi touffu que "Gangsta Gumbo" ou "Vibrations jamaïcaines"...
Pour EJM le gangsta rap, c'est l'héritage de l'ambiance Blaxploitation, les livres de Donald Goines & Iceberg Slim, le côté "cinéma" de NWA, Too Short, Compton Most Wanted. Le G Funk c'est plu de chant ( Kokane, Nate Dogg), et des musiciens sont impliqués ( exemple DJ Quik), sur la côte Est on va apporter un bassiste,ou un guitariste, pour un beat lourd, sur la côte Ouest c'est un tout, plus musical , plus mélodique. Paraît que Dr dre a voulu signer sur [un label de ] la côte Est, on lui a refusé ses maquettes (...) Les particularités West, l'ambiance déjà, les lowriders, la voiture qui rebondit, et la danse qui suit, laidback, les mains qui "suivent", le rebondissement de la voiture, et en parallèle la danse des gangs, et les signes qu'ils font pour "coder", parler sans être compris des non initiés -> C walk ou B walk (...) Particluarités WEST aussi, c'est dangereux au sens où, il ne faut pas se perdre dans le hood sinon tu débouches sur un coin où il y a une fusillade et tu prends une balle perdue, ou tu débouches dans le barrio, et les Latinos détestent les Noirs, donc pareil, cercueil. Et il fait chaud donc pas de doudoune, mais truc léger comme les Dickies, pantalons courts, T shirts, et surtout couleurs neutres (...) pour éviter les ennuis. Une anecdote, il voit 2 Noirs et 2 latinos (entre 8 et 12 ans) qui vot jouer sur un terrain de basket, chacun de son côté, et ils ne se parlent pas, "apartheid" quoi --> et en revenant ( en France) il a écrit des textes comme "Elément dangereux".
A Vitry, les gens ont accroché, sur le côté festif du G Funk ( barbecue, réunion de potes), et aussi le côté description de la réalité du quartier, les problèmes des gens.NWA, Above The Law, ca tournait ( il fredonne "Untouchable"), DJ Quik moins EJM se définit comme un MC de rue, street lyricist, on raconte ce qui se passe, comme MC Eiht notamment. Il écoutait le son de la Bay Area ( Spice 1, Too Short, le Dangerous Crew (au début des 90ies)) avant de plonger dans le son de Dr Dre. Selon lui, les1ers à avoir fait du G funk en France c'est TSN, ils ont fait venir des musiciens, et ça chantonne un peu. A Vitry ça n'a pas trop pris mais à Sarcelles....(et dans le 78, précise son acolyte). Et (selon EJM) c'est EAZY E qui a apporté l'image "gangster", la casquette, els armes, les voitures, le fait de marcher en bande, un aspect "cinéma", "classe" ( EJM)
Ce qui m'a marqué[à propos de la culture hiphop, années 80], c'est qu'on avait cette image de Noirs américains, qui avaient une vraie place dans la société, des signes extérieurs de richesse, une espèce de fierté, un côté contestataire aussi, qu'on avait en commun (...) TSN, c'est un autre parcours, on a tout fait par nous-mêmes. Nous on était dans notre coin, autonomes (...) J'étais plus inspiré par des groupes US, comme LL Cool J, Public Enemy, Schoolly D (...) Déjà on se sentait plus proche de Ministère AMER que de NTM, qui nous paraissait plus "rock" à l'époque. NTM est un groupe qui a fait des rencontres, qui faisait partie d'un collectif, et dans ce collectif il y a Rockin' Squatt, fils Cassel, donc showbiz, on leur a tendu des perches.NT%M, ce n'est pas le rap qu'on aimait, nous on aimait le rap un peu "gangsta", le rap de L.A. (...) NTM c'était très "rock" , avec le Renoi avec un côté un peu disjoncté et Kool Shen le côté intellectuel, plus posé, le mélange de Noir et de Blanc..Nous, on n'était pas ça, un groupe de rap nommé Tout Simplement Noir, on avait des revendications, envie de faire connaître notre culture, de montrer notre différence et de l'affirmer, et de la dédramatiser...parce que le rap avait une hyper mauvaise image, c'était "gang, dépouille, voyou, violence" (...) Et on faisait l'amalgame "Noir=bande"... Nous (TSN) on voulait casser ces clichés... [sur les influences californiennes] C'est NWA, voilà, faut pas aller chercher trop loin , c'est Eazy E, tout ce côté Ruthless, The DOC, CPO, tous ces groupes à l'ancienne, Ice T, Ice Cube, ce côté "noir", comme il y avait à NY... sauf que eux revendiquaient leur environnement, quoi. Et c'étaient des mecs de quartiers défavorisés, comme dans le Bronx certainement, mais qui mettaient pour références les dealers de drogue, les maquereaux, et à Paris on avait ça aussi (...) le côté "peace, love, unity and having fun", c'était pas trop mon délire, parce que ce n'était pas (trop) la réalité de ce que j'ai pu vivre, tu vois?(...) [sur les films comme "Boyz 'N'The Hood" ou "Menace II Society"] C'était énorme, vraiment énorme! Parce que... on avait l'impression que...on avait en film, nos vies...enfin, même si c'est empreint d'images et de clichés américains, mais bon, voilà, nous on avait à peu près la même vie , des armes, il y en avait autour de nous, des meurtres on en a connu (...) l'alcool, la jeunesse, avec des femmes, et tout ça...ouais, on a kiffé (...) C'étaient des Noirs qui étaient portés à l'écran, et on n'en avait pas l'habitude, on avait plus les Rambo, les Stallone, des choses comme ça, et rarement les gens comme nous, finalement (PARANO REFRE, TSN)
[Sur ses apparitions dans "Boyz 'N The Hood" et "Menace II Society", comment expliquer que lui a eu ces rôles et pas Hi-C, DJ Quik, Snoop ou Eazy E] J'ai eu de la chance, les metteurs en scène, les frères Hughes étaient des potes, ils ont grandi à Pomona, qui est près de Compton. A l'époque ( 91-92) il n'y avait pas beaucoup de gangsta rappers (en tout cas connus), donc eux c'étaient des étudiants, ils venaient d'avoir leur diplôme, ont obtenu le deal pour faire le film ( "Menace II Society"), ils connaissaient mes clips, donc ils ont contacté mon entourage, on s'est rencontrés, et voilà. Le courant est passé et j'ai obtenu un rôle. Pour "Boyz'N The Hood", c'était un hasard, il se trouve que je trainais dans le coin avec Ice Cube, sur les lieux du tournage. John Singleton en fait, était un fan de mes trucs, il m'a offert de participer au sound track, la BOF, et puis il m'a offert une apparition [pour les novices, la scène du barbecue avec entre autres, Yo Yo, Ice Cube, Cuba Gooding Jr, Nia Long...et belle tirade misogyne du "ni**a you love to hate"]. Un bon début pour ma carrière d'acteur! (...) A l'époque aucun (gangsta) rapper n'était acteur, Ice Cube démarrait, il y avait 2Pac dans "Juice". En fait, c'est une chance que les réalisateurs soient fans et m'aient donné ma chance, justement, d'être acteur, ce n'était pas calculé, mais (très) spontané au contraire. Et ça m'a donné une [bonne] exposition médiatique. Jouer A Wax ("Menace II Society") c'était facile, parce que je connais cet environnement, ces quartiers, ces gens qui y vivent, j'en fais partie
[Spice 1] Je l'ai rencontré au moment du film " Menace II Society". Spice 1 était signé chez Jive, et la bof du film était sur ce label aussi. J'ai produit mon morceau "Streiht Up Menace", et comme il a été choisi comme single principal, Jive Records m'a contacté et m'a dit que Spice 1 préparait un album ( son 3eme), et le label voulait que je sois dessus. Donc on nous a envoyés, DJ Slip et moi, à Oakland, au studio où enregistrait Spice 1, c'est là que je l'ai rencontré, et on est potes depuis. Jive a adoré "The M%urdershow", le morceau avec Spice 1, et comme il y avait le buzz sur moi par rapport au film, ce titre a été choisi comme single de l'album 187 He Wrote"
[South Central Cartel] Comme Compton Most Wanted, on a démarré en même temps , de jeunes rappers qui veulent se faire une place. Je connais bien Havikk "The mouth piece", CMW et SCC avaient le même avocat, et comme je connais bien Russell Simmons, qui était un fan de "Menace II Society", on a eu des opportunités de soundtracks via Def Jam etc...En fait tous les groupes West Coast du début des années 90, je les connais bien, on a de bonnes relations, on s'entraide...
[Impact sur l'Europe] Lorsque je suis venu en Europe [en tournée], en 1992 [j'ai vu que] tout le monde connaissait les textes, les albums de CMW, en Scandinavie par exemple, notamment "Music To Drive By". Donc là je me suis rendu compte que le hiphop était mondial, pas seulement un truc qu'on connaît à Compton, Houston ou New York. Parce qu'à l'époque ce qui marchait c'étaient les Geto Boyz, NWA, EPMD, Public Enemy, CMW
[CMW et composition] DJ Slip était le producteur, DJ Unknown avait un petit label (...). Cela dit, je pouvais apporter des vinyles, choisir tel morceau de tel groupe et dire à DJ Slip "faut sampler tel ou tel truc"
[ The Source, couverture Scarface, MC Eiht, Spice 1] ils faisaient en fait une série de numéros sur le "reality rap", parce que le gangsta rap avait mauvaise réputation à l'époque, la brutalité policière, le deal de drogue, et en plus il y avait beaucoup de négativité, des beefs. Donc The Source a décidé de faire des trucs là-dessus. Nous, on refusait le terme "gangsta rap" parce qu'on ne glorifiait pas le gangstérisme, nous faisions du "reality rap", on parlait de là d'où on vient et nos expériences (lutter pour survivre). The SOURCE nous a permis de nous exprimer, de donner notre point de vue. On parle de ce qu'on voit, on ne dit pas "nous sommes Untel de tel gang" mais "nous vivons dans un endroit où il y a des gangs, du deal de drogue etc...". Ca a été positif parce que les gens ont pu avoir un éclairage différent. (MC EIHT)
[La composition] je joue de la trompette, de la basse, du piano (...) 85% de ce que tu entends sur les disques d'Above The Law, c'est mon oeuvre. Cela dit, si des musiciens, une pièce remplie de musiciens, sont présents, c'est le top aussi, j'adore collaborer avec [d'autres] instrumentistes...
[le classique "Black Superman"] Avec "Uncle Sam's Curse" on voulait faire des morceaux sombres, et puis on s'est demandés "qu'est-ce que c'est ou qu'est-ce que ça pourrait être, un super héros noir", qu'est-ce que ça signifie? Un super héros noir pourrait être "a bad man", ou alors quelqu'un qui s'occupe de sa famille, de son entourage quoiqu'il arrive. Tout dépend de la façon dont on voit "la malédiction de l'oncle Sam" ( BIG HUTCH, Above The Law)
Do you want more? let's say that the mf saga will continue....
Monday, February 27, 2012
Interview avec Jérémie Kroubo pour son livre "Vibrations Jamaicaines"
1) Présentation pour les novices (et ceux qui n'ont pas écouté l'interview de 2009/2010 malgré les 2 ou 3 rediffusions)...
Je suis docteur en langues, littératures et civilisations anglo-saxonnes de l’Université Bordeaux 3 et le livre « Vibrations Jamaïcaines » est tiré de ma thèse. J’enseigne actuellement à l’Université des Antilles et de la Guyane en Martinique. Par ailleurs j’ai écrit un 1er livre, « Les origines du reggae : retour aux sources », paru chez L’Harmattan en 2008.
2) Pourquoi cet intérêt pour la Jamaïque et ses musiques "locales"?
En fait j’écoute du reggae depuis très jeune. J’ai découvert ce genre musical vers 13 ans avec un pote qui jouait dans un groupe de reggae. Les côtés engagé et rebelle du reggae, ses rythmes afro-caribéens et l’idéologie rasta, entre autres, m’ont immédiatement plu. Ensuite je me suis intéressé aux autres genres musicaux jamaïcains, puis dès que j’en ai eu l’opportunité, je me suis rendu en Jamaïque pour approfondir mes connaissances.
3) As-tu rencontré ou contacté des gens comme Don Letts ou Basement 5?
Oui j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Don Letts dans le cadre de mes recherches. Lors de notre entretien, il est notamment revenu sur les débuts du punk en Angleterre ainsi que sur les liens entre les mouvements punk et reggae.
4) Comment un "si petit pays" arrive à être aussi ou plus prolifique que "la Terre Mère", l'Afrique (cad la somme de tous les pays)?
Je ne sais pas si les Jamaïcains sont plus prolifiques que les Africains, mais c’est vrai qu’ils sont très féconds. Pourquoi sont-ils si prolifiques ? Je ne sais pas exactement, mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont très créatifs et qu’il y a une véritable énergie et une profusion d’idées qui se dégagent de ce peuple. Produire et créer, ça semble être une sorte d’exutoire pour les Jamaïcains. Par ailleurs, l’utilisation massive de « riddims », héritée du dub et du toasting, contribue clairement à cet aspect prolifique.
5) Le reggae a semble-t-il eu des difficultés à s'imposer aux Etats-Unis, pourquoi selon toi?
Ben tu sais depuis des décennies, ce sont les Nord-Américains qui globalement créent les tendances, notamment d’un point de vue musical, donc il est difficile pour un genre ou des artistes non-américains de s’imposer aux Etats-Unis, en particulier si cette musique vient d’une petite île comme la Jamaïque et prône le retour en Afrique. Et puis quand le reggae est arrivé aux Etats-Unis par le biais de Bob Marley and the Wailers notamment, les Noirs Américains n’ont pas vraiment accroché, car eux ils étaient à fond dans la soul, le funk ou le disco. Le reggae était d’une certaine manière considéré comme trop « indigène » par le public noir américain de l’époque. Mais en réalité, depuis plusieurs décennies, la Jamaïque est un peu comme les Etats-Unis, dans le sens où il est très difficile pour un genre non-jamaïcain de s’imposer sur l’île.
6) Vu de l'extérieur on a l'impression qu'il y a beaucoup de chanteurs, toasters, DJs, et peu de musiciens...n'y a-t-il que des "requins de studio" type Sly & Robbie, ou de véritables groupes, en tout cas vendus comme tels, ont émergé, ou émergent, si on met le ska et les Skatalites de côté?
Non il y a énormément de musiciens, mais c’est juste que comme partout, ce sont les chanteurs et les toasters qui sont mis en avant sur les albums, dans les médias etc. En témoignent des mecs comme le guitariste Chinna Smith, le batteur Horsemouth Wallace, le bassiste Larry Silvera, le claviériste Tyrone Downie etc…Il y a vraiment plein de musiciens, et nombreux ont fait leurs armes au Black Ark, chez Lee Perry !
7) Bob Marley, Peter Tosh, The Congos ou d'autres groupes/ chanteurs sont réédités à plusieurs reprises. Hormis les labels, qui profite des bénéfices ou en tout cas des ventes?
Les artistes (s’ils sont encore vivants) ou leurs descendants tout simplement….
8) Est-ce que la vague anglaise (Aswad, Steel Pulse, Cimarrons....) est aussi respectée que les groupes jamaïcains (en Jamaïque, et ailleurs)?
Oui bien sûr, car ces artistes sont tous Jamaïcains, même s’ils ont fait carrière et pour certains grandi au Royaume-Uni. Ils sont aussi importants et respectés que des groupes comme Culture, Mighty Diamonds ou les Kingstonians.
9) A-t-on en France, Allemagne, Italie ou dans les pays de l'Est, l'équivalent d'un Steel Pulse?
Personnellement je ne pense pas. Il y a effectivement des artistes qui ont énormément de succès comme Alborosie en Italie ou Gentleman en Allemagne, mais ils ne sont pas Jamaïcains et ne sont pas perçus comme tels en Jamaïque. Mais ça ne les empêche pas d’obtenir une certaine reconnaissance là-bas.
10) Que dire sur la scène reggae (pas ragga/dancehall mais ska/rocksteady/reggae plutôt) hexagonale, des années 80 à maintenant?
Le reggae en France a connu son âge d’or dans les années 1990 avec des artistes comme Princess Erika, Tonton David, Daddy Nuttea, Saï Saï et Massilia Sound System, et surtout au tournant des années 1990-2000 quand les médias se sont intéressés à des artistes comme Pierpoljak, Sinsemilia, Baobab etc., mais sinon cette scène reste plutôt underground, en particulier en termes de ska et de rocksteady. Il y a aussi de très bons groupes de dub français, ainsi qu’une scène provinciale très active, mais globalement le reggae français et les genres dérivés ne sont pas trop médiatisés en France. Ce qui n’empêche pas les artistes d’être très dynamiques, surtout en matière de concerts.
11) Ton avis sur un groupe comme Bad Brains...
Il s’agit d’un groupe atypique dans le paysage musical nord-américain : des Blacks, des dreadlocks qui jouent de la musique de Blancs, du punk. En fait, ce groupe montre les liens qu’il y a pu avoir entre les mouvements punk et reggae. Ce sont deux mouvances rebelles et anti-establishment !
12) Peut-on dire que la musique punk, et la Oi, ont été fortement influencées par les musiques jamaïcaines pour les lignes de basse?
Fortement influencées c’est peut-être beaucoup dire, mais influencée oui je pense. En témoigne la musique de groupe comme les Clash ou les Sex Pistols.
13) Quelque chose à ajoûter, à préciser... projets futurs...
Je termine la traduction de « People Funny Boy » de David Katz. La biographie de Lee Perry devrait donc être disponible en français avant la fin de l’année.
1) Présentation pour les novices (et ceux qui n'ont pas écouté l'interview de 2009/2010 malgré les 2 ou 3 rediffusions)...
Je suis docteur en langues, littératures et civilisations anglo-saxonnes de l’Université Bordeaux 3 et le livre « Vibrations Jamaïcaines » est tiré de ma thèse. J’enseigne actuellement à l’Université des Antilles et de la Guyane en Martinique. Par ailleurs j’ai écrit un 1er livre, « Les origines du reggae : retour aux sources », paru chez L’Harmattan en 2008.
2) Pourquoi cet intérêt pour la Jamaïque et ses musiques "locales"?
En fait j’écoute du reggae depuis très jeune. J’ai découvert ce genre musical vers 13 ans avec un pote qui jouait dans un groupe de reggae. Les côtés engagé et rebelle du reggae, ses rythmes afro-caribéens et l’idéologie rasta, entre autres, m’ont immédiatement plu. Ensuite je me suis intéressé aux autres genres musicaux jamaïcains, puis dès que j’en ai eu l’opportunité, je me suis rendu en Jamaïque pour approfondir mes connaissances.
3) As-tu rencontré ou contacté des gens comme Don Letts ou Basement 5?
Oui j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Don Letts dans le cadre de mes recherches. Lors de notre entretien, il est notamment revenu sur les débuts du punk en Angleterre ainsi que sur les liens entre les mouvements punk et reggae.
4) Comment un "si petit pays" arrive à être aussi ou plus prolifique que "la Terre Mère", l'Afrique (cad la somme de tous les pays)?
Je ne sais pas si les Jamaïcains sont plus prolifiques que les Africains, mais c’est vrai qu’ils sont très féconds. Pourquoi sont-ils si prolifiques ? Je ne sais pas exactement, mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont très créatifs et qu’il y a une véritable énergie et une profusion d’idées qui se dégagent de ce peuple. Produire et créer, ça semble être une sorte d’exutoire pour les Jamaïcains. Par ailleurs, l’utilisation massive de « riddims », héritée du dub et du toasting, contribue clairement à cet aspect prolifique.
5) Le reggae a semble-t-il eu des difficultés à s'imposer aux Etats-Unis, pourquoi selon toi?
Ben tu sais depuis des décennies, ce sont les Nord-Américains qui globalement créent les tendances, notamment d’un point de vue musical, donc il est difficile pour un genre ou des artistes non-américains de s’imposer aux Etats-Unis, en particulier si cette musique vient d’une petite île comme la Jamaïque et prône le retour en Afrique. Et puis quand le reggae est arrivé aux Etats-Unis par le biais de Bob Marley and the Wailers notamment, les Noirs Américains n’ont pas vraiment accroché, car eux ils étaient à fond dans la soul, le funk ou le disco. Le reggae était d’une certaine manière considéré comme trop « indigène » par le public noir américain de l’époque. Mais en réalité, depuis plusieurs décennies, la Jamaïque est un peu comme les Etats-Unis, dans le sens où il est très difficile pour un genre non-jamaïcain de s’imposer sur l’île.
6) Vu de l'extérieur on a l'impression qu'il y a beaucoup de chanteurs, toasters, DJs, et peu de musiciens...n'y a-t-il que des "requins de studio" type Sly & Robbie, ou de véritables groupes, en tout cas vendus comme tels, ont émergé, ou émergent, si on met le ska et les Skatalites de côté?
Non il y a énormément de musiciens, mais c’est juste que comme partout, ce sont les chanteurs et les toasters qui sont mis en avant sur les albums, dans les médias etc. En témoignent des mecs comme le guitariste Chinna Smith, le batteur Horsemouth Wallace, le bassiste Larry Silvera, le claviériste Tyrone Downie etc…Il y a vraiment plein de musiciens, et nombreux ont fait leurs armes au Black Ark, chez Lee Perry !
7) Bob Marley, Peter Tosh, The Congos ou d'autres groupes/ chanteurs sont réédités à plusieurs reprises. Hormis les labels, qui profite des bénéfices ou en tout cas des ventes?
Les artistes (s’ils sont encore vivants) ou leurs descendants tout simplement….
8) Est-ce que la vague anglaise (Aswad, Steel Pulse, Cimarrons....) est aussi respectée que les groupes jamaïcains (en Jamaïque, et ailleurs)?
Oui bien sûr, car ces artistes sont tous Jamaïcains, même s’ils ont fait carrière et pour certains grandi au Royaume-Uni. Ils sont aussi importants et respectés que des groupes comme Culture, Mighty Diamonds ou les Kingstonians.
9) A-t-on en France, Allemagne, Italie ou dans les pays de l'Est, l'équivalent d'un Steel Pulse?
Personnellement je ne pense pas. Il y a effectivement des artistes qui ont énormément de succès comme Alborosie en Italie ou Gentleman en Allemagne, mais ils ne sont pas Jamaïcains et ne sont pas perçus comme tels en Jamaïque. Mais ça ne les empêche pas d’obtenir une certaine reconnaissance là-bas.
10) Que dire sur la scène reggae (pas ragga/dancehall mais ska/rocksteady/reggae plutôt) hexagonale, des années 80 à maintenant?
Le reggae en France a connu son âge d’or dans les années 1990 avec des artistes comme Princess Erika, Tonton David, Daddy Nuttea, Saï Saï et Massilia Sound System, et surtout au tournant des années 1990-2000 quand les médias se sont intéressés à des artistes comme Pierpoljak, Sinsemilia, Baobab etc., mais sinon cette scène reste plutôt underground, en particulier en termes de ska et de rocksteady. Il y a aussi de très bons groupes de dub français, ainsi qu’une scène provinciale très active, mais globalement le reggae français et les genres dérivés ne sont pas trop médiatisés en France. Ce qui n’empêche pas les artistes d’être très dynamiques, surtout en matière de concerts.
11) Ton avis sur un groupe comme Bad Brains...
Il s’agit d’un groupe atypique dans le paysage musical nord-américain : des Blacks, des dreadlocks qui jouent de la musique de Blancs, du punk. En fait, ce groupe montre les liens qu’il y a pu avoir entre les mouvements punk et reggae. Ce sont deux mouvances rebelles et anti-establishment !
12) Peut-on dire que la musique punk, et la Oi, ont été fortement influencées par les musiques jamaïcaines pour les lignes de basse?
Fortement influencées c’est peut-être beaucoup dire, mais influencée oui je pense. En témoigne la musique de groupe comme les Clash ou les Sex Pistols.
13) Quelque chose à ajoûter, à préciser... projets futurs...
Je termine la traduction de « People Funny Boy » de David Katz. La biographie de Lee Perry devrait donc être disponible en français avant la fin de l’année.
Thursday, July 07, 2011
A MESSAGE TO BENEDICT ARNOLD
Ice Cube, oui, tu as démarré ce truc, le gangsta rap, et tu en es (suffisamment) remercié. Oui , le concert du 6 juillet était bien, très bien même, et comme je n'ai pas payé, je n'ai légitimement pas le droit de me plaindre. Mais jusqu'ici, je croyais que tu étais un adulte, pas un enfant gâté. Un adulte, ça prend des décisions et ça s'y tient ( on accorde des interviews ou pas, et on ne change pas d'avis, sauf si on est "une fille du mouv' " comme dit Gynéco). Un adulte qui pèse (acteur et réalisateur à succès, artiste de légende), ça doit savoir s'entourer. J'ai l'impression que ce n'est pas ton cas. Tu rends hommage à EAZY E, aurait-il agi comme tu le fais? Les Américains retirent le "ghetto pass" à certains rappers, moi j'aimerais voir le Glaçon faire quelques apparitions à Sarcelles, Grigny, Les Ulis et frayer avec les locaux, en serait-il capable ? Tu nous as fait comprendre que le Bataclan était ce soir-là en territoire West Coast, un petit détail, c'était un territoire afropéen, et on peut dénicher un Claude Guéant banlieusard qui t'apprendra la politesse et le savoir-vivre en terre autochtone. D'ailleurs, si tu te souviens bien, la fois dernière c'était le Zénith ( pas plein), là c'est le Bataclan ( pas vraiment plein non plus, si ?!). Continue à te comporter en gamin, Ice Cube, les gamins préfèrent les CDs pirates ou les mp3, de l'argent qui fuira ta poche. Un gangster plumé, ça fait mauvais effet. lot de consolation, tu rejoins DJ Quik dans ma liste noire. Lot de consolation bis, les bronzés locaux ne sont pas assez "cikatrizés", ils dormiront jusqu'à devenir barbus pour la plupart. La structure, la structure....
Ice Cube, oui, tu as démarré ce truc, le gangsta rap, et tu en es (suffisamment) remercié. Oui , le concert du 6 juillet était bien, très bien même, et comme je n'ai pas payé, je n'ai légitimement pas le droit de me plaindre. Mais jusqu'ici, je croyais que tu étais un adulte, pas un enfant gâté. Un adulte, ça prend des décisions et ça s'y tient ( on accorde des interviews ou pas, et on ne change pas d'avis, sauf si on est "une fille du mouv' " comme dit Gynéco). Un adulte qui pèse (acteur et réalisateur à succès, artiste de légende), ça doit savoir s'entourer. J'ai l'impression que ce n'est pas ton cas. Tu rends hommage à EAZY E, aurait-il agi comme tu le fais? Les Américains retirent le "ghetto pass" à certains rappers, moi j'aimerais voir le Glaçon faire quelques apparitions à Sarcelles, Grigny, Les Ulis et frayer avec les locaux, en serait-il capable ? Tu nous as fait comprendre que le Bataclan était ce soir-là en territoire West Coast, un petit détail, c'était un territoire afropéen, et on peut dénicher un Claude Guéant banlieusard qui t'apprendra la politesse et le savoir-vivre en terre autochtone. D'ailleurs, si tu te souviens bien, la fois dernière c'était le Zénith ( pas plein), là c'est le Bataclan ( pas vraiment plein non plus, si ?!). Continue à te comporter en gamin, Ice Cube, les gamins préfèrent les CDs pirates ou les mp3, de l'argent qui fuira ta poche. Un gangster plumé, ça fait mauvais effet. lot de consolation, tu rejoins DJ Quik dans ma liste noire. Lot de consolation bis, les bronzés locaux ne sont pas assez "cikatrizés", ils dormiront jusqu'à devenir barbus pour la plupart. La structure, la structure....
Friday, July 01, 2011
Une conférence intéressante, pour ceux qui ont écouté ceci ou ceci
De la tragédie congolaise 400 Mandats d'arrêts internationaux à lancer
samedi 2 juillet · 14:00 - 19:00
Lieu
Centre de vie des Sanitas
10, place neuve
Tours, France
Intervenant : MULOPO KAPITA, alias Jean-marteau MONI-MANBU. Ecrivain et militant Congolais. Député 2004-2006.
De la tragédie congolaise 400 Mandats d'arrêts internationaux à lancer
samedi 2 juillet · 14:00 - 19:00
Lieu
Centre de vie des Sanitas
10, place neuve
Tours, France
Intervenant : MULOPO KAPITA, alias Jean-marteau MONI-MANBU. Ecrivain et militant Congolais. Député 2004-2006.
Wednesday, June 29, 2011
Ice Cube comes to Paris , Bataclan July 6th... Get ready!!!!
Check it yourself
especially there...
WEST COAST BROTHA NUMBER ONE
Ice Cube? Le Glaçon? Au moment où les rappers, DJs, danseurs, graffeurs prennent des noms d'artistes qui sonnent ( Egyptian Lover, Grand Wizard Theodore, Afrika Islam, Flavor Flav, Grand Master Flash, DJ Akshun (futur Scarface) ou même Cold 187um, voire un certain Eazy E ou The D.O.C.), le jeune O'Shea Jackson ne se débaptise pas Master O ou Radical Jay. Hommage à Iceberg Slim, comme son collègue émigré de la East Coast Tracy Marrow ( Ice T) ?
En tout cas, des trois Glaçons les plus connus de nos services, Just Ice, Ice T, Ice Cube, Monsieur Jackson a constitué l'équivalent d'une banquise, sévissant dans le rap en tant qu'artiste solo échappé d'un collectif mythique qu'on ne présente plus, mentor ( Da Lench Mob, Yo Yo, Knocturnal...), chef de meute ( Westside Connection). Sans oublier Hollywood: qui a oublié Doughnut dans "Boyz' N The Hood" ( 1991) ? On peut également citer la série des "Friday", "Player's Club" ou Barbershop". Ice Cube est également le premier ou l'un des premiers à avoir établi une alliance avec la Côte Est, via le BOMB SQUAD, pour son premier album solo "Amerikkka's Most Wanted". L'un des premiers rappers West Coast à rejoindre la Nation Of Islam ( suivi par Kam, Paris entre autres), et à la quitter. Ice Cube aime la controverse, Ice Cube, "the n*gga you love to hate" aime la West Coast, Ice Cube a mis Compton et South Central sur la carte du rap mondial à travers des classiques comme "Gangsta Gangsta", "F*ck Tha Police", "True To The Game", "Steady Mobbin", "Ghetto Bird", "It Was A Good Day".
Le Glaçon sera au Bataclan le 6 juillet pour défendre son album "I Am The West". Et toi qui prétends venir de LAxagone, tu vas rester regarder le résumé de l'étape cycliste du jour? Pas question !!! Garance Productions et Zikaload t'offrent 5 places pour rejoindre le bataillon de la Force West sur Paname...
Check it yourself
especially there...
WEST COAST BROTHA NUMBER ONE
Ice Cube? Le Glaçon? Au moment où les rappers, DJs, danseurs, graffeurs prennent des noms d'artistes qui sonnent ( Egyptian Lover, Grand Wizard Theodore, Afrika Islam, Flavor Flav, Grand Master Flash, DJ Akshun (futur Scarface) ou même Cold 187um, voire un certain Eazy E ou The D.O.C.), le jeune O'Shea Jackson ne se débaptise pas Master O ou Radical Jay. Hommage à Iceberg Slim, comme son collègue émigré de la East Coast Tracy Marrow ( Ice T) ?
En tout cas, des trois Glaçons les plus connus de nos services, Just Ice, Ice T, Ice Cube, Monsieur Jackson a constitué l'équivalent d'une banquise, sévissant dans le rap en tant qu'artiste solo échappé d'un collectif mythique qu'on ne présente plus, mentor ( Da Lench Mob, Yo Yo, Knocturnal...), chef de meute ( Westside Connection). Sans oublier Hollywood: qui a oublié Doughnut dans "Boyz' N The Hood" ( 1991) ? On peut également citer la série des "Friday", "Player's Club" ou Barbershop". Ice Cube est également le premier ou l'un des premiers à avoir établi une alliance avec la Côte Est, via le BOMB SQUAD, pour son premier album solo "Amerikkka's Most Wanted". L'un des premiers rappers West Coast à rejoindre la Nation Of Islam ( suivi par Kam, Paris entre autres), et à la quitter. Ice Cube aime la controverse, Ice Cube, "the n*gga you love to hate" aime la West Coast, Ice Cube a mis Compton et South Central sur la carte du rap mondial à travers des classiques comme "Gangsta Gangsta", "F*ck Tha Police", "True To The Game", "Steady Mobbin", "Ghetto Bird", "It Was A Good Day".
Le Glaçon sera au Bataclan le 6 juillet pour défendre son album "I Am The West". Et toi qui prétends venir de LAxagone, tu vas rester regarder le résumé de l'étape cycliste du jour? Pas question !!! Garance Productions et Zikaload t'offrent 5 places pour rejoindre le bataillon de la Force West sur Paname...
Thursday, April 14, 2011
Un autre hommage à Monsieur Nathaniel Dwayne Hale, avant de publier une partie de l'interview de Mr Labarthe...de la West Coast au Sud sale, attachez vos ceintures!!!
1/ Définition du "Dirty South" pour les novices? C'est un son particulier, une époque, une zone géographique?
Le Dirty South (ou The States of Dixie) est l'ensemble des États qui figurent en dessous de la ligne Mason-Dixon, une frontière symbolique séparant le Nord et le Sud qui a été établie au 18 ème siècle. Les États concernés sont: Floride, Géorgie, Louisiane, Texas, Caroline du Nord et du Sud, Tennessee, Oklahoma, Virginie, Alabama, ainsi que le Mississippi.
Par définition le Dirty South est devenu ce son spécifique dont est doté le rap sudiste, mais c'est avant toute chose une énergie, une culture, un style de vie - dixit les Dirty County Boyz :« Dirty, it's just a vision of the South... Envision red hot clay dirt, chicken coops, slow living, good people and family [in others words, cold-hearted slum life] and that's Dirty. Our music brings that kind of energie. »
2/ Pourquoi selon vous ( les auteurs du livre) le Sud a été méprisé, sous-estimé ( hormis Geto Boys, Da Brat, Jermaine Dupri, le Sud était peu médiatisé avant l'émergence de Master P et Outkast)?
Le rap est la seule et unique musique populaire qui n'est pas née dans le Sud. Le rap vient du Bronx (New York). Pendant longtemps le Nord a canalisé toutes les énergies, toutes les attentions en ce qui concerne le marketing hip hop. De plus, les rappeurs et producteurs du Sud ont été contraint d'imiter leurs homologues nordistes avant de trouver leurs propres styles, puis il a fallu s'organiser en tant que buziness du disque avec tout ce que ça comporte de tâtonnements, de prises de risques, d'échecs. Ils ont débuté avec un retard considérable sur le Nord qui soit dit en passant a longtemps affiché une certaine condescendance envers les « pedsouilles » sudistes. De ce fait ils ont mis beaucoup temps pour exister, artistiquement parlant.
3/ Comment l'idée du bouquin vous est-elle venue?
Je voulais écrire une suite à mon premier livre « Un Siècle de Musique à la Nouvelle-Orléans », mais je voulais faire un truc beaucoup plus consistant concernant uniquement le Dirty South dont je suis un fan absolu. J'ai commencé seul puis, vu l'ampleur et la complexité de la tâche, au bout de 6 mois de travail j'ai décidé de contacter Charlie Braxton., je lisais ses articles & interviews depuis des années (Murderdog, The Source, XXL). Vu que je ne trouvais que des liens éventés le concernant, j'ai donc contacté Black Cat Bone de Murderdog qui m'a mis en contact avec lui. J'ai expliqué à Charlie ce que je voulais accomplir et on s'est aussitôt mis au travail. Sans son concours je pense que je n'aurai pas été au bout de ce projet.
4/ On ne parle pas beaucoup des liens entre West Coast et (Dirty) South, mais The
DOC ( ghostwriter et "6eme homme" de NWA) vient du Texas, Master P a habité dans la Bay Area, Too Short a séjourné à Atlanta, est-ce que le livre aborde ce sujet?
Le livre aborde épisodiquement ce sujet. On parle de certains cas particuliers comme Master P, Fiend ou Big Hollis (architecte du son de Sacramento – Brotha Lynch Hung) qui ont tous tenté l'aventure sur la West Coast avec des fortunes diverses, mais on cite aussi les échanges migratoires entre la Louisiane et le Texas (ex: DJ Screw, Convicts, ESG, sont louisianais et ont émigré au Texas, alors que les texans DJ Mike, MC Thick et E. Vicious ont fait les beaux jours du hip hop de la Nouvelle-Orléans)
En émigrant à Atlanta en 1994, Too Short avait peut être pressenti que quelque chose d'important se passait dans le Sud? Il est dit qu'il a émigré pour échapper aux tensions qu'il y avait chez lui à Oakland. On peut dire que l'actuelle scène d'Atlanta est l'exemple type de ces migrations qu'ont généré le rap. Devenu le nouveau centre névralgique du hip hop, il existe un afflux important des artistes en provenance des États limitrophes venus parachever leur réussite ou bien tenter leurs chances sur place (Drumma Boy et J-Green sont de Memphis, Lex Luger est virginien, Big KRIT vient du Mississippi, P Watts de Columbia (Caroline de Sud) etc....)
5/ Il y a une influence East Coast (évidente) sur le rap français, une petite influence West aussi ( ne serait-ce que via Réciprok pour le grand public), mais quid de l'influence sudiste à part l'escouade DGC records et quelques titres de Dabaaz?
Je ne connais pas les rapports entre le rap français et le Dirty South. Un réel engouement existe pourtant, sans savoir si c'est une tendance ou une culture qui va s'inscrire durablement dans le temps. De nombreux blogs frenchies existent et parlent plutôt bien de la chose: L'officiel Abcdr du son est indispensable, car il aborde tous les styles sans distinction. D'autres, plus obscurs comme Pure Baking Soda de Nicolas Pellion abordent avec conviction et passion le new age Dirty South.
En ce qui concerne les rappeurs français concernés, LMC Click, Frencizzle, Rma2n, me semblent beaucoup plus sérieux que Tyrone Carter qui est un ersatz bien falot qui ne fait qu'amasser les gimmicks du genre Dirty. Il y a aussi le toulousain NYNE qui est dans le new orleans bounce et qui va sortir son album « Bonificateur » avec Juvenile, T-Bo, Fiend et C-Murder en featurings. Tous ces jeunes artistes « Dirty » me semblent cependant très esseulés, or c'est la solidarité qui a fait que le rap sudiste US est parvenu à émerger.
Je maitrise moins bien que toi la spécificité hip hop française. J'ai peur de ne pas être objectif, cependant je ressens le manque de leaders. L'Amérique possède ses martyres - Soulja Slim, 2Pac, Biggie - ici, il y a Booba, mais Booba est bel et bien vivant, de plus il a déserté et vend un son typiquement américain. Trop d'artistes intègres sont dans l'underground et y restent, c'est invraisemblable qu'en 2011 aucune plage horaire ne leur soit accordé à la TV. En fait, j'ai peur d'être défaitiste mais qu'est-ce qu'entrevoit le public lambda français du hip hop hexagonal? Abd Al Malik? La Fouine? Grand Corps Malade?
6/ Hormis Mia X peut-être, quelle alternative à Trina, Khia, Gangsta Boo pour le rap féminin du Sud ( si on met Da Brat de côté)?
Dans notre livre il y a une interview de Mia X qui raconte ses années No' Limit. Elle parle de la difficulté d'être une femme dans cet univers masculin, ce milieu plein de testostérones (sic). Avant d'être un élément important du label de Master P, un de ses premiers titres de Mia X ,« The Payback », était déjà une réponse sans équivoque à la misogynie véhiculée par la scène bounce du début des années 90 à la Nouvelle-Orléans.
Mia X est récemment rentrée à la Nouvelle-Orléans et a ouvert un club. Je ne sais pas si elle compte enregistrer à nouveau. Gangsta Boo est toujours dans le coup, elle sort régulièrement des mixtapes. Année après année, Trina est nominée aux BET Awards et surnage grâce à sa versatilité artistique.
A suivre...dans The Re(a)d Zone
Wednesday, March 16, 2011
NATE DOGG rest in peace !!!! Remembering Tha Dogg Pound album, Snoop Dogg ones, G Funk Classics, 213 stuff...Nate Dogg tribute
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